l'agriculture est une occasion non simplement un métier
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Lorsqu’on interroge Mila, l’épouse
de Lincoln Wolfe, sur la raison pour laquelle ils sont agriculteurs,
elle décroche un cadre du mur de la salle à manger de leur maison de
ferme et le tend au-dessus de la table. Voilà, lisez vous-même ,
dit-elle, je deviens trop émotive .
C’est A Farmer’s Creed (Le credo de l’agriculteur), écrit par un
auteur inconnu et publié en 1975 par la société New Holland. Elle en
a trouvé une version encadrée dans une vente d’artisanat, il y a
quelques années, et elle l’a offerte à son mari pour Noël la
première année de leur mariage.
La partie qui la touche le plus se lit comme suit : [...] Je crois
que le vrai bonheur, c’est de voir vos cultures mûrir dans les
champs, vos enfants grandir au soleil, et toute votre famille
ressentir la fierté de l’expérience partagée...
Voilà qui résume bien pourquoi les membres de cette jeune famille
s’adonnent à la production agricole. Ils considèrent l’agriculture
comme une perspective d’avenir, une vocation et un milieu qui leur
permet de grandir en tant que famille.
Lincoln, 34 ans, a grandi à la ferme qu’il exploite maintenant avec
son épouse Mila, 29 ans, et leurs deux enfants, Riley, 3 ans, et
leur bébé Nicola. Mila est la fille d’un ministre du culte et s’est
jointe à l’entreprise lorsqu’elle a épousé Lincoln.
Le couple cultive 6 200 acres (2 480 hectares) de céréales, de
graines oléagineuses et de haricots comestibles. Ils ont aussi 100
vaches et 400 bovins d’engraissement.
J’aime les grands espaces , explique Lincoln quand on l’interroge
sur la raison pour laquelle il est retourné à l’agriculture. C’est
sans doute ma mentalité de gars de la campagne.
Il a étudié en chaudronnerie, puis pendant deux ans en
administration des affaires à l’université, avant de revenir à la
ferme en 1998. Il a utilisé son métier pour arrondir son revenu au
cours des premières années, et il a appliqué ce qu’il avait appris
en administration des affaires pour exploiter la ferme.
Persévérer par les moments difficiles
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Le couple reconnaît que la vie
d’agriculteur peut parfois être très stressante. Alors que leurs
bovins d’engraissement étaient sur le point d’atteindre le poids
requis pour l’abattoir, le milieu agricole a été frappé par la crise
de l’ESB, ce qui a ajouté un élément d’incertitude à leurs plans.
Le couple ressent le stress causé par les conditions météorologiques
et l’incertitude des marchés et du commerce, comme tous ceux qui
œuvrent dans cette industrie. Je ne veux pas donner l’impression que
tout va sur des roulettes... et que la vie d’agriculteur est
formidable , dit Mila. Mais elle et son époux refusent de se laisser
abattre. Nous ne pouvons pas nous le permettre , dit-elle. C’est ce
que nous voulons faire. Nous avons pris cette décision et nous nous
y tenons du mieux que nous pouvons.
Lincoln admet qu’il a trouvé difficile de gérer le stress au cours
des premières années suivant le retour à la terre. Mais le fait de
travailler en famille permet de ne pas succomber à la pression. À la
ferme, les saisons occupées sont presque toujours suivies d’un temps
en famille, loin des décisions du quotidien.
Mila tient un rôle traditionnel à la ferme, qui est très apprécié.
Elle s’occupe des enfants, fait le travail de comptabilité, voit à
l’approvisionnement en pièces et, de façon générale, apporte son
soutien, notamment en préparant régulièrement les repas pour son
mari et les deux salariés. C’est très important , explique Lincoln.
Cela fait partie intégrante de l’ensemble des activités.
Le couple se sent choyé de vivre dans un coin de pays où il y a
d’autres jeunes familles qui sont restées à la ferme. Mila et
Lincoln essaient de passer une grande partie du mois de juillet à un
camping local et à la plage, en compagnie de leurs amis et de la
famille. Il y a un lac tout près , explique Lincoln. On fait du
camping et on profite à plein de la vie.
Le jeune agriculteur est convaincu que la production agricole offre
de grandes possibilités malgré les divers défis auxquels elle est
confrontée. Il est bien déterminé à en tirer parti.
Je crois que la pensée positive constitue une des conditions
essentielles pour y arriver , dit-il. Il y a des avantages et des
inconvénients dans presque tout mais il ne faut pas regarder que les
mauvais côtés. Il faut guetter les possibilités dans tout ce qui se
produit.
Le couple a mis en oeuvre un audacieux plan d’affaires à court terme,
en exploitant d’abord la superficie complète de la ferme puis en
l’agrandissant par l’achat et la location d’autres terres. Lincoln a
débuté en 1998 avec 800 acres (320 hectares). Un an plus tard, il a
loué la terre de ses parents et depuis il a agrandi la superficie de
la ferme pour la porter à 6 200 acres (2 480 hectares). Son épouse
et lui ont finalisé l’achat de la ferme familiale uniquement l’hiver
dernier, pendant la crise créée par l’ESB, mais les parents de
Lincoln demeurent responsables de l’hypothèque.
Lincoln n’a pas adopté une orientation particulière à long terme,
préférant miser sur la souplesse pour pouvoir tirer parti des
possibilités et du potentiel de croissance qu’il voit en
agriculture. Son approche commande un style de gestion qui s’appuie
sur les ressources financières et intellectuelles requises pour
profiter des possibilités lorsqu’elles se présentent.
La bonne gestion mène à de bons résultats
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Pour gérer ses risques de
production, Lincoln a diversifié ses activités et a mis l’accent sur
la production de cultures de grande qualité. Il les met en marché
auprès d’acheteurs qui sont prêts à payer pour avoir des produits de
qualité. La commercialisation constitue une large part de nos
activités quotidiennes; il faut s’adapter aux conditions du marché
et élargir nos horizons.
Il a entrepris la production de haricots rouges, à contrat, pour des
clients qui payent une prime à leur fournisseur pour avoir des
haricots de grande qualité. Il s’est aussi lancé dans la production
de canola pour les marchés d’huiles de spécialité.
Lincoln est intéressé à mieux gérer les nutriments sur ses terres.
Il accueille dans son exploitation des activités de recherche sur
les nutriments réalisées sur certains lots par Agriculture,
Alimentation et Initiatives rurales Manitoba. Il s’adresse de plus à
son conseiller local en production agricole pour obtenir des
conseils sur les activités qui sont nouvelles pour lui et qu’il
connaît moins, notamment l’élevage des bovins.
Pour ce qui est de la production, il suit une rotation précise des
cultures pour chaque champ. Cette rotation est conçue en partie pour
minimiser l’érosion du sol.
Les perturbations du marché causées par les problèmes commerciaux
constituent le principal risque que le couple ne peut maîtriser à la
ferme. Le marché devient très concurrentiel , d’affirmer Lincoln.
Les obstacles au commerce autres que les tarifs représentent une
réalité dont on doit tenir compte.
Lincoln a décidé de gérer cette pression en étant proactif. Cette
année, il s’est joint à l’Association manitobaine des producteurs de
légumineuses, à titre de vice-président. Il estime que
l’organisation constitue un instrument puissant de réseautage et
qu’elle lui permet de se maintenir à la fine pointe des progrès de
l’industrie.
Tirer profit d'une bonne occasion
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Lincoln est reconnaissant envers
ses parents, de qui il dit tenir la confiance et l’esprit positif
dont il fait preuve en agriculture. Mon père savait déléguer ,
dit-il. J’ai géré la ferme pendant trois ou quatre ans avant qu’il
ne prenne sa retraire, ce qui a facilité considérablement la
transition.
Bien qu’il ait participé aux activités de l’exploitation depuis son
enfance, Lincoln n’a jamais senti qu’il était obligé de prendre la
relève à la tête de la ferme familiale. Ses parents l’ont encouragé
à poursuivre des études postsecondaires avant de choisir une
carrière.
Ils ne m’ont pas forcé à devenir agriculteur, mais ils ont entretenu
cette possibilité pour me permettre de le devenir. Lincoln veut
offrir la même possibilité à ses enfants. Je veux seulement leur
fournir l’occasion d’être agriculteur, sans les pousser à le devenir
– parce qu’on est agriculteur ou on ne l’est pas. On ne devient pas
agriculteur. |