
Introduction
Le phosphore, un nutriant essentiel à la vie des plantes et des
animaux, peut nuire à la qualité des eaux de surface si on en trouve
en trop grande quantité. Cet élément se forme naturellement et est
ordinairement présent dans les fertilisants, le fumier, les
détergents, les égouts municipaux et domestiques, de même que dans
les déchets industriels. Le phosphore doit être géré avec soin afin
de réduire ses effets nocifs sur la qualité des eaux de surface.
Le problème : trop de phosphore dans les eaux de surface
Une faible quantité de phosphore dans l’eau est essentielle au
maintien de la vie aquatique. Cependant, le phosphore peut
rapidement devenir un problème si on en trouve en quantité
excessive. L'augmentation importante de phosphore et d’autres nutriants dans les eaux de surface s’appelle
eutrophisation. Lorsqu’il y a
eutrophisation, la prolifération de plantes et d’algues peut
représenter une menace pour la vie aquatique. En effet, lorsque ces
plantes et ces algues meurent, leur décomposition appauvrit
considérablement l’eau en oxygène, ce qui peut causer la mort des
poissons. De plus, la fleur d’eau formée par certaines algues
bleues peut dégager des toxines à la surface de l’eau. Ces toxines
peuvent nuire à la faune, au bétail et aux êtres humains qui boivent
de cette eau.
La fleur d’eau peut également causer d’autres problèmes,
notamment :
-
créer des sous-produits nocifs dans l’eau potable chlorée;
-
donner une odeur, un goût et une apparence désagréables à l’eau;
-
obstruer les installations de plomberie.
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Au sujet du phosphore
Le phosphore est le onzième minéral en importance de
l’écorce terrestre. On en trouve également dans beaucoup
d’aliments, de pesticides et de détergents, ainsi que dans
les allumettes et même dans le dentifrice.
Le phosphore est un nutriant essentiel pour les plantes, les
animaux et les êtres humains. Il y en a dans toutes les
cellules vivantes et il joue un rôle dans de nombreuses
réactions biochimiques. Environ 85 % du phosphore contenu
dans le corps humain se trouve dans les os et les dents. |

Développement d’algues dans un lac du Manitoba.
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Comment le phosphore se retrouve-t-il dans les eaux de surface?
Le phosphore s’infiltre dans les eaux de surface à partir de
sources ponctuelles et de sources diffuses.
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Exemples de sources ponctuelles :
-
les réseaux d'égouts municipaux;
-
les décharges industrielles;
-
les parcs d’engraissement et les tas de fumier;
-
les fosses septiques résidentielles.

Le point d’évacuation d’une lagune municipale
est une
source ponctuelle contrôlable |
Exemples de sources diffuses :
-
l’érosion du sol sur les terres agricoles, dans les
habitats naturels et sur les rives;
-
les eaux de ruissellement provenant des terres agricoles,
des habitats naturels et des terrains de golf;
-
l’accès des animaux sauvages aux eaux de surface;
-
le libre accès du bétail à des pâturages bordant un lac ou
un cours d’eau.

La pratique qui consiste à donner au bétail libre
accès
aux eaux de surface devrait être évitée. |
En général, les sources diffuses de phosphore
sont très difficiles à contrôler. S’il est plus facile de déterminer
les sources ponctuelles, les mesures de contrôle qu’il est possible
d’y appliquer peuvent toutefois être onéreuses.
Même si nous avons établi précédemment que le
phosphore peut s’infiltrer dans les eaux de surface à partir de
sources diverses, ce document se concentre sur les sources agricoles
seulement.
Coment réduire le déplacement de phosphore
des sources agricoles vers les eaux de surface?
La gestion des eaux de ruissellement provenant des tas de fumier
et des parcs d’engraissement
Les parcs d’engraissement et les tas de fumier sont des sources
concentrées de phosphore. En les établissant loin des eaux de
surface, il est possible de réduire le déplacement du phosphore qui
s’y trouve. Le Règlement sur la gestion des animaux morts
et des déjections du bétail du Manitoba stipule que les
parcs d’engraissement et les tas de fumier doivent se trouver à au
moins 100 mètres d’un cours d’eau. En outre, les eaux de
ruissellement qui en proviennent doivent être retenues ou détournées
loin des cours d’eau.
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La
gestion de l’accès du bétail aux eaux de
surface Il
se peut que l’abreuvement d’un petit nombre d’animaux à un
cours d'eau n’ait qu’une faible incidence sur la qualité de
l'eau. Par contre, lorsqu’un grand nombre d’animaux d’élevage
ont libre accès à un cours d’eau pour s’abreuver, ils peuvent
endommager la rive et laisser du fumier sur leur passage, ce qui
augmentera la quantité de phosphore dans l’eau. Il est possible
de restreindre l’accès du bétail aux eaux de surface en
installant une clôture, en fournissant aux bêtes une autre
source d'approvisionnement en eau et en limitant le passage
d’animaux. |
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Approvisionnement en eau loin des rives |
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La
réduction de l’érosion du sol
Le
phosphore est souvent utilisé pour fertiliser les sols
agricoles servant à la culture. S’il y a érosion du sol, le
phosphore naturel et celui qui provient des engrais peuvent être
entraînés vers les eaux de surface avec les particules du sol.
Il est possible de réduire l’érosion grâce à certaines pratiques
de conservation qui écourtent les périodes pendant lesquelles le
sol est laissé à nu. On peut notamment réduire le travail du
sol, laisser les résidus de culture sur le sol et semer une
culture de couverture. De plus, les pentes abruptes, parce
qu’elles sont plus susceptibles de s’éroder de manière
importante, ne devraient pas être cultivées. Il est recommandé
d'y laisser une culture de couverture en permanence composée
d’herbe, de buissons ou d'arbres. Les bandes de terre en herbe
et les voies d’eau gazonnées, si elles sont maintenues
correctement, peuvent aussi retenir les particules causées par
l’érosion. |
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Les voies d’eau gazonnées doivent être entretenues et la
végétation récoltée. |
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La gestion de l'épandage du phosphore
L'épandage
d’une trop grande quantité de phosphore sur une terre agricole
augmentera la quantité de phosphore dans le sol, ce qui, en retour,
augmentera considérablement la concentration de phosphore dans l’eau
de ruissellement. La surabondance de phosphore dans le sol peut être
causée par l’application trop généreuse ou répétée de fertilisants
ou de fumier.
Les
engrais chimiques peuvent être conçus afin de contenir juste ce
qu'il faut d'azote et de phosphore pour suffire aux besoins des
cultures. Les nutriants contenus dans le fumier, par contre, ne sont
pas toujours équilibrés en fonction des exigences des cultures. Les
taux recommandés pour l’épandage du fumier sont généralement basés
sur les besoins en azote des cultures. Cela peut résulter en une
application de phosphore supérieure à la capacité d’absorption des
cultures, créant ainsi une accumulation de phosphore dans le sol. Il
est possible de gérer l'accumulation de phosphore en procédant à des
tests permettant de déterminer la quantité de phosphore à appliquer
en fonction du type de culture.
Si
le sol contient déjà une charge en phosphore excessive, il
existe plusieurs méthodes qui permettent d’éviter une plus grande
accumulation. Par exemple, on peut épandre une quantité de fumier
adéquate en fonction du phosphore que la culture peut absorber, et
ensuite ajouter de l’engrais azoté, au besoin. Une autre solution
consiste à séparer les matières solides du purin, puisque c’est dans
les matières solides que se trouve la majeure partie du phosphore.
Il s’agit alors d’épandre les matières solides sur les sols à faible
teneur en phosphore. Une troisième approche consiste à réduire la
quantité de phosphore excrétée par le bétail.
La réduction de la quantité de phosphore
dans le fumier
Etant donné que le bétail ne digère pas tout le
phosphore contenu dans les aliments, le surplus est rejeté dans les
excréments. En concevant des régimes alimentaires qui se rapprochent
davantage des besoins du bétail, il est possible de réduire ce
surplus. En ce qui concerne les porcs et la volaille, il existe une
autre méthode qui consiste à ajouter à leurs aliments un enzyme
facilitant la digestion du phosphore. En améliorant la digestibilité
du phosphore contenu dans les plantes, les éleveurs peuvent réduire
la quantité de phosphore ajoutée aux aliments pour animaux sans
nuire à la quantité de viande, de lait ou d’œufs produits.
L’élaboration d’espèces végétales contenant du phosphore sous
une forme plus digestible semble prometteuse. L’utilisation de
ces plantes permettrait de réduire davantage la quantité de
phosphore contenue dans les aliments pour animaux et, en bout de
ligne, la teneur en phosphore du fumier.

La gestion du phosphore à toutes ses sources contribuera à
maintenir ou à améliorer la qualité de l’eau.
Résumé
Même si le phosphore est
essentiel à toutes les créatures vivantes, sa présence en trop
grande quantité dans les eaux de surface peut causer la dégradation
de la qualité de l'eau et divers autres problèmes. Il existe des
sources agricoles et non agricoles d'infiltration de phosphore dans
les lacs, les rivières et les ruisseaux. Chacune de ces sources doit
être gérée de façon à maintenir la qualité de l'eau et pour ce
faire, il peut être nécessaire d'adopter plus d'une approche.
Renseignements complémentaires
Vous pouvez vous procurer les autres titres de la
série « Vivre avec la production animale » dans les bureaux
d’Agriculture, Alimentation et Initiatives rurales Manitoba.
- La production animale et les questions de
santé
- Les odeurs produites par le bétail : sources,
préoccupations et solutions
- Questions relatives aux eaux de surface
- Les nitrates dans le sol et dans l'eau
- Épandage des déjections du bétail
- Sélection d'un site d'exploitation d'élevage
de bétail
- Comprendre la résistance aux antimicrobiens
- La sécurité alimentaire à la ferme
- Les exploitations d'élevage et la qualité de
l'eau souterraine
- Les pathogènes du bétail : une présence
naturelle
- Le stockage des déjections du bétail
- Gestion de la mortalité du bétail
- L’élevage du bétail en claustration
- Le phosphore dans le sol et dans l’eau
Vous trouverez aussi un complément d'information
sur le site Internet www.gov.mb.ca/agriculture/livestock. Vous
pouvez également vous procurer un exemplaire du Code de pratiques
agricoles pour les producteurs de porcs du Manitoba et du Code de
pratiques agricoles pour les producteurs de volailles du Manitoba
aux bureaux d’Agriculture, Alimentation et Initiatives rurales
Manitoba
des régions rurales et à Publications
(Agriculture), 8e étage, 401 avenue York, Winnipeg, Manitoba R3C
0P8.

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