Manitoba
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Manitoba Agriculture, Food and Rural Initiatives

La production du bleuetier au Manitoba

bleuetier


Histoire

Le bleuetier ou bleuetier nain est un arbuste vivace et ligneux, longévif et à croissance lente. La principale espèce du nord de la province est le Vaccinium angustifolium et celle du sud du Manitoba est le Vaccinium myrtilloides. Le bleuetier appartient à la famille des Éricacées. Il est étroitement apparenté à l’azalée, au rhododendron et à la canneberge. Le bleuetier est indigène au Canada et son aire de distribution géographique s’étend du Grand Nord jusqu’au Sud. Le bleuet contient 81U.I. de vitamineA, 2,5mg de vitamineC et un peu de vitamineB par portion de 100g.

Utilisations

Le bleuet était une source alimentaire importante pour les peuples autochtones et les premiers colons. Il constitue aussi une source alimentaire majeure pour la faune durant l’été. Le bleuet peut être consommé frais ou entrer dans la confection de garnitures pour tartes, de confitures, de gelées, de sirops, de vins et de concentrés de flaveur, de même que dans celle de produits de boulangerie.

Économie et commercialisation

À l’heure actuelle au Manitoba, il n’y a pas de champs cultivés ou de peuplements sauvages aménagés commercialement. Il existe cependant un petit secteur artisanal autour de peuplements non aménagés. Tous les bleuets cueillis sont vendus dans le marché local. À la suite de plusieurs essais de sites, il ne semble pas qu’une exploitation commerciale soit possible au Manitoba. Il faut poursuivre les recherches sur l’adaptation des techniques utilisées dans l’est du Canada. Par contre, cela ne devrait pas décourager quiconque d’essayer de bâtir une exploitation commerciale. Il faut cependant se rappeler que, dans des conditions d’essais limités, une telle entreprise n’a pas eu de succès.

Choix de l’emplacement

Le bleuetier a des exigences très précises en termes de sols, ce qui limite grandement les zones où il peut être cultivé au Manitoba. Le sol doit être exempt de grosses roches. Les sols ouverts et poreux, comme les loams sablonneux ou les sables grossiers riches en matières organiques, conviennent à la culture du bleuetier. Les sols argileux riches en matières organiques conviennent eux aussi mais ils doivent être acides. Les sols tourbeux et la terre noire ne conviennent pas. Le bleuetier exige un pH de 4,5 à 5,5 pour une bonne croissance et une production fruitière optimale. Un pH supérieur à 5,8 peut produire une chlorose ferrique et réduire la croissance de même que le rendement du bleuetier. Il est souhaitable d’avoir une source d’eau à proximité. Un emplacement abrité du vent par des brise-vent ou des bosquets naturels protège les plants des dommages causés par le vent et empêche la neige accumulée sur les plants d’être soufflée.

Plantation / Transplantation / Matériel végétal

Il y a trois genres d’exploitations commerciales potentielles au Manitoba. La première consiste à aménager des peuplements sauvages de bleuetiers nains; la seconde, à planter des bleuetiers nains; et la troisième consiste à planter des bleuetiers semi-géants. Le bleuetier nain est indigène au Canada et atteint une hauteur de 38cm. Le plant semi-géant est le résultat d’un croisement entre le bleuetier nain et le bleuetier géant et il atteint entre 50 et 60cm. Il faut souligner cependant que le manque de recherche sur l’un ou l’autre genre d’exploitation limite le développement potentiel de la production de bleuet au Manitoba. Les données actuelles se fondent sur celles venant des autres provinces et des États américains.

Aménagement de peuplements sauvages

La production commerciale de bleuet en Nouvelle-Écosse, au Québec et en Saskatchewan s’appuie essentiellement sur l’aménagement de peuplements sauvages. Au Manitoba, c’est l’aménagement de peuplements sauvages qui offre le meilleur potentiel pour l’établissement d’un secteur du bleuet. Dans le cadre de travaux menés récemment dans le nord du Manitoba sur l’espèce V. myrtilloides, on a conclu qu’il était possible de cultiver le bleuetier selon les principes d’aménagement des peuplements utilisés dans l’est du Canada. Par contre, les rendements obtenus sont trop faibles pour être économiquement viables. On a proposé de répéter l’étude avec l’espèce V. angustifolium, qu’on trouve plus au sud et qui afficherait des rendements supérieurs.

Établissement d’une plantation de bleuetiers nains

Des recherches menées par Agriculture Manitoba indiquent que l’établissement d’une plantation de bleuetiers nains peut être lent, chronophage et ne pas constituer nécessairement le moyen le plus économique de planter des bleuetiers nains en raison des difficultés de multiplication de matériel suffisant. Par ailleurs, des consultations avec des représentants du secteur en Nouvelle-Écosse ont permis d’apprendre que les choses n’avaient pas beaucoup changé. De façon générale, l’établissement d’une plantation de bleuetiers nains n’est pas considéré comme une activité rentable, surtout si on peut trouver des peuplements indigènes. En l’absence de peuplements sauvages accessibles, l’établissement d’une plantation de bleuetiers nains peut cependant valoir la peine d’être envisagée.

Établissement d’une plantation de bleuetiers semi-géants

La plupart des bleuetiers semi-géants ont été mis au point à l’Université du Minnesota. Plusieurs cultivars peuvent être adaptés à la culture au Manitoba. (Voir le tableau1 à la page suivante).

Le bleuetier doit être transplanté au printemps avec des plants âgés de un à deux ans. Selon les données du Minnesota, il est recommandé de laisser un espacement d’environ un mètre entre les plants et d’environ deux mètres entre les rangs. Dans les champs où la plantation est plus serrée, il faut plus de plants à l’acre. Les plants ont besoin d’une protection hivernale faite soit de paille soit d’un matériau synthétique isolant. Par ailleurs, il est fortement recommandé de laisser une couche de neige d’au moins 30cm sur les plants.

Tableau1: Cultivars semi-géants pouvant convenir aux conditions de croissance dans le sud du Manitoba

Cultivar Zone de rusticité(2) Rendement estimatif(3) Hauteur Caractéristiques du fruit
North Blue 3a -38°C

-35°F

3 à 7 lb

1,3 à 2,3 kg

20 à 30 po

50 à 75 cm

bleu foncé

bonne saveur de fraîcheur

North Country 3a -38°C

-35°F

2 à 7 lb

1 à 3 kg

18 à 24 po

45 à 60 cm

bleu ciel

saveur sucrée à douce

Friendship 3a 3 à 4 lb

1,4 à 1,8 kg

Jusqu’à 24 po

Jusqu’à 60 cm

bleu moyen à bleu nuit

excellente saveur

North Sky(1) 3a -40°C

-40°F

1 à 2 lb

0.5 à 1 kg

10 à 18 po

25 à 45 cm

bonne qualité

saveur élevée

1. Seul cultivar de bleuetier nain; les autres sont des semi-géants.
2. Températures auxquelles le cultivar peut survivre.
3. Rendement par plant.

Lutte contre les mauvaises herbes

Les mauvaises herbes constituent un problème pour le bleuetier, car ce dernier est une culture vivace longévive. Aucun herbicide n’est homologué pour le bleuetier au Manitoba. Les méthodes de lutte culturale, comme le désherbage à la main, sont donc essentielles. Dans les peuplements sauvages aménagés, des brûlages et des fauchages périodiques peuvent contribuer à lutter contre les mauvaises herbes. L’élimination du plus grand nombre possible de mauvaises herbes avant la plantation est essentielle à la viabilité à long terme du bleuetier cultivé sur une base commerciale.

Fertilité

Les recommandations en termes de fertilité doivent se fonder sur une analyse du sol avant la plantation. Les essais doivent être répétés régulièrement. Des essais foliaires sont également recommandés afin de connaître l’équilibre nutritif à l’intérieur du plant. Souvent l’évaluation visuelle de la vigueur de la culture ou du tissu foliaire permet de déceler des carences en éléments nutritifs. Pour fertiliser le bleuetier, il faut utiliser l’azote sous sa forme ammoniacale, tel que le nitrate d’ammonium. On peut aussi avoir recours à l’urée, car elle se décompose en une forme ammoniacale. Les deux sources d’azote abaissent le pH du sol, ce qui favorise le bleuetier comparativement aux autres sources d’engrais qui peuvent élever le pH du sol.

Irrigation

Le bleuetier possède un système radiculaire peu profond et fibreux qui demande des arrosages légers mais fréquents. Les plants à maturité ont besoin d’environ 25mm d’eau par semaine durant la saison de croissance et la cueillette. On utilise le plus souvent l’aspersion en hauteur mais on a aussi recours à l’irrigation au goutte-à-goutte. L’avantage du système d’aspersion en hauteur par rapport au système goutte-à-goutte est qu’il peut servir à la protection contre le gel et au refroidissement de la culture. Par contre, il gaspille plus d’eau par évaporation et peut hausser l’incidence des maladies en raison du mouillage des feuilles.

Insectes

Le bleuetier est sujet aux attaques de beaucoup d’espèces d’insectes. Il est important que le producteur surveille régulièrement leur présence dans la bleuetière et n’applique un insecticide que lorsque des niveaux-seuils sont atteints et peuvent causer des pertes financières. On trouvera ci-dessous une liste des insectes les plus courants et les plus problématiques dans les bleuetières au Manitoba.

• Anthonome de l’atocas (Anthonomus musculus)
• Mineuse du bleuetier (Gracillaria vacciniella)
• Mouche de l’airelle
• Perce-tige du bleuetier
• Noctuelle des cerises
• Pyrale des atocas
• Chrysomèle des racines de l’atocas et larves
• Charançon de la prune.

Parmi les autres ravageurs, il y a le chevreuil et les oiseaux. On peut effaroucher les oiseaux à l’aide de divers dispositifs ou placer un filet anti-oiseaux sur la totalité du champ, à un coût beaucoup plus élevé, si les dispositifs d’effarouchement ne fonctionnent pas.

Maladies

Le bleuetier peut être attaqué par toute une variété de champignons, de bactéries et de virus. Comme il n’est pas cultivé à grande échelle, il est difficile de connaître les maladies susceptibles de poser problème en monoculture. On ne sait pas avec certitude si toutes les maladies sont présentes au Manitoba. On trouvera dans la liste ci-dessous les maladies qui peuvent poser problème pour le bleuetier.

• Pourriture sclérotique
• Chancre
• Brûlure phomopsienne
• Moisissure grise
• Anthracnose
• Pourriture alternarienne
• Rouge
• Blanc
• Tumeur du collet (bactérie)
• Pourridié
• Tache annulaire nécrotique
• Flétrissure verticilienne
• Mosaïque
• Rabougrissement.

Cueillette

Le bleuet est mûr entre trois et six jours après être devenu bleu. La cueillette doit commencer lorsque le fruit est mûr à 90%. On peut faire appel à différentes méthodes: autocueillette, cueillette manuelle pour la vente de fruits déjà cueillis, récolteuse d’épis montée sur roue de bicyclette ou cueilleuse mécanique. Il est important de choisir la bonne méthode en fonction de divers facteurs. Par exemple, la cueillette mécanique ne se prête pas au marché du frais parce que la cueilleuse n’est pas assez sélective et elle ne convient pas si le terrain n’est pas assez plat.

Rénovation

Les peuplements sauvages aménagés exigent une rénovation périodique, par brûlage ou par fauchage. La bleuetière doit être rénovée tous les deux ou trois ans par l’enlèvement de toute végétation aérienne afin de favoriser la croissance vigoureuse et productive des rhizomes. Les deux méthodes donnent de bons résultats. On peut brûler les champs à l’aide de brûleurs à l’huile ou au propane ou en étendant de la paille sur le champ et en y mettant le feu. Cela permet d’éliminer toutes les vieilles croissances et de débarrasser le champ des maladies et des insectes. Le fauchage est beaucoup moins cher: il s’agit de couper les plants à une hauteur de moins de 3cm.

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