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Agriculture, Alimentation et Initiatives rurales Manitoba
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mai 2002
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Comprendre la résistance aux antimicrobiens

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cwa01s00af.jpg (8299 bytes)Introduction

La résistance aux antimicrobieLa résistance aux antimicrobiens peut se définir comme la capacité qu'acquièrent les microorganismes de résister à un agent antimicrobien. Avec le temps, les microorganismes (bactéries, levures, parasites) se modifient de manière à pouvoir se protéger contre les effets recherchés par l'administration du médicament.

Des bactéries nocives qui ne réagissent pas à l'antibiothérapie sont apparues ces dernières années, et sont maintenant chose commune dans les hôpitaux et au sein des collectivités. Cela limite le choix des traitements pour les infections causées par de telles bactéries. L'augmentation du coût des soins de santé ainsi que l'augmentation des risques de morbidité et de mortalité dus à la maladie rendent la situation préoccupante.

Près de la moitié des antimicrobiens (médicaments employés pour traiter les infections causées par des bactéries, des levures et des parasites) utilisés mondialement est administrée à des humains; le reste est employé pour la production animale. Le problème de résistance auquel nous faisons face aujourd'hui résulte, pour une large part, d'un mauvais usage des antibiotiques chez les humains. Il est aussi de plus en plus certain que l'emploi d'antibiotiques dans la production animale contribue au phénomène de la résistance aux antimicrobiens. L'agriculture a le devoir de s'attaquer à ce problème. Les responsables de la santé humaine doivent également s'interroger sur leur rôle dans la surconsommation des antibiotiques.
 

L'enjeu

Il y a deux importants sujets d'inquiétude en ce qui concerne la résistance aux antimicrobiens.

1. L'apparition de souches de bactéries transmises par les aliments et résistantes aux antimicrobiens qui peuvent causer des infections au sein de groupes de population sensibles. Parmi ces bactéries, on peut mentionner Salmonella typhimurium DT 104, E.coli 0157 et Campylobacter jejuni. Ces bactéries peuvent passer des animaux aux humains de diverses façons:

  • le contact direct avec des animaux de la ferme ou avec leur fumier;
  • la consommation de viande ou d'œufs insuffisamment cuits ou de lait non pasteurisé;
  • le contact direct avec des animaux de compagnie;
  • l'ingestion de fruits ou de légumes non lavés.

Les personnes infectées par ces organismes peuvent développer une maladie qui ne réagira pas à l'antibiothérapie classique.wpe2.jpg (114859 bytes)

2. Le transfert à des bactéries humaines de la capacité de résister de bactéries animales qui ne sont pas nocives pour les humains. Ces bactéries devenues résistantes provoquent alors chez les humains des infections qui ne réagissent pas à l'antibiothérapie classique
 

L'emploi d'antibiotiques chez les bestiaux

Les antibiotiques ont trois usages dans l'élevage du bétail :

  1. dans des traitements thérapeutiques, ou curatifs, lorsque les doses sont fixées pour traiter des états pathologiques déterminés;
  2. dans des traitements prophylactiques, ou préventifs, lorsqu'il est établi que les animaux traités sont à risque ou qu'un tel usage réduit la morbidité et la mortalité durant la production; comme facteurs de croissance, lorsque les antimicrobiens sont ajoutés à faibles doses à la pâture pour favoriser la croissance.

Bien que l'on croie maintenant que l'utilisation d'antibiotiques à petites doses pour prévenir la maladie ou pour stimuler la croissance contribue de façon importante au développement de la résistance aux médicaments, les preuves scientifiques manquent toujours.
 

Y a-t-il une autre manière d'élever les animaux? Les recommandations actuelles

cwa01s08b.jpg (157183 bytes)Déjà, en 1962, des groupes intéressés ont commencé à recommander que les antibiotiques soient réservés au traitement des infections chez les humains et les animaux, et ne soient pas utilisés pour stimuler la croissance. Des pays tels que la Suède et le Danemark ont banni l'emploi d'antibiotiques comme facteurs de croissance. Ces pays ont été capables de maintenir de façon efficace leur production de volaille, de bœuf et de porc sans recourir aux antimicrobiens à des fins prophylactiques. Cependant, l'usage d'antimicrobiens à des fins thérapeutiques a augmenté.

Après examen de la situation relative à l'emploi d'antimicrobiens dans la production de porc et de volaille, en Amérique du Nord, on en est venu à un consensus à l'effet que ces productions n'étaient pas pratiques sur une grande échelle sans la possibilité de recourir aux antimicrobiens à des fins thérapeutiques et prophylactiques. Il existe toutefois de nombreux exemples de producteurs à grande échelle de porc et de volaille qui ont mis au point des systèmes de gestion de la production leur permettant d'utiliser un minimum d'antimicrobiens.

Les inquiétudes soulevées par le public, les médecins et les vétérinaires ont conduit aux propositions suivantes pour s'attaquer au problème :

  1. une utilisation adéquate des antimicrobiens;
  2. une meilleure gestion afin de diminuer le besoin d'antimicrobiens;
  3. des programmes de surveillance nationaux concernant l'utilisation des antibiotiques afin de déterminer l'ampleur et la portée du problème;
  4. la mise en œuvre à la ferme de programmes de salubrité des aliments;
  5. l'intensification de la recherche sur les questions se rapportant à la résistance aux antimicrobiens.

Un principe domine selon lequel la maladie animale est la cause première de la détérioration de leur bien-être. Les producteurs ont la responsabilité de protéger leurs animaux contre les souffrances causées par des états pathologiques évitables.

Créer un équilibre entre l'emploi d'antimicrobiens et leurs effets potentiellement indésirables sur la santé humaine tout en assurant une production alimentaire à la fois sûre, efficace et durable, voilà le but que veulent atteindre de nos jours les producteurs de bétail.cwa01s08c.jpg (90722 bytes)
 

Stratégie pour l'avenir

Les efforts visant les questions se rapportant à la résistance aux antimicrobiens devraient se concentrer sur trois points :

  1. une politique de prudence en ce qui concerne l'emploi d'antimicrobiens;
  2. la nécessité d'un programme de surveillance complet;
  3. la priorisation des activités de recherche afin de soutenir l'élaboration de politiques.

En ce qui a trait à la politique de prudence, l'Association canadienne des médecins vétérinaires a joué un rôle crucial dans l'élaboration de principes devant guider l'emploi de médicaments antimicrobiens chez les animaux.

  • Les antimicrobiens devraient être administrés uniquement dans le cadre d'une relation étroite entre le vétérinaire, son client et ses patients.
  • L'utilisation d'antimicrobiens comme facteurs de croissance ou comme moyens d'améliorer l'indice de conversion alimentaire ne devrait pas compromettre l'emploi des mêmes antimicrobiens à des fins thérapeutiques chez les animaux et chez les humains.
  • L'usage d'antimicrobiens à des fins prophylactiques ne devrait être admis que lorsqu'il y a un risque d'infection ou de mort causée par la maladie.
  • L'utilisation à des fins thérapeutiques ne devrait être admise que lorsque la présence d'un organisme infectieux dans un troupeau a été confirmée par un diagnostic clinique.
  • Tous les utilisateurs d'antimicrobiens devraient apprendre à s'en servir de façon appropriée (comprend leur administration, leur manipulation, leur entreposage, leur destruction et la tenue des dossiers les concernant).

On encourage les producteurs à aborder la question de la santé animale par la mise en œuvre d'un plan englobant tout le troupeau qui comprend la gestion, la stabulation, la nutrition, la génétique et les programmes de vaccination, de même que l'usage d'antimicrobiens à des fins prophylactiques ou thérapeutiques en conformité avec l'avis du médecin vétérinaire qui suit le troupeau. Une telle approche globale de la gestion du troupeau diminuera le besoin d'antimicrobiens

Il est nécessaire de mettre sur pied un système national de surveillance de la résistance aux antimicrobiens afin de définir le problème et d'en déterminer l'ampleur et la portée. Les données fournies par le système de surveillance aideront à orienter les recherches nécessaires à l'élaboration de politiques de rechange dans ce domaine.

cwa01s08d.jpg (199010 bytes)Les principaux groupements de producteurs de bétail ont institué à la ferme même des programmes de salubrité des aliments. Ces programmes ont pour objectif de définir les problèmes éventuels, de corriger la situation et d'assurer le suivi. L'adhésion à certains programmes est facultative, tandis qu'elle est maintenant obligatoire pour certains programmes. Les producteurs qui adhèrent à ces programmes doivent mettre en œuvre les mesures exigées, contre quoi leurs élevages sont validés, généralement par un professionnel tel qu'un vétérinaire. Les programmes de salubrité des aliments mis en œuvre à la ferme même sont coordonnés par un organisme à but non lucratif formé en vertu de la Loi sur les animaux de ferme et leurs produits. Au fur et à mesure que ces programmes se développeront, ils seront vérifiés et analysés afin d'assurer constamment leur conformité continue. Dans la présente série, vous pouvez consulter la fiche technique intitulée La sécurité alimentaire à la ferme pour plus de renseignements

La recherche dans le domaine de la résistance aux antimicrobiens est une des démarches cruciales visant à s'attaquer à des questions laissées sans réponse. Parmi ces questions, il y a les nombreux facteurs pouvant causer la résistance aux antimicrobiens, les méthodes de prévention et les stratégies à adopter envers les organismes qui ont développé cette résistance. La recherche est également nécessaire pour élaborer des stratégies de gestion visant à produire un cheptel qui dépend moins des antimicrobiens.
 

Résumé

  • La résistance aux antimicrobiens est une question grave qui concerne autant les populations humaines que les populations animales. Ce phénomène est causé par l'utilisation et la sur-utilisation des antimicrobiens en médecine humaine et en médecine vétérinaire.
  • Il n'existe aucune solution simple. La coopération entre toutes les parties intéressées en vue de diminuer le recours aux antimicrobiens à des fins prophylactiques et d'encourager leur utilisation prudente à des fins thérapeutiques contribuera à rendre le problème moins aigu.
  • Des programmes de surveillance des maladies transmises par les aliments et de la résistance aux antimicrobiens aideront à définir le problème et à concentrer l'attention collective sur les points où la situation pourrait être améliorée.
  • L'objectif est de produire des aliments salubres, nutritifs et de qualité à partir du bétail tout en maintenant la bonne santé et la productivité du cheptel.
     

Renseignements complémentaires

Vous pouvez vous procurer les autres titres de la série « Vivre avec la production animale » dans les bureaux d’Agriculture, Alimentation et Initiatives rurales Manitoba.

  1. La production animale et les questions de santé
  2. Les odeurs produites par le bétail : sources, préoccupations et solutions
  3. Questions relatives aux eaux de surface
  4. Les nitrates dans le sol et dans l'eau
  5. Épandage des déjections du bétail
  6. Sélection d'un site d'exploitation d'élevage de bétail
  7. Comprendre la résistance aux antimicrobiens
  8. La sécurité alimentaire à la ferme
  9. Les exploitations d'élevage et la qualité de l'eau souterraine
  10. Les pathogènes du bétail : une présence naturelle
  11. Le stockage des déjections du bétail
  12. Gestion de la mortalité du bétail
  13. L’élevage du bétail en claustration
  14. Le phosphore dans le sol et dans l’eau

Vous trouverez aussi un complément d'information sur le site Internet www.gov.mb.ca/agriculture/livestock. Vous pouvez également vous procurer un exemplaire du Code de pratiques agricoles pour les producteurs de porcs du Manitoba et du Code de pratiques agricoles pour les producteurs de volailles du Manitoba aux bureaux d’Agriculture, Alimentation et Initiatives rurales Manitoba des régions rurales et à Publications (Agriculture), 8e étage, 401 avenue York, Winnipeg, Manitoba R3C 0P8.

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