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Manitoba
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Agriculture, Alimentation et Initiatives rurales Manitoba

Hernie des brassicacées

  

[Importance] [Symptômes] [Agent pathogène] [Lutte] [Analyse du sol]

[Centre de diagnostic des cultures

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 Sommaire / Points essentiels 

•      La hernie est une maladie des brassicacées, notamment le chou, le chou-fleur, le brocoli, le rutabaga et le canola. Cette maladie peut réduire de manière sensible la qualité des grains et la teneur en huile du canola et se traduire par des pertes économiques.

•      La principale préoccupation des producteurs manitobains est la persistance de l’agent pathogène de la hernie (Plasmodiophora brassicae) dans le sol. L’agent pathogène peut survivre pendant dix à vingt ans lorsqu’il n’y a pas de culture de canola. Une fois que l’agent pathogène s’est établi dans un champ, la lutte contre celui-ci est difficile et il faut accroître l’intervalle de temps entre des cultures successives de canola en rotation par rapport aux pratiques existantes.

•      La hernie est reconnue comme un problème pour les cultures de légumes crucifères en Ontario, au Québec, en Colombie-Britannique et dans le Canada Atlantique depuis plusieurs années.

•      En 2003, on a soumis le premier rapport sur la présence de la hernie dans les champs de canola de l’Ouest canadien, dans des champs près d’Edmonton (Alberta). En décembre 2007, on indiquait la présence de la hernie dans onze municipalités albertaines, y compris une dans le sud de la province.

•      L’Alberta a élaboré un plan d’action pour gérer la situation relative à la hernie et prévenir l’apparition de la maladie à l’extérieur des onze municipalités touchées dans la province.

•      Il existe deux genres de spores de l’agent pathogène de la hernie, soit une spore à courte durée de vie dans une « phase de natation » (zoospore) et une spore de conservation à longue durée de vie qui constitue la préoccupation principale.

•      Les spores de conservation de l’agent pathogène de la hernie peuvent s’étendre au matériel végétal contaminé tel que les plantons, à tout grain accompagné d’un « marqueur en terre » (sol adhérant à une surface) et au sol contaminé qui adhère à l’équipement (p. ex., pneus de camion).

•      À l’heure actuelle, il n’y a aucun moyen de lutter contre la maladie lorsqu’on l’observe dans les champs de canola. Les seules mesures préventives comprennent une rotation des cultures à intervalles prolongés et la désinfection de l’équipement contaminé pour prévenir la propagation des spores de conservation terricoles.

•      L’agent pathogène de la hernie préfère généralement les sols acides, qui ne sont pas courants au Manitoba. On a toutefois observé certains cas d’apparition de la maladie dans des sols dont le niveau de pH est comparable à celui des sols manitobains. Dans la province, le niveau de risque auquel sont exposées les cultures de canola est incertain, mais il demeure une préoccupation qui exige qu’on y prête attention.

•      La présence de l’agent pathogène de la hernie a été signalée au Manitoba sur les légumes crucifères symptomatiques. Les rapports ont été très peu nombreux depuis 1925, lorsqu’on a signalé d’une manière non confirmée sa présence dans une culture de rutabaga. Dans les années 1980, on a découvert la présence de la hernie dans des légumes crucifères maraîchers. Au Manitoba, le rapport le plus récent de la présence de la maladie dans des champs de canola a été soumis en 2005. Les symptômes affichaient une gravité très faible. Des campagnes d’évaluation du canola au Manitoba, qui ne ciblaient pas la hernie, n’ont pas détecté des plants affichant les symptômes de la hernie ou des spores de conservation terricoles dans les zones de production de canola.

•      Pour prévenir l’entrée de spores de l’agent pathogène de la hernie dans un nouveau champ, il faut faire des efforts pour prévenir le transport du sol d’une zone à une autre au moyen de l’équipement, des travailleurs ou du matériel végétal.

•      La rotation des cultures sans cultures de brassicacées pendant au moins quatre ans est nécessaire pour réduire la population de spores dans un champ. Des rotations plus courtes favorisent le développement de la hernie lorsque des spores sont présentes.

•      Il n’existe aucun moyen chimique de répression praticable pour lutter contre la hernie au Canada.

•      Il faut lutter contre les brassicacées qui sont des mauvaises herbes pour éliminer un réservoir potentiel de l’agent pathogène qui peut contribuer aux poussées futures de la maladie.

•      Des laboratoires commerciaux procèdent à l’analyse des sols et des plants pour détecter la présence de la hernie, mais il est recommandé d’examiner d’abord les champs pour cerner d’autres problèmes potentiels. On recommande aussi de soumettre un échantillon de sol dont on soupçonne la contamination au Centre de diagnostic des cultures du Manitoba.

Importance

Causée par l’agent pathogène Plasmodiophora brassicae, la hernie est une maladie grave des cultures de brassicacées dans la plupart des zones de production de la planète. Elle cause des pertes graves à des cultures légumières telles que le chou, le rutabaga, le radis, le chou-fleur, le brocoli et le chou de Bruxelles. Bien que l’on considère qu’il s’agit strictement d’une maladie des brassicacées (crucifères), on sait que le P. brassicae peut entraîner l’apparition de la maladie dans d’autres familles de plantes (voir le tableau 1). On ne comprend pas très bien le rôle de bon nombre de ces plantes dans le cycle de la maladie et l’importance pratique de ce rôle peut être très limitée.

Tableau 1 — Plantes non brassicacées des Prairies canadiennes qui sont susceptibles d’être infectées par le P. brassicae

 

Nom latin

Nom commun

Agrostis stolonifera

agrostis stolonifère

Dactylis glomerata

dactyle pelotonné

Fragaria spp.

fraisier

Lolium perenne

ivraie vivace

Papaver rhoeas

coquelicot

Rumex spp.

oseille commune

La hernie est présente au Canada depuis de nombreuses années et n’est donc pas un nouveau problème. La Colombie-Britannique, l’Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve et, plus récemment, l’Alberta sont toutes des provinces où on a observé la présence et l’établissement de la hernie.

Le Manitoba a signalé la présence de la hernie dans le passé, mais la maladie n’a généralement eu que de faibles incidences sur les cultures agricoles. Le premier rapport de la présence de la hernie au Manitoba a été soumis vers la fin des années 1920 et il visait le rutabaga. On a ensuite observé de manière empirique la maladie dans les légumes maraîchers vers le milieu des années 1980. En 2005, on a détecté la présence de symptômes peu graves de la hernie à un taux d’incidence d’environ 0,4 %.

Aux États-Unis, plusieurs États ont signalé la présence de la hernie dans les champs de brassicacées à divers degrés de gravité et taux d’incidence.

Figure 1 — Symptômes de la hernie sur les racines naissantes des plants de canola.

Image publiée avec la permission de la collection d’images numériques du Comité de l'ouest sur la lutte contre les maladies des plantes. Photo originale : I. R. Evans.

 

Dans les deux États qui partagent une frontière avec le Manitoba, on a signalé la présence sporadique de la hernie dans des champs de rutabaga (Brassica napus var. napobrassica) au Minnesota et au Dakota du Nord et dans des champs de moutarde des oiseaux (Brassica rapa) au Minnesota. La hernie est peu présente dans les deux États, car les rapports datent des années 1950. Un certain nombre d’États a signalé de nombreuses observations de la hernie dans les champs de diverses cultures de brassicacées, principalement des cultures légumières, et chez les mauvaises herbes de la famille des brassicacées.

Évolution récente

En 2003, pour la première fois au Canada, on a signalé la présence de la hernie dans des champs de canola (Brassica napus) dans des zones situées près d’Edmonton (Alberta). Au cours des quatre années qui ont suivi la découverte, la maladie a été détectée dans 250 champs à des taux d’incidence variant de 30 % (faible) à plus de 70 % (élevé). Les producteurs sont préoccupés de la propagation possible de l’agent pathogène terricole, qui peut causer des pertes de rendement importantes, à d’autres zones de production de canola en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba.

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Symptômes

Les symptômes aériens de la hernie ressemblent à ceux de la plupart des maladies des racines et la hernie affiche des symptômes de flétrissement qui suggèrent que les plants subissent un stress hydrique et une insuffisance d’éléments nutritifs. Les plants peuvent afficher une couleur bleu-vert, qui est plus apparente chez les légumes-feuilles. On peut observer d’abord une couleur qui va de vert pâle à jaunâtre principalement sur les feuilles basses et plus tard au cours de la saison, les plants peuvent indiquer des symptômes de flétrissement au milieu du jour. La maladie peut aussi produire un mûrissement prématuré et se traduire ainsi par une réduction du rendement et de la qualité de la culture. Le mûrissement prématuré n’est pas uniquement un symptôme de la hernie, mais si on soupçonne la présence de la maladie, il est sensé de rechercher les galles.

Lorsqu’un plant est arraché du sol, le symptôme le plus évident est l’apparence claviforme des racines. Les racines individuelles peuvent afficher des parties sphériques ou allongées et bulbeuses (en forme de massue). Au cours des premières étapes du développement du plant, les galles sont fermes et blanches à l’intérieur. Plus tard, elles deviennent brunes et se dégradent. Lorsque la tige est retirée du sol pour une inspection détaillée, elle peut se détacher facilement des racines claviformes, qui demeurent dans le sol.

La formation étendue de galles sur les racines peut perturber également les racines non infectées. Le degré de gravité de la maladie varie selon l’étape de croissance des plants, la morphologie des racines et la durée de la période pendant laquelle les plants sont infectés par l’agent pathogène.

Figure 2 — Symptômes de la hernie sur les racines naissantes de chou.

Image publiée avec la permission de la collection d’images numériques du Comité de l'ouest sur la lutte contre les maladies des plantes. Photo originale : I. R. Evans.

 

L’infection des jeunes plants par le P. brassicae se traduit généralement par les dommages les plus importants, étant donné que l’agent pathogène peut pénétrer directement dans les jeunes tissus. Au fur et à mesure que les plants se développent, les racines épaissies plus anciennes et les tiges souterraines doivent subir des blessures pour que le P. brassicae puisse entrer dans les plants hôtes.

Les incidences générales de la hernie sont une atrophie et un flétrissement progressifs des parties aériennes des plants. Les effets peuvent être exacerbés, car les dommages physiques causés par les cellules à croissance rapide et anormalement hypertrophiées des tissus malades préviennent la formation d’une couche liégeuse. Cela se traduit par des racines affaiblies qui sont plus susceptibles à l’action des organismes pathogènes secondaires et faibles.

Symptômes mimétiques de la hernie

Les nodosités d’hybridation sont des petites structures rondes qui peuvent être présentes sur les nodules des racines. Bien qu’elles ne soient pas courantes, de telles structures peuvent être observées sur les racines des plants de canola. Elle n’ont rien à voir avec la hernie, mais elles peuvent être diagnostiquées comme des galles de la hernie. Pour distinguer ces structures des symptômes de la hernie, il faut examiner leur texture intérieure. Une galle de hernie est spongieuse ou marbrée, tandis que les nodosités d’hybridation apparaissent comme des racines saines dont la couleur et la texture sont uniformes. Les nodosités d’hybridation ne se dégradent pas comme les galles de hernie.

On peut également confondre des dommages causés par des herbicides qui peuvent se traduire par l’épaississement des racines avec des galles de hernie. 

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Biologie de l’agent pathogène

Le Plasmodiophora brassicae (Woronin) est l’agent causal de la hernie. Il s’agit d’un parasite terricole obligatoire qui a besoin des tissus vivants des racines du plant hôte pour parachever son cycle de vie. L’agent pathogène est considéré comme un plasmodiophoromycète ou une moisissure visqueuse endoparasitaire. Ces organismes ont beaucoup plus en commun avec des animaux protozoaires qu’avec des champignons véritables tels que le Sclerotinia sclerotiorium (moisissure blanche) ou le Phoma lingam (jambe noire).

La principale préoccupation à l’égard de la hernie est la durabilité et la durée de vie des spores de conservation. Ces dernières peuvent demeurer capables de provoquer de nouvelles infections pendant une période maximale de vingt ans. Aussi, une fois qu’un champ est infecté par des spores, il le demeurera pendant une longue période de temps.

Le cycle de la maladie est illustré sur la figure 3.

Zoospore                                          Zoospore

Zoospores infect root hairs              Les zoospores infestent les poils racinaires

Plasmodium in cell                          Plasmode dans la cellule

Clubbed roots...                               Racines claviformes des brassicacées infectées

Club roots desintegrate                   Les racines claviformes se désintègrent

Root cells breakdown...                   Les cellules des racines se décomposent et libèrent des spores de conservation

Resting spore                                   Spore de conservation

Resting spores germinate                 Germination des spores de conservation

Figure 3 — Cycle de la hernie causée par le Plasmodiophora brassicae.

À l’intérieur des racines, le P. brassicae existe sous forme de plasmode (comparable à une amibe). Au fur et à mesure que les racines se développent, le plasmode donne naissance à des zoosporanges ou spores de conservation qui, au moment de la germination, produisent des zoospores. Ces dernières peuvent infester d’autres poils racinaires sains en raison de leur déplacement dans un sol saturé d’eau.

La zoospore unique produite par les spores de conservation forme un kyste sur une racine. Le contenu des cellules est injecté dans les poils racinaires et lance le développement d’un plasmode. En quelques jours, le plasmode se divise en cellules à l’intérieur d’un zoosporange qui contient entre quatre et huit zoospores secondaires.

Les nouvelles zoospores sont libérées dans le sol grâce aux perforations pratiquées dans les parois cellulaires du plant hôte. Ces zoospores peuvent provoquer de nouvelles infections et le processus reprend avec la formation de plasmodes additionnels. Cela produit un nouveau groupe de zoospores secondaires qui entrent subséquemment dans l’environnement édaphique.

En se déplaçant dans les tissus du plant hôte, les plasmodes s’établissent dans certaines cellules pour produire des divisions anormales et un accroissement de la taille normale des cellules. 

De façon générale, les plasmodes ne colonisent pas toutes les cellules des tissus malades, mais les cellules non envahies des tissus malades sont également stimulées pour croître de manière anormale. 

Non seulement les tissus infectés par les plasmodes utilisent la plus grande partie des aliments requis pour la croissance normale des plants, mais ils perturbent aussi l’absorption et la translocation des minéraux nutritifs et de l’eau par le système radiculaire. Un tel stress a des incidences sur la qualité et le rendement des plants.

Figure 4 — Symptômes de la hernie sur les jeunes plants de chou (à droite), comparativement aux racines saines (à gauche). Prenez note de la différence dans la taille des plants. Image publiée avec la permission de la collection d’images numériques du Comité de l'ouest sur la lutte contre les maladies des plantes. Photo originale : R. Howard.

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Lutte contre la hernie

Mesures préventives

Le dépistage de la hernie et de toute autre maladie dans les champs de canola est une approche qui ne peut être surestimée. Il faut rechercher les plants qui sont flétris, dont la taille est réduite et dont le mûrissement est prématuré, puis déterminer la cause du problème. Établi à Winnipeg, le Centre de diagnostic des cultures est une ressource excellente pour la détermination des maladies du canola. Les plants peuvent également être envoyés à la société 20/20 Seed Labs en Alberta à des fins d’analyse. 

Étant donné que le P. brassicae est un parasite terricole, toute pratique qui vise le transport de sol infecté pose des risques potentiels de développement de la hernie. L’observation des champs de canola en Alberta indique que la concentration la plus forte de spores se trouve aux points d’entrée dans les champs. 

Il faut enlever toute la boue et tout le sol de l’équipement, des outils, des véhicules, des contenants et des travailleurs avant d’entrer dans un nouveau champ. Bien qu’il s’agisse d’un processus laborieux, un tel nettoyage est le moyen le plus efficace pour empêcher la dispersion des spores de conservation de la hernie (voir la figure 5). 

Il faut examiner les incidences du sol sur le matériel végétal, qui comprend les autres cultures que celles des brassicacées et même des cultures qui ne sont pas susceptibles d’être infectées par la hernie. La présence d’un « marqueur en terre » ou d’un « marqueur de sol » (sol adhérant à une surface) sur les graines ou les sujets de propagation peut être un risque potentiel. Par exemple, les tubercules de pomme de terre sont gros et peuvent transporter une quantité importante de sol contaminé dans un champ. Si on plante des pommes de terre infectées, on risque d’ajouter des spores de conservation à un champ propre. Le niveau de risque associé aux tubercules marqués en terre est imprécis, mais les producteurs doivent savoir qu’il s’agit d’une préoccupation potentielle.  

Le recours à des semences communes non traitées peut également poser un risque en raison de la probabilité accrue de la présence d’un marqueur en terre.

Les spores de conservation peuvent survivre à leur passage dans le tube digestif du bétail. L’épandage des déjections d’animaux nourris avec des débris de cultures infectés peut permettre aux spores de conservation d’être propagées aux zones exemptes de spores de P. brassicae.

Potential Sources...                          Sources potentielles de sol infecté

Farm equipment                              Équipement agricole

Vehicles                                            Véhicules

Boots/Footwear                               Bottes et chaussures

Tools                                                Outils

Storage container                            Contenant d’entreposage

 

Figure 5 — Moyens potentiels de propagation du sol infecté par la hernie d’une zone de production à une autre

Lutte après l’établissement

Une fois qu’un champ a été infecté par la hernie, il n’est pas possible d’éradiquer la maladie. Il faut donc minimiser le développement du P. brassicae afin de prévenir la production d’une concentration élevée de spores de conservation.

Les conditions du sol ont des incidences importantes sur la gravité des symptômes de la hernie. Un sol saturé d’eau à une température d’environ 20 °C à 24 °C et un sol acide accroissent la gravité de la maladie. Au-dessus d’un pH de 7,2, la germination des spores est habituellement inhibée, mais on a déjà signalé l’apparition de la maladie dans de telles conditions.

Rotation des cultures

Une fois qu’un champ a été infecté par la hernie, il n’y a qu’une seule option viable, soit une rotation des cultures sur une période d’au moins quatre ans, bien qu’on ait déjà recommandé des intervalles de sept ans et plus, selon la concentration des spores dans le sol.

On indique que la hernie a une « demi-vie » de quatre ans. Cela signifie que tous les quatre ans, 50 % des spores deviennent non viables. Après huit ans, 50 % des spores restantes deviennent non viables. Cela signifie qu’après huit ans, il ne reste plus que 25 % des spores originales qui sont viables. Le risque de maladie dans un champ après l’absence d’une culture réceptive à l’égard de la hernie variera selon le niveau de présence des spores (charge en spores) après la dernière culture de brassicacées. Dans des champs qui sont très infectés par la hernie, il peut être nécessaire d’accroître l’intervalle de quatre ans entre les cultures de brassicacées.

Pour que la maladie apparaisse, il est nécessaire d’avoir un agent pathogène, des plants hôtes réceptifs et des conditions environnementales propices. Bien que la meilleure manière de lutter contre toute maladie soit d’éviter l’introduction initiale de l’agent pathogène dans une zone de production, une fois que l’agent pathogène est bien établi, il peut être très difficile en pratique de l’éradiquer (ou de l’éliminer). C’est clairement le cas pour la hernie. La présence d’une spore dans un champ n’est généralement pas préoccupante, mais il faut se préoccuper de la concentration des spores de conservation dans le champ.

On a évalué que des concentrations inférieures à 1 000 spores/gramme présentent de faibles risques de développement de la maladie. Ce seuil fonde la justification de la lutte contre la maladie par le biais de la rotation des cultures. Le caractère variable des spores de conservation a des incidences sur la longévité de leur population. Plus la période de temps sans culture réceptive s’accroît, plus la population et la concentration des spores viables diminuent.

Le taux de réduction de la concentration de spores (charge en spores) varie en fonction du type de sol, du pH du sol et la concentration de spores avant le retrait des plants hôtes. Plus la concentration et l’infection sont importantes, plus longtemps il faut attendre avant de planter une culture de brassicacées en lui offrant une probabilité réduite de développement de la maladie. 

Les zoospores ont besoin d’eau libre pour se déplacer dans le sol. Les sols lourds et les sols sablonneux mal drainés sont favorables au développement de la maladie. Il faut éviter le compactage des sols, car cela peut favoriser le développement de la hernie.

Les pratiques de conservation du sol telles que le semis direct, qui réduit le transport du sol causé par l’érosion hydrique ou éolienne ou par le matériel aratoire, sont avantageuses pour lutter contre la hernie. L’humidité excessive causée par une inondation ou la formation de mares d’eau dans un champ peut accroître le risque de maladie si un agent pathogène est présent dans le champ. Dans de tels cas, des sols neutres ou alcalins (pH de 7,0 à 7,2), qui sont généralement moins réceptifs au développement de la hernie, peuvent également être à risque. 

Lutte contre les mauvaises herbes

Le tableau 2 ci-dessous présente un certain nombre de mauvaises herbes qui peuvent être des plants hôtes pour l’agent pathogène de la hernie et poursuivre la production de nouvelles spores de conservation. Lorsqu’elles sont présentes, l’élimination de ces mauvaises herbes est essentielle pour la réduction du risque de maladie dans les champs infectés.

Tableau 2 — Mauvaises herbes brassicacées qui peuvent accueillir le P. brassicae dans les Prairies. (Aucune province des Prairies ne signale que ces mauvaises herbes affichent des symptômes de la hernie, mais on a observé la présence de la maladie dans ces mauvaises herbes dans d’autres régions de l’Amérique du Nord.) 

Nom latin

Nom commun

Armoracia rusticana

raifort, chou rouge

Brassica hirta

moutarde blanche

Brassica kaber

moutarde des champs

Camelina sativa

caméline cultivée

Camelina microcarpa

caméline à petits fruits

Capsella bursa-pastoris

bourse-à-pasteur

Erysimum asperum

giroflée de Sibérie

Lepidium campestre

cresson des champs

Rorippa islandica

cresson des marais

Rorippa sylvestris

cresson des bois

Sisymbrium altissimum

sisymbre élevé

Sisymbrium officinale

sisymbre officinal

Thlaspi arvense

tabouret des champs

Lutte chimique : fongicides

Certains fongicides homologués pour lutter contre la hernie ne peuvent s’appliquer pratiquement et économiquement que sur les cultures de légumes crucifères (voir le tableau 3). Ces produits ne sont pas homologués pour une utilisation dans des champs de canola. Ils contiennent tous le même ingrédient actif, le pentachloronitrobenzène (quintozène).

Tableau 3 — Fongicides du groupe 14 homologués pour lutter contre la hernie (P. brassicae) des cultures légumières 

Produit

N° EPA

Cultures

Quintozène (Terraclor®) 75 %

07251

brocoli, choux de Bruxelles, chou, chou-fleur

Adobe 75WP

28663

brocoli, choux de Bruxelles, chou, chou-fleur

Crusoe 75WP

28238

brocoli, choux de Bruxelles, chou, chou-fleur

Quintozène 75WP

27416

brocoli, choux de Bruxelles, chou, chou-fleur

Quintozène 75WP

11425

choux maraîchers

Lutte chimique : chaulage du sol

L’application de chaux pour accroître le pH du sol afin qu’il soit moins réceptif au développement de la hernie a été tentée avec un succès relatif, car elle n’éradique pas les populations existantes de spores. Des cultures légumières ont fait l’objet d’un chaulage, mais les résultats n’ont pas été entièrement fiables. Dans des champs à forte concentration de spores, le chaulage n’a pas produit des résultats acceptables. 

À l’heure actuelle, il n’est pas pratique d’utiliser le chaulage du sol à un pH de 7,3 à 7,5 afin de lutter contre la hernie dans les champs de canola. 

Sommaire des pratiques de gestion suggérées dans le plan de lutte contre la hernie de l’Alberta : 

•      Avoir recours à de longs intervalles de rotation pour les cultures de canola (une culture tous les quatre ans) pour empêcher le développement d’une infection grave.

•      Lutter contre les cultures spontanées de canola et les mauvaises herbes crucifères.

•      Adopter de bonnes mesures d’assainissement en limitant le transport de sol potentiellement contaminé vers des zones non contaminées.

•      Avoir recours au semis direct et à d’autres pratiques de conservation du sol pour réduire le transport du sol causé par l’érosion hydrique ou éolienne ou par le matériel aratoire.

•      Examiner régulièrement et soigneusement les champs de canola. Cerner les causes du flétrissement, de l’atrophie, du jaunissement et du mûrissement prématuré des plants.

•      Éviter d’utiliser de la paille, du foin ou du fourrage vert, des produits d’ensilage ou du fumier qui proviennent de zones infectées ou suspectes.

•      Éviter d’utiliser des semences communes non traitées (y compris les semences de canola, de céréales et de légumineuses à grain). S’assurer que les semences sont exemptes de « marqueurs en terre ». Les effets du traitement des semences sur la hernie sont inconnus à l’heure actuelle.

Analyse du sol et des plants (fourni par la société 20/20 Seed Labs)

On a commencé à commercialiser un nouveau processus d’analyse du sol qui a recours aux techniques de la biologie moléculaire. À l’heure actuelle, la société 20/20 Seed Labs offre le service au prix de 90 $ par échantillon de sol (donnée du 29 avril 2008). La procédure de collecte des échantillons est décrite ci-dessous. Pour plus d’information, il faut visiter le site Web de 20/20 Seed Labs.

Collecte des échantillons de sol

•      Des résultats d’enquête ont démontré que l’incidence de la hernie est la plus élevée aux points d’entrée dans les champs.

•      Il faut prendre des échantillons en suivant un trajet en W aux points d’entrée dans les champs jusqu’à un maximum de 150 pieds à l’intérieur du champ. Les zones basses du champ, les jardins des propriétés familiales et les mottes de terre détachées des machines agricoles sont également des zones sensibles pour détecter la présence possible de l’agent pathogène de la hernie.

•      Il ne faut pas prendre des échantillons au hasard dans les champs.

•      Il faut enlever toute matière organique lâche de la surface du sol et recueillir les 5 à 10 cm supérieurs de l’horizon A, ou moins selon la profondeur, sans enlever une partie de l’horizon B.

•      Il faut soumettre un échantillon minimum de deux tasses de sol pour l’analyse. Il faut faire sécher l’échantillon à l’air, puis l’expédier dans un sac ziplock.

Plants suspects

•      Les plants infectés sont des sources concentrées d’agent pathogène et ils représentent une hausse significative de la quantité d’inoculat dans le champ.

•      Il faut rechercher les plants suspects (qu’ils aient été plantés ou spontanés) et soumettre des racines fraîches, congelées ou séchées à des fins d’analyse.

 

Personnes-ressources d’Agriculture, Alimentation et Initiatives Rurales Manitoba

Personnes-ressources

 

Sites Web à consulter pour plus d’information sur la hernie

Alberta — Hernie dans les champs de canola et de moutarde

http://www1.agric.gov.ab.ca/$department/deptdocs.nsf/all/agdex8593

Alberta — Plan de lutte contre la hernie

http://www1.agric.gov.ab.ca/$Department/deptdocs.nsf/all/agdex11519

Alberta — Foire aux questions

http://www1.agric.gov.ab.ca/$department/deptdocs.nsf/all/faq7389

Saskatchewan — Foire aux questions

http://www.agriculture.gov.sk.ca/Clubroot_Disease_Canola

État de l’Ohio — Hernie des crucifères

http://ohioline.osu.edu/hyg-fact/3000/3118.html

Fiche de renseignements d’Agriculture et Agroalimentaire Canada sur la hernie des crucifères

http://dsp-psd.pwgsc.gc.ca/Collection/A42-85-1999F.pdf

Conseil canadien du canola

http://www.clubroot.ca

Références

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