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Agriculture, Alimentation et Initiatives rurales Manitoba


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Février 2006

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La production du cerisier de Virginie au Manitoba

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Description

Le cerisier de Virginie (Prunus virginiana), aussi appelé cerisier noir, est un arbrisseau fruitier à tiges multiples de taille moyenne à grande (1 à 7 m) ou un petit arbre (9 à 13 m). Comme l’amélanchier à feuilles d’aulne, il appartient à la famille des Rosacées et il est apparenté aux cerisiers, aux pruniers, aux pêchers et aux abricotiers indigènes. Le cerisier de Virginie est indigène en Amérique du Nord et son aire de distribution géographique s’étend du Yukon jusqu’au Nouveau-Mexique et de la Colombie-Britannique jusqu’à Terre-Neuve.

Utilisations

Tout au long de l’histoire de l’Amérique du Nord, la cerise de Virginie a été une source d’aliments (ingrédient pour soupes, ragoûts, pemmican et plats de saumon), de médicaments et de bois. En raison de leurs propriétés médicinales, l’écorce et les racines du cerisier de Virginie étaient utilisées par les peuples autochtones d’Amérique du Nord pour traiter toute une gamme de maladies. Jusqu’en 1975, l’écorce était reconnue comme produit pharmaceutique.  De nos jours, le fruit est surtout utilisé pour confectionner des concentrés, des gelées, des sirops, des sauces, des jus, des confitures et du vin. Sous forme de buisson, le cerisier de Virginie est de plus en plus populaire dans les prairies comme brise-vent à rangs multiples, comme plante ornementale et comme plantation d’amélioration de l’habitat faunique.

La cerise de Virginie est une meilleure source de potassium (269 mg/100 g) que le bleuet, la fraise et la petite poire (saskatoon). Elle contient 4,7 g de fibres, 1,5 g de protéines et 0,3 g de matière grasse par portion de 100 g. De plus, elle fournit 92 cal d’énergie par portion de 100 g. Dans le but de créer une valeur ajoutée, une étude est présentement en cours afin de déterminer si le noyau de la cerise de Virginie renferme des huiles essentielles qui pourraient élargir la partie utilisable du fruit.

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Économie et Commercialisation

La cerise de Virginie peut être vendue pour la transformation, mais les débouchés de commercialisation et de transformation doivent être mieux définis qu’ils ne le sont actuellement. Beaucoup de producteurs de petite poire considèrent que la cerise de Virginie offre un bon potentiel de diversification. Des essais sont en cours afin de connaître le potentiel du concentré de cerise de Virginie dans le marché du jus aux États-Unis et au Japon. Du point de vue économique, on préfère le concentré en raison de sa facilité de transport et de stockage. Tant les Européens que les Japonais aiment les riches couleurs foncées et les saveurs acidulées comme celles de la cerise de Virginie. Certains experts sont d’avis que la production commerciale et à grande échelle de la cerise de Virginie offre un meilleur potentiel que la petite poire du fait de sa rusticité et de la fiabilité de ses rendements.

À l’heure actuelle, les peuplements sauvages constituent la principale source de cerises de Virginie, même si moins de 5 % des peuplements font l’objet d’une cueillette. La situation devrait cependant changer à mesure que des vergers seront établis et que les arbres commenceront à produire. On élabore par ailleurs divers projets de recherche qui touchent l’amélioration génétique et la sélection de cultivars supérieurs de même que les besoins de la transformation.

Afin d’accroître l’attrait de la cerise de Virginie aux yeux du consommateur, on a proposé de la rebaptiser " cerise sauvage noire " ou " cerise sauvage ". Elle a déjà été commercialisée avec succès sous le nom de " cerise sauvage noire ". En effet, le consommateur considère souvent que le fruit " sauvage " est plus sain, plus naturel et contient moins d’additifs alimentaires que le fruit cultivé.

Pour répondre aux exigences du transformateur commercial à l’effet que le fruit soit livré en volume et à l’état semi-transformé, il faudrait établir un système qui comprendrait le transport, le stockage et une installation centrale de demi-transformation. Les producteurs doivent se réunir et créer des associations régionales afin d’avoir droit aux subventions gouvernementales pour mener des activités de recherche et de développement en vue de créer une industrie viable ou pour utiliser les ressources de la PFGA afin d’atteindre les mêmes buts.

Beaucoup de transformateurs commerciaux des Prairies sont prêts à acheter des cerises de Virginie. La demande est actuellement supérieure à l’offre.


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Facteurs économiques

Comme le cerisier de Virginie ne commence à porter de fruits que vers la troisième ou la quatrième année, ce genre de production est un engagement à long terme. Les rendements augmentent progressivement à partir de la quatrième année. À maturité, le rendement est évalué à 15 000 livres de fruit par acre ou plus. Les rendements semblent relativement uniformes huit ou neuf fois sur dix.

Les premiers vergers ont été difficiles à établir en raison du matériel végétal limité et du manque de diversité des cultivars. Comme l’intérêt croît pour cette culture, les pépinières augmentent leurs quantités de plants et étendent le choix de cultivars. Le prix des plants a aussi tendance à baisser.

Comme c’est le cas pour toute autre exploitation de petits fruits, il est important de tenir compte de la distance par rapport aux populations environnantes pour des raisons de marché et de main-d’œuvre. Dans les peuplements indigènes, le cerisier de Virginie est abondant et ses rendements sont uniformes : il est donc probable que la demande pour l’autocueillette du fruit frais ne sera pas très forte.

On ne connaît pas encore la viabilité économique à long terme du cerisier de Virginie. On sait par contre que la culture a le potentiel d’offrir un approvisionnement constant et important au transformateur. Le transformateur pourrait cependant abaisser les prix si les rendements sont élevés. Le fruit doit donc afficher un prix concurrentiel afin que les transformateurs ne s’approvisionnent pas dans les autres provinces où les prix peuvent être plus bas. Des producteurs de Colombie-Britannique envisagent une production de cerises de Virginie qui augmenterait la concurrence. Aussi, le Manitoba doit-il développer ce secteur avant que la concurrence des autres provinces ne vienne réduire sa valeur potentielle.


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Choix de l’ Emplacement

Même si le cerisier de Virginie est peu sensible aux variations climatiques, un choix judicieux de l’emplacement et de bonnes pratiques de conduite du verger demeurent importants. Il faut par ailleurs entreprendre des recherches sur la conduite des vergers, car les données sont insuffisantes à l’heure actuelle.

Le cerisier de Virginie croît dans une grande variété de sols et sous des conditions climatiques diverses. Il pousse bien en plein soleil et dans des sols bien drainés affichant des teneurs élevées en matières organiques. Le pH idéal varie de cinq à huit. Il faut éviter les sols salins et mal drainés.

De préférence, l’emplacement est légèrement en pente et orienté vers le nord ou l’est pour un bon drainage de l’eau de ruissellement et une circulation rapide d’air frais. Les brise-vent aident à limiter les dommages causés par de forts vents dominants.

Espacement
L’espacement entre les plants doit être de trois à quatre pieds. Pour faciliter la cueillette mécanique, les allées doivent avoir une largeur d’au moins seize pieds. Elles doivent par ailleurs être orientées du nord vers le sud afin de réduire le vent, d’équilibrer la diffusion de la lumière et de limiter l’insolation.

Irrigation
L’irrigation localisée constitue la méthode de choix étant donné qu’elle exige moins de main-d’œuvre et d’eau que les autres systèmes, qu’elle réduit l’incidence des maladies et qu’elle est, dans l’ensemble, plus économique que les autres méthodes. Par contre, les goutteurs ont tendance à s’obstruer facilement et ne peuvent servir à la protection contre le gel ou au refroidissement de la culture. Consulter la section sur l’irrigation pour de plus amples renseignements.


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Engrais

Il n’y a pas, à l’heure actuelle, de recommandations particulières concernant la fertilisation des vergers de cerisiers de Virginie. Le choix de l’emplacement est important et un sol loameux et bien drainé, assorti de niveaux d’engrais adéquats, devrait constituer un bon point de départ. On recommande de faire une bonne analyse du sol et de fertiliser au besoin avant la plantation. On conseille la prudence en ce qui concerne l’application d’engrais tard en saison, car l’aoûtement peut alors être retardé. Une fertilisation complémentaire peut cependant être nécessaire s’il y a carence d’éléments nutritifs ou si l’emplacement n’est pas idéal. Les recherches n’ont pas encore permis d’établir les niveaux d’engrais optimaux pour le cerisier de Virginie. En attendant de telles recommandations, on peut utiliser des engrais 11-51-0 et 23-23-0. Comme pour toute culture, l’analyse du sol permet de déterminer les teneurs courantes en éléments nutritifs et d’obtenir des recommandations du laboratoire d’analyse en ce qui concerne les cultures fruitières.


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Lutte contre les mauvaises herbes

Les coûts de la lutte contre les mauvaises herbes sont beaucoup plus bas pour le cerisier de Virginie que pour l’amélanchier à feuilles d’aulne. Par ailleurs, la lutte ne se fait qu’au cours des cinq premières années de production. Un sarclage adéquat constitue la méthode la plus économique durant les premières années du verger. Par la suite, on peut envisager une couverture végétale permanente, une couverture culturale annuelle, des paillis organiques ou en plastique noir de même que d’autres techniques. Le gazon offre une surface durable pour les grosses cueilleuses et aide à prévenir l’érosion.


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Insectes

Jusqu’à présent, les insectes nuisibles n’ont pas affecté les rendements de façon significative dans les peuplements sauvages de cerisiers de Virginie, mais l’établissement d’une production monoculturale pourrait changer les choses. Le perce-pousse du cerisier, la cécidomyie du cerisier de Virginie, la tenthrède du cerisier de Virginie, la tordeuse du cerisier, la chenille à tente estivale, la livrée des forêts, l’enrouleuse du cerisier, le puceron du cerisier de Virginie et la punaise réticulée sont des ravageurs potentiels. Aucun insecticide n’est actuellement homologué pour le cerisier de Virginie, ce qui signifie qu’il faut mettre au point des méthodes de rechange efficaces pour la lutte antiparasitaire. Le producteur doit surveiller la culture chaque semaine afin de déceler les problèmes causés par les insectes.

Parmi les autres ravageurs, il y a les oiseaux, les lièvres, les souris et les chevreuils. On peut vaporiser un répulsif sur les arbres à l’automne afin d’éloigner les animaux. Les filets anti-oiseaux qu’on utilise avec succès sur d’autres cultures pourraient être efficaces pour protéger les fruits du cerisier de Virginie.


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Maladies

Parmi les maladies qu’on trouve sur le cerisier de Virginie, il y a celles-ci :

• la criblure;
• le blanc;
• le nodule noir; et
• la maladie X.

Le Benlate est homologué pour la criblure sur les semis stériles et on a observé qu’il prévenait également le blanc.

On peut contrôler le nodule noir par l’émondage des parties infectées à la fin de l’hiver ou au début du printemps, en se rappelant toutefois de désinfecter les outils entre chaque coupe à l’aide d’une solution d’une partie d’agent de blanchiment ou de Lysol pour dix parties d’eau. Les rameaux infectés doivent être brûlés avant le 1er avril. Le maintien d’une distance de 200 m entre le verger et tout peuplement sauvage de cerisiers de Virginie réduit le risque de contamination. Les plants infectés par la maladie X doivent être enlevés et brûlés. Il n’y a pas de moyen de lutte chimique homologué pour le nodule noir ou la maladie X.

Consulter le document intitulé The Guide to Fruit Crop Protection pour obtenir de plus amples renseignements sur les méthodes de lutte et pour connaître les recommandations chimiques concernant les insectes, les maladies et les mauvaises herbes.


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Pollinisation

Le cerisier de Virginie a besoin des insectes pour la pollinisation. Ce sont surtout les mouches qui sont attirées par le parfum des fleurs. On n’a pas établi si le recours aux abeilles domestiques pouvait accroître le rendement du cerisier de Virginie. On recommande deux ruches par hectare pour les autres cultures fruitières commerciales; cela devrait être suffisant dans le cas du Virginie. La location de ruches autour de la période de floraison pourrait être plus efficace que la présence permanente d’une colonie.


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Irrigation

Le cerisier de Virginie est avantagé s’il y a un approvisionnement constant en eau. Dans les pépinières, il reçoit entre 2,5 et 5,0 cm d’eau par semaine. Cela est particulièrement important durant la croissance végétative du printemps et le développement des boutons de fruits à l’automne. Une irrigation ou une fertilisation majeure à la fin de l’été et à l’automne peut retarder la dormance et se traduire par une gélivure.


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Taille et rénovation

Dans un système cultural en haie, celle-ci doit être maintenue à 45 cm (18 po) de largeur et à 3 m (10 pi) de hauteur pour faciliter la cueillette. Il faut éliminer les rameaux faibles ou malades chaque année. Le cerisier de Virginie semble offrir une production plus abondante sur les jeunes rameaux, mais des recherches doivent être faites afin de connaître les effets de la taille (particulièrement des branches plus âgées) sur les rendements.


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Cueillette

La cerise de Virginie mûrit entre la mi-juillet et le mois de septembre selon les plants individuels et les conditions climatiques locales. La cueillette à la main est la méthode la plus économique au cours des quelque premières années. On peut utiliser des râteaux à main et des vibrateurs mécaniques pour accélérer le processus. Des cueilleuses mécaniques conçues pour d’autres cultures buissonnantes ont été utilisées avec succès pour la cueillette de la cerise de Virginie, mais le procédé n’est rentable que pour les grandes exploitations. Les coûts de main-d’œuvre sont beaucoup plus faibles pour le cerisier de Virginie que pour la framboise. Le producteur peut s’attendre à un rendement de 30 à 40 livres de fruits par buisson ou 11 200 kg à l’hectare (10 000 livres à l’acre). La durée de vie du cerisier de Virginie s’étend sur 20 à 40 ans. Il existe beaucoup de cultivars de cerisier de Virginie. Aussi, pour maximiser l’utilisation de la cueilleuse mécanique, on peut choisir des cultivars qui peuvent être récoltés par les mêmes cueilleuses que celles utilisées pour l’amélanchier à feuilles d’aulne. Le cultivar Garrington, par exemple, n’atteint que 2,4 m et se prête très bien à la cueilleuse utilisée pour le cultivar Smoky, qui est de la même taille que lui. Le cerisier de Virginie offre une fenêtre plus large que l’amélanchier à feuilles d’aulne en ce qui concerne les dates de cueillette et son fruit affiche un mûrissement plus uniforme. On peut donc le cueillir après la petite poire.


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Après-cueillette

Le refroidissement rapide du fruit après la cueillette (dans les deux à trois heures) est nécessaire afin de prévenir la détérioration de la couleur, de la texture et de la saveur du produit frais et pour accroître sa durée de conservation à l’étalage. Il faut donc aménager une installation de refroidissement à proximité. Si on termine la cueillette avant onze heures le matin, on étend la fenêtre critique. Si le fruit ne peut être transformé dans les 24 à 48 heures, il est recommandé de le congeler immédiatement après la cueillette.


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