Manitoba
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Manitoba Agriculture, Food and Rural Initiatives

La production du petit fruit au Manitoba

Histoire

Pendant des siècles les petits fruits ont fait partie de l’alimentation des peuples autochtones et les animaux sauvages s’en nourrissent partout où ils peuvent en trouver. Depuis quelques années, la popularité d’une grande variété de petits fruits s’est traduite par des débouchés financiers, comme dans le cas de la petite poire (saskatoon). À la suite du succès remporté par la petite poire, beaucoup de gens se sont en effet tournés vers la culture et la cueillette des petits fruits. Parmi les variétés d’arbrisseaux fruitiers les plus populaires cultivées dans la province, il y a le gadellier, le groseillier, la viorne trilobée, le cerisier de Pennsylvanie, la shéperdie argentée et l’argousier. La plupart de ces espèces, à l’exception de l’argousier, sont indigènes des prairies, et donc bien adaptées à nos conditions climatiques.

Économie et commercialisation

À l’heure actuelle, le marché des petits fruits n’est pas très important. L’intérêt vient surtout des gens qui ont été élevés à la ferme et qui sont habitués à consommer des confitures de fruits divers, ainsi que des personnes soucieuses d’une alimentation saine. La plupart des fruits sont transformés directement dans l’exploitation ou par de petits transformateurs. Ils sont vendus dans de petites boutiques spécialisées, dans des marchés en plein air et là où on vend des fruits et légumes frais.

Les personnes intéressées par la culture des fruits doivent tenir compte des méthodes de cueillette, des utilisations du produit et des clients potentiels. Par le passé, les producteurs de fruits se fiaient surtout à l’autocueillette pour vendre leur production. Étant donné la tendance actuelle à s’éloigner de l’autocueillette, les producteurs doivent étudier d’autres moyens d’écouler leurs stocks. Par ailleurs, les petits fruits ne se vendent pas nécessairement comme des produits frais, mais plutôt comme produits transformés. Les producteurs doivent donc collaborer avec les transformateurs afin de créer un marché pour leur produit. Le manque de développement des marchés est un facteur important dont il faut tenir compte dans l’expansion du secteur des petits fruits.

Irrigation

L’irrigation est habituellement considérée comme un complément étant donné que les précipitations naturelles répondent généralement aux besoins de la culture. Cependant, en périodes de sécheresse, dans le cas des jeunes vergers et durant les périodes de fructification, l’irrigation est essentielle. La plupart des arbres fruitiers ont besoin d’un pouce d’eau par semaine tout au long de la saison de croissance. Le respect de cette exigence se traduit par une amélioration des rendements. Un bon drainage et une topographie adéquate font également partie des facteurs importants dont il faut tenir compte dans le choix de l’emplacement du verger : ce dernier ne doit pas permettre l’accumulation de sels ou d’eau. La qualité de l’eau d’irrigation constitue elle aussi un élément fondamental, car les accumulations de sels et de minéraux dans l’eau causeront des problèmes dans le système d’irrigation et, avec le temps, réduiront la qualité du sol. Il existe de nombreux systèmes d’irrigation. L’irrigation localisée, par exemple, consomme moins d’eau que les autres méthodes, ne mouille pas le feuillage (réduit donc la possibilité de maladie) et apporte l’eau là où la plante en a besoin. Elle a aussi d’autres avantages : elle permet la fertilisation par le même système; le système lui-même n’a pas besoin d’être mobile; elle permet la poursuite des autres activités dans le champ; et il s’agit de la méthode la plus économique qui soit pour un verger.

Fertilité

À l’heure actuelle, il n’y a pas de recommandations spécifiques aux petits fruits en ce qui concerne les engrais. Par contre, comme la production de fruits se traduit par l’assimilation d’éléments nutritifs du sol, ces derniers doivent être remplacés afin de maintenir la fertilité du sol. Pour connaître le niveau de fertilité, il faut procéder à une analyse du sol. Une telle analyse indiquera les éléments nutritifs qu’il convient d’ajouter afin d’éviter une carence future. Les petits fruits, tout comme les autres cultures, exigent des concentrations adéquates d’éléments nutritifs pour un rendement élevé en fruits de bonne qualité. La shéperdie argentée et l’argousier ne devraient pas avoir besoin d’engrais azotés étant donné qu’ils sont capables de " fixer " leur propre azote. Ils devraient par ailleurs bien réagir à l’ajout d’engrais phosphorés, particulièrement s’ils sont cultivés dans des sols pauvres en phosphore. Les éléments nutritifs ne doivent pas être ajoutés à l’automne parce qu’ils peuvent alors retarder le développement de la rusticité hivernale et favoriser la gélivure.

Lutte contre les mauvaises herbes

La lutte contre les mauvaises herbes est essentielle dans un verger. Si les mauvaises herbes ne sont pas éliminées tôt au début de la période d’établissement du verger, la viabilité de celui-ci peut en effet être compromise. Le choix de l’emplacement du verger et sa préparation sont donc des éléments fondamentaux et doivent permettre d’éliminer le plus de problèmes possibles liés aux mauvaises herbes avant que le verger ne soit établi. Le désherbage manuel autour des plants peut être nécessaire étant donné que les jeunes plants ne sont pas de bons compétiteurs contre les mauvaises herbes et qu’il y a très peu de choix en termes d’herbicides.

Insectes

Les insectes ravageurs présents dans certaines cultures de petits fruits – comme le groseillier, la shéperdie argentée et le cerisier de Pennsylvanie – seront probablement les mêmes que ceux qui se nourrissent à partir d’autres petits arbres fruitiers – comme l’amélanchier, le cerisier de Virginie et le framboisier. Parmi les phyllophages, on trouve diverses variétés de chenilles, de coléoptères et de tenthrèdes, dont la némate du groseillier, la galéruque du cerisier et la tenthrède du groseillier. Ces derniers se nourrissent exclusivement de feuilles et peuvent défeuiller complètement le plant. Parmi les carpophages, il y a les larves de mouches et de coléoptères. Ainsi, la mouche du groseillier pond ses œufs dans le fruit en croissance; les asticots s’alimentent donc à l’intérieur du fruit, causant une maturation précoce et la chute de ce dernier. Certains coléoptères semblables au charançon de la pomme, qui se nourrissent de pommes, de petites poires et de cerises de Virginie, comptent parmi les insectes nuisibles possibles, tout comme les anneleurs. La sésie du groseillier est également reconnue comme insecte nuisible des divers gadelliers et groseilliers. Elle cause des dommages en forant les tiges. Celles-ci prennent alors un aspect rabougri et jaune et le feuillage qui se trouve au-dessus des dommages se fane et finit par sécher. Parmi les insectes nuisibles de plus petite taille, on peut trouver des cochenilles, des pucerons et des acariens.

Maladies

On a peu de renseignements sur les maladies qui peuvent poser problème dans les plantations en masse. Des maladies comme le blanc, diverses taches des feuilles, les pourridiés ainsi que les champignons, les bactéries et les virus peuvent endommager ou tuer les plants. Aucun moyen de lutte chimique n’est offert. La lutte culturale, comme l’émondage, une circulation d’air adéquate et une bonne densité des plants, peut aider à éradiquer bon nombre de maladies.

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