
Introduction
Les odeurs, la poussière due à la circulation routière et la contamination
potentielle du sol et des eaux sont fréquemment associées à l'épandage des
déjections. Ces problèmes peuvent être souvent réglés de façon efficace en utilisant
des techniques de gestion appropriées et en tenant compte des pratiques culturales et des
règlements en matière d'environnement.
Que sont les déjections du bétail?
Les déjections du bétail contiennent divers éléments nutritifs pour les végétaux,
comme le carbone (matière organique), l'azote, le phosphore, le potassium et le soufre.
Tous ces éléments sont importants pour la croissance des cultures. S'ils sont gérés
adéquatement, les éléments nutritifs des déjections peuvent servir d'engrais. Pour
obtenir pl us de renseignements, veuillez consulter les Codes de pratiques agricoles pour
les producteurs de buf/laitiers/de porc/de volaille du Manitoba.
Les autres éléments des
déjections sont les suivants :
- L'eau Les déjections liquides comprennent plus de 90 % d'eau, alors que
les déjections solides ne contiennent que de 50 % à 80 % d'eau.
- Des agents pathogènes Comme nous en avons discuté dans une autre
publication intitulée Questions relatives aux soins de santé et aux déjections du
bétail, les déjections du bétail contiennent une vaste gamme de micro-organismes.
Une bonne hygiène personnelle (lavage des mains, port de vêtements propres, etc.) permet
de minimiser les risques pour la santé après avoir été en contact avec des
déjections.
- Des sels Des niveaux excessifs de sels dans le sol peuvent entraîner une
croissance réduite des cultures. On peut surveiller la quantité de sels contenus dans
les déjections épandues au moyen d'une analyse détaillée du sol. Pour prévenir toute
accumulation de sels dans le sol, il faut surveiller de près les taux de sels dans les
déjections à l'aide des analyses de sol. Les taux de sels
peuvent être minimisés par des changements d'alimentation.
- Les métaux (micronutriments) - Le cuivre, le zinc, le fer et d'autres minéraux
se trouvent à l'état naturel dans le sol ainsi que dans les déjections et dans certains
engrais commerciaux. Un bon nombre de ces métaux sont des micronutriments qui sont
nécessaires en petites quantités pour obtenir une performance culturale optimale. En
général, les métaux trouvés dans les déjections sont dans des concentrations si
faibles qu'ils n'atteignent pas les seuils considérés comme toxiques dans le sol si
l'épandage des déjections est fait à des taux répondant aux besoins en azote ou en
phosphore des cultures. Le producteur peut effecteur des analyses du sol et des tissus
végétaux pour surveiller les niveaux de micronutriments.
Les déjections du bétail comme engrais
Les déjections ont souvent été perçues comme un déchet dont il faut se
débarrasser de la façon la plus facile qui soit. Par le passé, cela a donné lieu à un
épandage excessif dans certaines régions et à des stockages de déjections solides dans
d'autres.

De nos jours, on
sait qu'il faut traiter les déjections comme un engrais qui est bénéfique à la
production culturale. L'épandage des déjections doit être fait à des taux qui tiennent
compte des quantités d'éléments nutritifs contenus dans les déjections et des besoins
particuliers des cultures. De cette manière, on évitera de procéder à un épandage
excessif des déjections.
Minimiser les odeurs
L'odeur nauséabonde causée par l'épandage des déjections est peut être la plus
grande préoccupation à laquelle le public doit faire face en matière de production
animale. Bien qu'habituellement cette opération ne dure pas plus que quelques jours et
qu'elle n'ait lieu qu'une ou deux fois par an, les odeurs émises durant l'épandage des
déjections peuvent être désagréables.
Les producteurs peuvent réduire l'impact des odeurs sur leurs voisins en les
consultant. En effet, l'épandage peut avoir lieu lorsque les voisins ne se trouvent pas
à l'extérieur, car ainsi les odeurs les incommoderont moins.
L'épandage des déjections sur le sol ou leur injection dans le sol permet de réduire
l'intensité des odeurs produites. On peut également minimiser ces odeurs en effectuant
l'épandage tôt le matin par temps froid, en tenant compte de la vitesse et de la
direction du vent. Les producteurs devraient également respecter les distances
recommandées par rapport aux résidences voisines. Le déversement des déjections sur
les voies publiques doit être évité et tout déversement doit être signalé au
ministère de la Conservation du Manitoba. Pour obtenir plus de renseignements relatifs à
la minimisation des odeurs, veuillez consulter la fiche de renseignements intitulée Odeurs causées par le bétail : sources, préoccupations et
solutions.
Problèmes de circulation routière
Les fréquents déplacements aller-retour du lieu de stockage des déjections aux zones
d'épandage des déjections avec du matériel lourd peuvent entraîner des inconvénients
supplémentaires pour les voisins. Si le temps est sec, la circulation du matériel lourd
peut être à l'origine de conditions poussiéreuses sur les routes, ce qui peut avoir des
conséquences pour les résidences du voisinage. La meilleure manière de régler les
problèmes engendrés par la poussière est de réduire la circulation du matériel lourd.
La direction et la vitesse du vent devraient être prises en considération et
l'utilisation d'autres voies devrait être prévue à l'avance. Dans des cas extrêmes, le
producteur devrait prendre des mesures de lutte contre la poussière, comme l'application
de chlorure de calcium.
Si le temps est humide, les fréquents déplacements de matériel lourd peuvent
endommager les routes. Les producteurs devraient prendre des mesures pour réduire
l'endommagement des voies publiques et attendre jusqu'à ce que le temps soit sec, si cela
est nécessaire.
Contamination des sols et de l'eau
L'épandage
excessif de déjections qui dépasse les besoins

L'épandage
excessif de déjections qui dépasse les besoins en éléments nutritifs des cultures peut
entraîner une accumulation d'éléments nutritifs dans le sol. Certains éléments
nutritifs peuvent être entraînés dans le sol par les précipitations et ruisseler vers
les eaux souterraines. Les déjections qui sont épandues mais non réparties dans le sol
peuvent être éliminées du sol par des pluies importantes, particulièrement sur les
terrains en pente. Par la suite, les déjections peuvent se déverser dans des fossés,
des cours d'eau et d'autres cours d'eaux de surface.
L'accumulation de quantités importantes d'éléments nutritifs dans le sol et dans
l'eau avec le temps peut avoir des répercussions sur ces ressources.
Le ministère de la Conservation du Manitoba exige que les déjections soient épandues
de manière à ne pas dépasser le niveau maximal de nitrate permissible dans le sol
(selon le type de sol et le genre de culture). Le ministère de l'Agriculture et de
l'Alimentation du Manitoba fournit des renseignements sur la meilleure façon de répondre
aux besoins en éléments nutritifs des diverses cultures tout en protégeant les
ressources des sols et les ressources hydriques.
Dans les Codes de pratiques agricoles pour les producteurs de boeuf/laitiers/de
porc/de volaille du Manitoba du ministère de
l'Agriculture, Food and Rural Initiatives du Manitoba, on recommande de prévoir des zones tampons entre les régions
où les déjections sont épandues, ainsi que des fossés, des cours d'eau, etc., afin de
protéger les eaux de surface du ruissellement des déjections.
Épandage en hiver : une préoccupation?
L'épandage des déjections sur un sol congelé est une préoccupation, car les
déjections ne peuvent pas être injectées dans un sol congelé ni épandues sur ce type
de sol. Les déjections ne peuvent s'infiltrer facilement dans un sol congelé et il y a
davantage de risque qu'elles ruissellent vers des surfaces d'eaux de drainage. L'épandage
des déjections en hiver est régi par des règlements. Il est interdit aux nouvelles
exploitations d'élevage de grande envergure de faire l'épandage des déjections en
hiver. Les petites exploitations d'élevage peuvent toutefois continuer à faire
l'épandage des déjections en hiver, mais elles doivent respecter les distances
recommandées par rapport aux limites de la propriété agricole et aux eaux de drainage,
en fonction de la pente de la terre utilisée pour l'épandage des déjections. Pour
obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la série des Codes de pratiques
agricoles pour les producteurs de boeuf/laitiers/de porc/de volaille du Manitoba.

Plans de gestion
des déjections
Le ministère de la Conservation du
Manitoba exige que toutes les exploitations d'élevage de grande envergure élaborent des
plans de gestion des déjections chaque année.
Elles
doivent soumettre ces plans
au ministère de la Conservation du Manitoba au moins 60 jours avant l'épandage. Ces
plans doivent indiquer les parcelles de terre sur lesquelles les déjections seront
épandues, le type de cultures envisagées, la quantité d'éléments nutritifs exigée
pour ces cultures, ainsi que la quantité d'éléments nutritifs qui se trouve dans les
déjections.
Ces données permettront à l'exploitant de calculer la quantité de déjections qui
sera épandue. Les deux composantes majeures d'un plan de gestion des déjections efficace
sont l'analyse des déjections et l'analyse obligatoire du sol pour déterminer le niveau
de nitrates. L'analyse du sol indique l'état actuel de fertilité de la parcelle choisie
et permet de recommander la quantité d'engrais à ajouter. L'analyse annuelle du sol en
ce qui concerne les autres éléments nutritifs sert également à déterminer s'il y a
une accumulation d'éléments nutritifs ou de sels dans le sol.
L'analyse des déjections fournit les données sur la quantité d'éléments nutritifs
présents dans l'échantillon de déjections analysé. Pour obtenir plus d'information sur
les analyses de déjections, veuillez consulter la fiche de renseignements intitulée Le
fumier: comme ressource : données relatives à la gestion du fumier, auprès des bureaux
locaux d’Agriculture Food and Rural Initiatives Manitoba.
Résumé
- Lors de l'épandage des déjections, il
faut tenir compte des conditions météorologiques, ainsi que du moment et de la méthode
d'épandage utilisée, pour minimiser les odeurs et l'incidence sur les voisins.
- L'injection dans le sol ou
l'incorporation rapide des déjections par pratique culturale permet de réduire
efficacement les odeurs.
- Les odeurs et la poussière de la route
causées par l'épandage des déjections devraient être minimisées par considération
pour les voisins.
- L'épandage des déjections en hiver est
interdit pour les nouvelles exploitations d'élevage de grande envergure. En raison du
risque de ruissellement des déjections, les autres exploitants devraient également
éviter cette pratique.
- Le fait d'élaborer et d'observer des
plans de gestion des déjections adéquats permet de s'assurer que les composantes des
déjections sont épandues sur les terres agricoles à un taux qui correspond aux besoins
en éléments nutritifs des cultures.
Vous
trouverez aussi un complément d'information sur le site Internet
www.gov.mb.ca/agriculture/livestock. Vous pouvez également vous
procurer un exemplaire du Code des pratiques agricoles pour les
producteurs de porc du Manitoba aux bureaux d'Agriculture,
Alimentation et Initiatives rurales Manitoba des régions rurales et
à Publications (Agriculture), 8e étage, 401, avenue York, Winnipeg
(Manitoba) R3C 0P8 (Télécopieur :
204-948-2498).
Préparé près Agriculture, Alimentation et
Initiatives rurales Manitoba, Conservation Manitoba, et Santé Manitoba.
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