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Économie et Commercialisation
La cerise de Virginie peut être vendue pour la
transformation, mais les débouchés de commercialisation et de
transformation doivent être mieux définis qu’ils ne le sont
actuellement. Beaucoup de producteurs de petite poire considèrent
que la cerise de Virginie offre un bon potentiel de diversification.
Des essais sont en cours afin de connaître le potentiel du concentré
de cerise de Virginie dans le marché du jus aux États-Unis et au
Japon. Du point de vue économique, on préfère le concentré en raison
de sa facilité de transport et de stockage. Tant les Européens que
les Japonais aiment les riches couleurs foncées et les saveurs
acidulées comme celles de la cerise de Virginie. Certains experts
sont d’avis que la production commerciale et à grande échelle de la
cerise de Virginie offre un meilleur potentiel que la petite poire
du fait de sa rusticité et de la fiabilité de ses rendements.
À l’heure actuelle, les peuplements sauvages
constituent la principale source de cerises de Virginie, même si
moins de 5 % des peuplements font l’objet d’une cueillette. La
situation devrait cependant changer à mesure que des vergers seront
établis et que les arbres commenceront à produire. On élabore par
ailleurs divers projets de recherche qui touchent l’amélioration
génétique et la sélection de cultivars supérieurs de même que les
besoins de la transformation.
Afin d’accroître l’attrait de la cerise de
Virginie aux yeux du consommateur, on a proposé de la rebaptiser
" cerise sauvage noire " ou " cerise sauvage ". Elle a déjà été
commercialisée avec succès sous le nom de " cerise sauvage noire ".
En effet, le consommateur considère souvent que le fruit " sauvage "
est plus sain, plus naturel et contient moins d’additifs
alimentaires que le fruit cultivé.
Pour répondre aux exigences du transformateur
commercial à l’effet que le fruit soit livré en volume et à l’état
semi-transformé, il faudrait établir un système qui comprendrait le
transport, le stockage et une installation centrale de demi-transformation.
Les producteurs doivent se réunir et créer des associations
régionales afin d’avoir droit aux subventions gouvernementales pour
mener des activités de recherche et de développement en vue de créer
une industrie viable ou pour utiliser les ressources de la PFGA afin
d’atteindre les mêmes buts.
Beaucoup de transformateurs commerciaux des
Prairies sont prêts à acheter des cerises de Virginie. La demande
est actuellement supérieure à l’offre.
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Comme le cerisier de Virginie ne commence à
porter de fruits que vers la troisième ou la quatrième année, ce
genre de production est un engagement à long terme. Les rendements
augmentent progressivement à partir de la quatrième année. À
maturité, le rendement est évalué à 15 000 livres de fruit par acre
ou plus. Les rendements semblent relativement uniformes huit ou neuf
fois sur dix.
Les premiers vergers ont été difficiles à établir
en raison du matériel végétal limité et du manque de diversité des
cultivars. Comme l’intérêt croît pour cette culture, les pépinières
augmentent leurs quantités de plants et étendent le choix de
cultivars. Le prix des plants a aussi tendance à baisser.
Comme c’est le cas pour toute autre exploitation
de petits fruits, il est important de tenir compte de la distance
par rapport aux populations environnantes pour des raisons de marché
et de main-d’œuvre. Dans les peuplements indigènes, le cerisier de
Virginie est abondant et ses rendements sont uniformes : il est donc
probable que la demande pour l’autocueillette du fruit frais ne sera
pas très forte.
On ne connaît pas encore la viabilité économique
à long terme du cerisier de Virginie. On sait par contre que la
culture a le potentiel d’offrir un approvisionnement constant et
important au transformateur. Le transformateur pourrait cependant
abaisser les prix si les rendements sont élevés. Le fruit doit donc
afficher un prix concurrentiel afin que les transformateurs ne
s’approvisionnent pas dans les autres provinces où les prix peuvent
être plus bas. Des producteurs de Colombie-Britannique envisagent
une production de cerises de Virginie qui augmenterait la
concurrence. Aussi, le Manitoba doit-il développer ce secteur avant
que la concurrence des autres provinces ne vienne réduire sa valeur
potentielle.
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Même si le cerisier de Virginie est peu sensible
aux variations climatiques, un choix judicieux de l’emplacement et
de bonnes pratiques de conduite du verger demeurent importants. Il
faut par ailleurs entreprendre des recherches sur la conduite des
vergers, car les données sont insuffisantes à l’heure actuelle.
Le cerisier de Virginie croît dans une grande
variété de sols et sous des conditions climatiques diverses. Il
pousse bien en plein soleil et dans des sols bien drainés affichant
des teneurs élevées en matières organiques. Le pH idéal varie de
cinq à huit. Il faut éviter les sols salins et mal drainés.
De préférence, l’emplacement est légèrement en
pente et orienté vers le nord ou l’est pour un bon drainage de l’eau
de ruissellement et une circulation rapide d’air frais. Les brise-vent
aident à limiter les dommages causés par de forts vents dominants.
Espacement
L’espacement entre les plants doit être de trois
à quatre pieds. Pour faciliter la cueillette mécanique, les allées
doivent avoir une largeur d’au moins seize pieds. Elles doivent par
ailleurs être orientées du nord vers le sud afin de réduire le vent,
d’équilibrer la diffusion de la lumière et de limiter l’insolation.
Irrigation
L’irrigation localisée constitue la méthode de
choix étant donné qu’elle exige moins de main-d’œuvre et d’eau que
les autres systèmes, qu’elle réduit l’incidence des maladies et
qu’elle est, dans l’ensemble, plus économique que les autres
méthodes. Par contre, les goutteurs ont tendance à s’obstruer
facilement et ne peuvent servir à la protection contre le gel ou au
refroidissement de la culture. Consulter la section sur l’irrigation
pour de plus amples renseignements.
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Il n’y a pas, à l’heure actuelle, de
recommandations particulières concernant la fertilisation des
vergers de cerisiers de Virginie. Le choix de l’emplacement est
important et un sol loameux et bien drainé, assorti de niveaux
d’engrais adéquats, devrait constituer un bon point de départ. On
recommande de faire une bonne analyse du sol et de fertiliser au
besoin avant la plantation. On conseille la prudence en ce qui
concerne l’application d’engrais tard en saison, car l’aoûtement
peut alors être retardé. Une fertilisation complémentaire peut
cependant être nécessaire s’il y a carence d’éléments nutritifs ou
si l’emplacement n’est pas idéal. Les recherches n’ont pas encore
permis d’établir les niveaux d’engrais optimaux pour le cerisier de
Virginie. En attendant de telles recommandations, on peut utiliser
des engrais 11-51-0 et 23-23-0. Comme pour toute culture, l’analyse
du sol permet de déterminer les teneurs courantes en éléments
nutritifs et d’obtenir des recommandations du laboratoire d’analyse
en ce qui concerne les cultures fruitières.
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Les coûts de la lutte contre les mauvaises herbes
sont beaucoup plus bas pour le cerisier de Virginie que pour
l’amélanchier à feuilles d’aulne. Par ailleurs, la lutte ne se fait
qu’au cours des cinq premières années de production. Un sarclage
adéquat constitue la méthode la plus économique durant les premières
années du verger. Par la suite, on peut envisager une couverture
végétale permanente, une couverture culturale annuelle, des paillis
organiques ou en plastique noir de même que d’autres techniques. Le
gazon offre une surface durable pour les grosses cueilleuses et aide
à prévenir l’érosion.
Jusqu’à présent, les insectes nuisibles n’ont pas
affecté les rendements de façon significative dans les peuplements
sauvages de cerisiers de Virginie, mais l’établissement d’une
production monoculturale pourrait changer les choses. Le
perce-pousse du cerisier, la cécidomyie du cerisier de Virginie, la
tenthrède du cerisier de Virginie, la tordeuse du cerisier, la
chenille à tente estivale, la livrée des forêts, l’enrouleuse du
cerisier, le puceron du cerisier de Virginie et la punaise réticulée
sont des ravageurs potentiels. Aucun insecticide n’est actuellement
homologué pour le cerisier de Virginie, ce qui signifie qu’il faut
mettre au point des méthodes de rechange efficaces pour la lutte
antiparasitaire. Le producteur doit surveiller la culture chaque
semaine afin de déceler les problèmes causés par les insectes.
Parmi les autres ravageurs, il y a les oiseaux,
les lièvres, les souris et les chevreuils. On peut vaporiser un
répulsif sur les arbres à l’automne afin d’éloigner les animaux. Les
filets anti-oiseaux qu’on utilise avec succès sur d’autres cultures
pourraient être efficaces pour protéger les fruits du cerisier de
Virginie.
Parmi les maladies qu’on trouve sur le cerisier
de Virginie, il y a celles-ci :
• la criblure;
• le blanc;
• le nodule noir; et
• la maladie X.
Le Benlate est homologué pour la criblure sur les
semis stériles et on a observé qu’il prévenait également le blanc.
On peut contrôler le nodule noir par l’émondage
des parties infectées à la fin de l’hiver ou au début du printemps,
en se rappelant toutefois de désinfecter les outils entre chaque
coupe à l’aide d’une solution d’une partie d’agent de blanchiment ou
de Lysol pour dix parties d’eau. Les rameaux infectés doivent être
brûlés avant le 1er avril. Le maintien d’une distance de 200 m entre
le verger et tout peuplement sauvage de cerisiers de Virginie réduit
le risque de contamination. Les plants infectés par la maladie X
doivent être enlevés et brûlés. Il n’y a pas de moyen de lutte
chimique homologué pour le nodule noir ou la maladie X.
Consulter le document intitulé The Guide to Fruit
Crop Protection pour obtenir de plus amples renseignements sur les
méthodes de lutte et pour connaître les recommandations chimiques
concernant les insectes, les maladies et les mauvaises herbes.
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Le cerisier de Virginie a besoin des insectes
pour la pollinisation. Ce sont surtout les mouches qui sont attirées
par le parfum des fleurs. On n’a pas établi si le recours aux
abeilles domestiques pouvait accroître le rendement du cerisier de
Virginie. On recommande deux ruches par hectare pour les autres
cultures fruitières commerciales; cela devrait être suffisant dans
le cas du Virginie. La location de ruches autour de la période de
floraison pourrait être plus efficace que la présence permanente
d’une colonie.
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Le cerisier de Virginie est avantagé s’il y a un
approvisionnement constant en eau. Dans les pépinières, il reçoit
entre 2,5 et 5,0 cm d’eau par semaine. Cela est particulièrement
important durant la croissance végétative du printemps et le
développement des boutons de fruits à l’automne. Une irrigation ou
une fertilisation majeure à la fin de l’été et à l’automne peut
retarder la dormance et se traduire par une gélivure.
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Dans un système cultural en haie, celle-ci doit
être maintenue à 45 cm (18 po) de largeur et à 3 m (10 pi) de
hauteur pour faciliter la cueillette. Il faut éliminer les rameaux
faibles ou malades chaque année. Le cerisier de Virginie semble
offrir une production plus abondante sur les jeunes rameaux, mais
des recherches doivent être faites afin de connaître les effets de
la taille (particulièrement des branches plus âgées) sur les
rendements.
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La cerise de Virginie mûrit entre la mi-juillet
et le mois de septembre selon les plants individuels et les
conditions climatiques locales. La cueillette à la main est la
méthode la plus économique au cours des quelque premières années. On
peut utiliser des râteaux à main et des vibrateurs mécaniques pour
accélérer le processus. Des cueilleuses mécaniques conçues pour
d’autres cultures buissonnantes ont été utilisées avec succès pour
la cueillette de la cerise de Virginie, mais le procédé n’est
rentable que pour les grandes exploitations. Les coûts de main-d’œuvre
sont beaucoup plus faibles pour le cerisier de Virginie que pour la
framboise. Le producteur peut s’attendre à un rendement de 30 à 40 livres
de fruits par buisson ou 11 200 kg à l’hectare (10 000 livres à
l’acre). La durée de vie du cerisier de Virginie s’étend sur 20 à
40 ans. Il existe beaucoup de cultivars de cerisier de Virginie.
Aussi, pour maximiser l’utilisation de la cueilleuse mécanique, on
peut choisir des cultivars qui peuvent être récoltés par les mêmes
cueilleuses que celles utilisées pour l’amélanchier à feuilles
d’aulne. Le cultivar Garrington, par exemple, n’atteint que 2,4 m et
se prête très bien à la cueilleuse utilisée pour le cultivar Smoky,
qui est de la même taille que lui. Le cerisier de Virginie offre une
fenêtre plus large que l’amélanchier à feuilles d’aulne en ce qui
concerne les dates de cueillette et son fruit affiche un mûrissement
plus uniforme. On peut donc le cueillir après la petite poire.
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Le refroidissement rapide du fruit après la
cueillette (dans les deux à trois heures) est nécessaire afin de
prévenir la détérioration de la couleur, de la texture et de la
saveur du produit frais et pour accroître sa durée de conservation à
l’étalage. Il faut donc aménager une installation de refroidissement
à proximité. Si on termine la cueillette avant onze heures le matin,
on étend la fenêtre critique. Si le fruit ne peut être transformé
dans les 24 à 48 heures, il est recommandé de le congeler
immédiatement après la cueillette.
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