
Les protocoles sur la biosécurité assurent aux industries du bétail une augmentation du niveau d’innocuité des aliments et une production plus stable. Bon nombre des pratiques mentionnées dans les protocoles sur la biosécurité protègent aussi la santé des travailleurs. D’autres dispositions en matière de sécurité destinées aux travailleurs vont améliorer la santé des troupeaux ainsi que la santé publique. Il est important que quiconque entre dans une installation d’élevage où y travaille comprenne la nécessité de prendre des précautions supplémentaires, afin de protéger sa propre santé et celle des personnes avec qui il peut entrer en contact après avoir quitté les lieux.
Voies de pénétration
Les quatre principales voies de pénétration dans le corps humain sont les suivantes:
Inhalation - inhaler ou respirer la substance
Ingestion - avaler la substance de façon intentionnelle ou non (en léchant ses lèvres poussiéreuses, éclaboussures de purin sur la figure)
Absorption - absorption par la peau ou par tissus exposés (autour des yeux, plaies ouvertes)
Injection - forcer l’entrée de la substance sous la peau ou les ongles, au moyen d’une seringue hypodermique (objets pointus utilisés pour les animaux) ou d’un jet à haute pression
Dangers pour la santé
Les principaux dangers pour la santé qui existent dans un bâtiment d’élevage sont les suivants:
Gaz – peuvent être produits biologiquement (fumier en décomposition) ou mécaniquement (moteurs à combustion interne et système de chauffage à combustible fossile)
Biomatériaux – phanères d’animaux, moisissures, bactéries, virus, excréments et fluides corporels d’animaux, excréments de rongeurs et d’insectes, poussières de céréales, antibiotiques et suppléments de croissance pour les animaux
Risques courus quand le danger n’est pas maîtrisé
Différentes maladies respiratoires peuvent être dues à une exposition aux particules en suspens dans un bâtiment d’élevage. Parmi les maladies courantes auxquelles sont exposées les personnes qui y travaillent, mentionnons l’asthme, les allergies, le syndrome de la poussière organique toxique, la maladie du poumon de fermier ainsi que les infections virales et bactériologiques.
Les gaz que l’on trouve le plus souvent dans les bâtiments d’élevage et qui risquent de causer des problèmes de santé se divisent en trois catégories : les irritants, les asphyxiants et les gaz toxiques.
À faible concentration, le gaz ammoniac irrite les yeux et le nez, ce qui amène les gens à sortir des lieux avant que les concentrations ne deviennent dangereuses. Cependant, certaines personnes peuvent éprouver des symptômes de détresse respiratoire même quand les concentrations sont faibles.
Les asphyxiants sont des gaz plus lourds que l’air, comme le dioxyde de carbone et le méthane, qui déplacent suffisamment d’oxygène pour entraîner la suffocation des êtres qui respirent.
Les gaz toxiques nuisent à la capacité du corps de fonctionner normalement, ce qui peut causer des blessures graves ou la mort. Le sulfure d’hydrogène et le monoxyde de carbone sont les gaz les plus connus entrant dans cette catégorie.
Les zoonoses sont des maladies infectieuses animales pouvant être transmises à l’homme. La rage et l’anthrax en sont des exemples. Mais bien d’autres maladies peuvent affecter les travailleurs, comme l’influenza (grippe aviaire ou porcine), la tuberculose et le strep. suis.
Protection personnelle
Les travailleurs peuvent se protéger des risques en milieu de travail de plusieurs façons. La meilleure chose à faire, c’est de concevoir l’installation d’élevage de manière à restreindre l’exposition des travailleurs, mais ce n’est pas toujours possible. En pareil cas, une bonne formation, l’adoption de méthodes de travail sécuritaires et l’utilisation d’équipement de protection individuelle peuvent protéger efficacement la santé des travailleurs et du cheptel.
Particules dans l’air: Lorsqu’il n’est pas pratique ou possible de limiter suffisamment l’émission de poussière dans le milieu de travail, les travailleurs doivent utiliser un équipement de protection respiratoire choisi en fonction des risques qui sont présents. En règle générale, un masque antipoussière jetable (N95 ou l’équivalent) convient lorsqu’il y a peu de poussière. Quand la poussière est visible dans l’air, le pourtour du masque antipoussière utilisé (autre qu’un masque en papier jetable) doit être bien scellé afin d’empêcher l’entrée de l’air contaminé dans les voies respiratoires.
Émission de gaz: Dans les milieux de travail où il y a un risque potentiel d’émission de gaz, le choix de l’équipement de protection respiratoire doit reposer sur une évaluation en profondeur des conditions, y compris des types de gaz susceptibles d’être émis et de la durée de l’exposition. Il est important de comprendre qu’un respirateur à cartouche chimique n’assure PAS de protection dans un milieu où il manque d’oxygène. S’il manque d’oxygène ou si l’on est en présence de gaz toxiques, il faut porter un appareil respiratoire autonome ou un appareil respiratoire à adduction d’air.
Agents biologiques: Lorsque des agents biologiques (virus, moisissures, bactéries) sont susceptibles d’être présents dans le milieu de travail, il est important de porter des vêtements qui réduisent au minimum le risque que de la poussière ou du liquide entre en contact avec le corps du travailleur, y compris les cheveux. Le choix des vêtements (y compris des gants), qu’ils soient jetables ou réutilisables, devrait être fondé sur une évaluation du risque dans le milieu de travail. Il est primordial que le travailleur enlève les vêtements qu’il portait dans le bâtiment d’élevage avant de regagner son domicile (et même son véhicule). Les vêtements portés dans le bâtiment d’élevage peuvent être décontaminés facilement au lavage. On devrait cependant les manipuler de manière à éviter de propager la poussière ou les particules qui peuvent s’y trouver dans un environnement.
Hygiène personnelle: Une bonne hygiène personnelle est l’élément clé de tout protocole sur la biosécurité. Bien se laver les mains avant de manger ou d’entreprendre toute activité pouvant entraîner une contamination croisée est essentiel. On devrait aussi toujours se laver les mains après avoir enlevé ou manipulé des vêtements ou des matériaux à l’intérieur du bâtiment d’élevage.
Vaccinations: Les vaccins contre la grippe que reçoivent les personnes qui travaillent dans un bâtiment d’élevage sont avantageux sur le plan personnel et de la santé publique. Il est reconnu en théorie que sous certaines conditions, lorsqu’un virus de la grippe humaine est exposé à un virus de grippe animale, une mutation peut avoir lieu et infecter à la fois les animaux et les humains.
Contact: Glen Blahey, (204) 945-2315