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la Maison Kennedy |
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Introduction
Les trois pièces du rez-de-chaussée sont meublées comme elles devaient l'être durant les années 1870 et 1880, alors que le capitaine William Kennedy et sa famille y habitaient. Le mobilier représente une combinaison de divers styles d'époque. Examinez bien les meubles, les tissus, l'aménagement et les vêtements dans cette partie de la maison et vous vous ferez une idée du travail et de la vie de cette famille d'origine écossaise et autochtone dans la colonie de la rivière Rouge en cette fin de 19e siècle.

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Le cabinet de travail du capitaine William Kennedy
Le capitaine William Kennedy était un homme courageux et de grande expérience qui avait de nombreux intérêts. Il avait 52 ans, en 1866, lorsqu'il fit de " Maple Grove " sa résidence permanente. Comme bien des Métis élevés à la campagne, il trouva fort peu de débouchés sur le plan économique dans la colonie de la rivière Rouge. Il gagna d'abord sa vie en vendant des articles importés d'Angleterre aux Premières nations, aux Métis et aux colons locaux, mais son commerce périclita à la suite du krach de 1882. En guise de paiement, il accepta ensuite des titres provisoires (certificats convertibles en terrains) d'un grand nombre de voisins métis, mais il perdit de nouveau de l'argent à la suite de la crise de la spéculation foncière.
Après ses études en Écosse, le jeune Kennedy occupa un poste de commis au sein de la Compagnie de la Baie d'Hudson, d'abord dans la vallée de l'Outaouais en 1833, puis dans la péninsule de l'Ungava, au Labrador. Apôtre de la tempérance, il finit par quitter son emploi à la Compagnie pour protester contre le commerce de boissons alcoolisées de cette dernière. En 1846, il ouvrit un magasin à Kingston et, deux années plus tard, une pêcherie à l'embouchure de la rivière Saugeen. Attiré par le romanesque et l'inconnu, il partit en 1851 à la recherche de son ancien précepteur, l'explorateur de l'Arctique Sir John Franklin, et consacra deux années de sa vie à cette expédition.
En 1861, mettant à contribution les convictions chrétiennes qu'il avait héritées de sa mère Autochtone, Kennedy établit avec sa femme une mission chez les Premières nations du Manitoba, semblable à celle qu'ils avaient tenté d'établir dans la région du lac des Bois.
En dépit des rhumatismes qui le rendirent incapable de travailler plus tard, Kennedy n'en demeura pas moins une personnalité publique dans la colonie de la rivière Rouge. Il s'opposa au pouvoir de la Compagnie de la Baie d'Hudson dans la colonie et fit inlassablement campagne dans l'Ouest canadien pour l'annexion du Nord-Ouest du Canada. Il fut magistrat de la localité et membre de la Commission scolaire du Manitoba, ainsi que membre actif de l'église St. Andrews et paroissien fidèle jusqu'à sa mort, en 1890. Bien que sa fille, Marie Kennedy, pensait qu'il se laissait facilement mener et qu'il était généreux à l'excès, il resta toujours, comme le fit remarquer le chef des Anishinabe, Henry Prince, " un de nos gentilshommes campagnards ".

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Eleanor Kennedy
Eleanor Kennedy était une personne bien connue dans la paroisse St. Andrews durant les années 1870. Surnommée " la Duchesse " pour son port digne et ses manières aristocratiques, elle fut l'organiste en titre de l'église St. Andrews et l'on pouvait régulièrement la voir marcher d'ici à l'école de Mademoiselle Davis, où elle enseignait la musique aux jeunes filles.
Eleanor Kennedy, la fille douée et instruite du capitaine William Cripps, de Londres (Angleterre), fit la connaissance de son mari métis grâce à Lady Franklin, l'épousa à Londres et revint avec lui dans la colonie de la rivière Rouge en 1861. Pendant l'invasion de sauterelles de 1868, elle fut du nombre des femmes énergiques de classe moyenne qui distribuèrent nourriture et vêtements à toutes les familles indigentes. Quand l'épidémie de variole éclata en 1873, ce fut Eleanor Kennedy qui soigna certains malades de la paroisse et qui s'occupa du programme de vaccination mis sur pied dans le district. Les visites de paroisse, le thé avec des amies, la musique, la peinture, la poésie et l'enseignement des travaux à l'aiguille à sa fille Mary remplirent la plupart de ses journées et firent de son foyer un modèle de famille de l'époque victorienne.
Elle vécut pourtant de nombreuses déceptions. La mission du lac Manitoba échoua après seulement un an. Son mari n'était pas un homme riche et il demeura invalide pendant une vingtaine d'années. Elle fit une fausse couche, et en raison des difficultés financières de la famille, son fils Willie ne put jamais parfaire son éducation en Angleterre ni devenir membre du clergé comme elle le souhaitait.
Madame Kennedy se considérait comme un membre de la " haute bourgeoisie " de la paroisse, mais au milieu des années 1880, elle se vit dans l'obligation de subvenir aux besoins de sa famille. Ses talents de modiste et de couturière furent très appréciés de ses voisines et ses importations de vêtements de style européen lui permirent d'acquérir une clientèle au sein de la colonie de la rivière Rouge. Néanmoins, en 1892, deux ans après le décès du capitaine Kennedy, Eleanor, criblée de dettes, fut forcée de vendre la maison et la propriété de St. Andrews. Elle se retira à Virden. Le nouveau Women's Canadian Club de Winnipeg salua en elle l'une des pionnières du Manitoba. Elle repose, avec son mari, au cimetière de St. Andrews.

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La salle à manger

Cette pièce fut la scène de maintes fêtes de famille. " Je ne puis m'empêcher de penser à vous tous à Maple Grove ", écrivait Emma Christie à son amie Mary Kennedy, à Noël 1883. " Je suppose que tu t'affaires à la préparation de tes puddings au mincemeat. Te rappelles-tu quel plaisir nous avions à épépiner les raisins, à couper la pelure et à brasser le pudding? Cela m'intéresse toujours de savoir quels hymnes tu chantes et si tu as toujours autant de plaisir à mettre les décorations. " Certains invités venaient souvent des postes de traite éloignés de la Compagnie de la Baie d'Hudson. La famille recevait également des visiteurs de Winnipeg, dont certains venaient donner des récitals, ainsi que des marchands, des ministres du culte, des politiciens de la région, des cousins et des amis des enfants.
La " domestique ", ordinairement une jeune fille de la paroisse, arrivait dès 5 h du matin, avant que la famille se lève. Elle allumait les feux et préparait l'omelette du petit déjeuner avant 9 h. Le déjeuner se prenait à midi et se composait de poisson, de veau ou de gibier, de pudding au suif, de choux, de carottes, de pommes de terre, ainsi que de baies, de tartelettes à la rhubarbe et de desserts au lait ou blanc-manger. Le souper du dimanche était plus recherché et était préparé par la " domestique " pendant que la famille était à l'église. La famille prenait le thé en fin de journée et dégustait des petits pains, du bannock, du beurre et parfois des confitures, en compagnie d'invités locaux. Dans la plupart des foyers de la paroisse, le thé était un événement social important.
Une politesse coutumière consistait à échanger quotidiennement des présents sous forme de nourriture. Pour sa part, Mary Kennedy apportait de la soupe aux malades et revenait avec des œufs ou du pain. Elle troquait des livres de beurre-maison, une denrée de grande valeur, contre du lait, de la farine ou des légumes. En pareille occasion, Mary ajoutait des œillets dans son panier, qu'elle échangeait contre des boutures de géranium avec Madame Scott. Le partage de nourriture jouait un rôle important au cours des cérémonies annuelles et renforçait quotidiennement les liens de famille et d'amitié, ainsi que les liens sociaux qui unissaient la population de la colonie de la rivière Rouge.
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- Kennedy House
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