Manitoba
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Manitoba Agriculture, Food and Rural Initiatives

La production du fraisier au Manitoba

fraisier


Histoire

Le fraisier (Fragarius spp.) est un petit arbuste vivace et herbacé de la famille des Rosacées. Il est étroitement apparenté au framboisier. La fraise n’est pas un vrai fruit, c’est un faux fruit. On consomme en fait le réceptacle gonflé et le fruit ou les grains à l’extérieur de celui-ci. Le fraisier est indigène dans presque toute l’Amérique du Nord. La fraise est une bonne source de vitamineC; elle en contient 60mg par portion de 100g ainsi que 23kcal d’énergie de même que des traces de vitamineA et d’autres minéraux.

Utilisations

La fraise était une source alimentaire importante pour les peuples autochtones et les premiers colons. Les premières fraisières commerciales ont été aménagées autour de Winnipeg et de Portage la Prairie à la fin des années 1800. La fraise est aussi une source alimentaire majeure pour la faune durant l’été. On dit que la "fraise sauvage" a plus de saveur que les variétés cultivées. Les fruits peuvent être congelés, consommée frais, mis en conserves (sirops, confitures, jus) et ils peuvent entrer dans la confection de produits de boulangerie.

Économie et commercialisation

La commercialisation est un des principaux enjeux auxquels est confronté le secteur de la fraise.

Au Manitoba, la fraise est depuis longtemps commercialisée sur la base de l’autocueillette, mais il s’agit d’un marché saturé dans certaines régions de la province. La concurrence vive force les producteurs à casser les prix.

On estime que quatre acres de fraisiers exigent 1400ventes, ou la participation de 20 à 30% de tous les ménages d’une aire de chanlandise primaire de 10000habitants. L’aire de chalandise couvre habituellement un rayon de 32km autour de l’exploitation. Environ 75% des tous les clients doivent habiter cette zone.

On recommande d’établir un plan détaillé pour les dépenses en immobilisations ainsi que pour les coûts d’exploitation annuels. Le capital requis pour cinq acres de fraisiers est d’environ 25000$; les coûts d’exploitation annuels sont d’environ 12000$ pour l’année d’établissement de la plantation auxquels s’ajoute un montant de 7000$ pour la première année de production avant que les recettes ne commencent à entrer. Les champs sont habituellement productifs sur une période d’environ quatre ans.

Entre 1988 et 1998, les prix ont connu une hausse graduelle. Aujourd’hui, un seau de quatre litres de fraises autocueillies se vend entre 5,00$ et 7,50$ tandis que le même seau de fraises précueillies se vend entre 7,00$ et 9,25$ selon la région. On assiste effectivement à une baisse des prix en raison de la concurrence mais les bénéfices sont alors en conséquence. Par exemple, si on coupe les prix de 3%, il faut vendre 13,6% plus de fruits pour maintenir les bénéfices; si la coupe est de 5%, les ventes doivent augmenter de 25%; si la baisse des prix est de 20%, la hausse des ventes doit être de 400%.

Choix de l’emplacement

Avant d’arrêter son choix pour l’emplacement, le producteur doit tenir compte des facteurs que sont le sol, les cultures antérieures, la qualité de l’eau, le microclimat, les brise-vent et les marchés visés.

Le meilleur sol pour la culture du fraisier est un loam sablonneux profond, bien drainé et bien approvisionné en humus. De mauvais rendements ont été enregistrés dans des sols d’argile lourde, dans des sols pauvres en humus et dans des sols lourds sablonneux. Le fraisier pousse bien dans des sols bien drainés dont le pH est de 5,5 à 7,5.

La fraisière ne doit pas être plantée dans des sols où, au cours des quatre années précédentes, on a cultivé des fraises, des framboises, de la luzerne, des pommes de terre, des tomates, des poivrons ou des aubergines, sauf si les sols ont été traités par fumigation.

Une bonne source d’eau d’irrigation de qualité est essentielle à la lutte contre le gel, au refroidissement de la culture et aux rendements élevés.

De préférence, l’emplacement est légèrement en pente pour un bon drainage de l’eau de ruissellement et une bonne circulation de l’air. De bonnes chutes de neige permettent une isolation adéquate en hiver.

Il faut planter des brise-vent afin de réduire la vitesse des vents et de favoriser l’accumulation d’une couche de neige uniforme pour isoler les plants lorsque la température est sous zéro.

Les emplacements situés dans un rayon de 50km d’un grand centre ou le long d’une route ou d’un site touristique sont des marchés idéaux. On estime qu’une zone de cueillette doit compter, en gros, une population de 4900personnes par hectare.

Plantation / Transplantation / Matériel végétal

Il est important de n’utiliser que des plants certifiés afin d’assurer la qualité de la culture. La plantation doit se faire au début du printemps si les conditions le permettent. Il faut arroser les jeunes plants repiqués immédiatement après la plantation afin d’en accroître la vigueur.

La plantation se fait en rangs espacés de 1,2 à 1,5m, tandis que l’espacement entre les plants est d’environ 46cm. Éviter de planter les jeunes plants trop en profondeur, car une pourriture peut alors apparaître et retarder ou réduire le développement des filets.

Variétés remontantes

Variétés insensibles à la photopériode

Variétés à production en juin

Fertilité

La fertilisation de la fraisière est essentielle afin de favoriser la croissance rapide et le développement des nouveaux plants. On conseille de procéder à une bonne analyse du sol afin de connaître les niveaux des éléments nutritifs présents. On peut obtenir des recommandations quant aux teneurs idéales pour les cultures fruitières auprès du laboratoire d’analyse.

Il est important que les taux d’azote soient élevés afin d’accroître le nombre de filets. Par contre, un trop grand nombre de filets peut se traduire par une population élevée et une concurrence excessive. On peut ajouter de l’azote à la fin de l’été pour favoriser la formation des boutons de fleurs de la culture de l’année suivante. Par contre, l’ajout d’azote à la fin de l’automne accroît le risque de gélivure et retarde la dormance.

Il est également important de tenir compte des niveaux de phosphore, de potassium et de soufre pour garder les plants en santé. Il faut ajouter ces éléments nutritifs en fonction des résultats de l’analyse du sol.

Les deux principales méthodes d’épandage des engrais sont le système d’irrigation et l’application foliaire. L’épandage à la volée n’est pas efficace et constitue un gaspillage.

Irrigation

L’irrigation est habituellement considérée comme un complément étant donné que les précipitations naturelles suffisent généralement aux besoins de la culture. Cependant, en périodes de sécheresse, l’irrigation est essentielle. Le meilleur moment pour irriguer est le milieu du jour, ce qui permet aux fruits et au feuillage de sécher avant la fin de la soirée. L’irrigation est également utile pour réduire la température de la culture par temps chaud. Une trop grande quantité d’eau à la fois peut favoriser la maladie. L’eau doit être analysée pour savoir si elle convient à l’irrigation.

Lutte contre les mauvaises herbes

La lutte contre les mauvaises herbes est essentielle non seulement dans la fraisière elle-même mais aussi dans les brise-vent, le long des clôtures et autour des installations de stockage. Les mauvaises herbes favorisent la pourriture du fruit en maintenant le taux d’humidité relative élevé et ralentissent le séchage des plants. Elles peuvent aussi servir d’hôtes à certains insectes.

Insectes

Le fraisier est sujet aux attaques de beaucoup d’espèces d’insectes. On trouvera ci-dessous une liste des insectes les plus courants et les plus problématiques dans les fraisières au Manitoba. Il est important que le producteur surveille régulièrement leur présence dans la fraisière et n’applique un insecticide que lorsque des niveaux-seuils sont atteints et peuvent causer des pertes financières.

• Tordeuse du fraisier
• Pucerons
• Tarsonème du fraisier
• Punaise grise
• Anthonome de la fleur du fraisier
• Charançon de la racine du fraisier
• Vers gris
• Limaces.

Maladies

Tache foliaire

• attaque les feuilles;
• coloration pourpre qui ressemble à la pyrolyse (tache pourpre);
• les taches grossissent et leur centre devient gris ou blanc avec une bordure de couleur rougeâtre à violacée;
• peut se traduire par la graine noire si le champignon de la tache foliaire attaque le fruit;
• se produit tôt dans la saison de croissance et à la fin de l’été;
• le risque est réduit par la rénovation et par l’enlèvement des fanes.

Blanc

• attaque la feuille;
• se développe au printemps et à l’automne;
• favorisé par un brise-vent dense qui empêche une bonne circulation d’air;
• propagation graduelle;
• les feuilles frisent vers le haut et deviennent violacées sur le dessous; des zones fortement brûlées peuvent apparaître sur le contour de la feuille;
• le risque est réduit par la rénovation et par l’enlèvement des fanes.

Moisissure grise

• attaque le fruit;
• favorisée par l’ombre, un feuillage dense, une température fraîche, des conditions pluvieuses et une humidité élevée;
• propagée par les gouttes de pluie, le vent et le contact direct.

Flétrissure verticilienne

• préfère les régions variant de semi-arides à irriguées;
• propagées par des champignons terricoles;
• attaque le contour des feuilles et l’espace entre les nervures; la feuille brunit et finit par tomber;
• on recommande un traitement par fumigation du sol au bromométhane;
• avant de planter, plonger les plants dans un bain de fongicide.

Consulter les documents intitulés Guide to Commercial Strawberry Production 1990 et Fruit Crop Protection Guide 1998 pour obtenir de plus amples renseignements sur les méthodes de lutte contre les insectes, les maladies et les mauvaises herbes.

Cueillette

Autocueillette
À l’heure actuelle, la récolte de la fraise se fait surtout par autocueillette, quelques producteurs seulement offrant des fruits déjà cueillis. Une telle méthode peut être chronophage pour le producteur et risque de provoquer une saturation dans le marché. Parmi les problèmes liés à l’autocueillette, il y a l’uniformité de la maturité du produit, la taille opérationnelle et l’aménagement des installations, les incidences juridiques ainsi que les conditions du marché local. Par contre, une telle méthode élimine le recours à du personnel pour la cueillette de même que la nécessité d’avoir des conteneurs, des installations de manutention et de classement ainsi que du matériel d’entreposage et d’expédition.

Période de cueillette
La fraise est habituellement prête pour la cueillette à la fin de juin ou au début de juillet selon les conditions météorologiques, l’uniformité du champ et la conduite de la culture.

Rénovation

La rénovation est un processus qui consiste à faucher et à rétrécir les rangs après la récolte afin d’éliminer les plants malades ou endommagés par les insectes, de fournir de l’espace et une accessibilité pour la cueillette et de stimuler la croissance des nouvelles pousses. Éviter de rénover les plants dans l’année de l’établissement de même que les variétés insensibles à la photopériode.

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