Imaginez que chaque nom géographique soit le titre d'une
histoire décrivant un aspect du patrimoine culturel et naturel du
Manitoba. Certains noms tels Portage la Prairie, Fort Garry,
Norway House et York Factory rappelent le romantisme du commerce
de la fourrure. D'autres tels Blumenort, Gimli, Ile des Chênes,
Scandinavia, Selkirk, Shamattawa et Zhoda illustrent bien la mosaïque
culturelle de notre province. De nombreux noms officiels parmi les
15 000 du Manitoba évoquent une caractéristique physique du
paysage, tels Sickle Lake, Eight Foot Falls, Long Point et
Hollowrock Island.
Les noms géographiques ne sont pas que de simples mots sur des
cartes ou des panneaux. Ce sont des outils de communication. Il
est essentiel d'être constant et précis lorsque l'on nomme les
lieux de la province afin d'éviter des ambiguïtés dans le
domaine des affaires et des loisirs.
Musée de St-Pierre-Jolys De nombreuses localités établies à la fin des années 1800
ont adopté le nom de leur bureau de poste ou de leur gare. Ces
importants centres de services étaient nommés pour honorer des
maîtres de poste (Holland, d'après A. C. Holland), des
homesteaders (Morden, d'après Alvey Morden) ou des premiers
ministres (Laurier, d'après Sir Wilfrid Laurier). D'autres
tenaient leur nom d'une caractéristique locale (Ile des Chênes),
d'une ville d'origine (Petersfield, d'après Petersfield en
Angleterre) ou des rêves de grandeur des pionniers (Dominion
City). D'autres encore pouvaent être attribués a la suite d'une
lubie d'un représentant officiel d'une compagnie de chemins de
fer au cours de la construction de lignes principales et
secondaires. Par exemple, les gares du Canadien national situées
a l'ouest de Portage la Prairie ont été nommées par ordre
alphabétique, en commençant par Arona, Bloom et Caye et en
finissant par Zeneta (Saskatchewan) oû a cycle recommence avec
Atwater. Dans toute la province, on trouve toute une série de
noms autochtones inhabituels et de grande beauté, de Pisew Falls
et Sipiwesk Lake, au nord, à rivière Assiniboine et Neepawa, au
sud.
COMMISSION
DE
TOPONYMIE DU CANADA
La Commission de géographie du Canada a été établie en 1897
pour s'occuper des problèmes de redondance et d'incohérence que
soulevait la dénomination des lieux géographiques. Son
successeur est aujourd'hui le Commission de toponymie du Canada
(CTC).
La Commission est composé de 26 membres representant toutes
les provinces at tous les territoires du Canada, ainsi que divers
ministères fédéraux s'occupant des levés, de la cartographie,
de la traduction, des archives, des parcs, de la défense et des
affaires autochtones.
Au Manitoba, le Ministère de la Conservation est responsable
de la dénomination des lieux géographiques. Il a demandé au
toponymiste provincial de siéger au CTC et d'administrer le
Programme des noms géographiques du Manitoba.
PROGRAMME
DES NOMS
GÉOGRAPHIQUES DU MANITOBA
Le personnel de soutien du Programme et de la Direction
administre et tient à jour les dossiers relatifs à la énomination
des entités, un système d'information géographique, une
bibliothèque, les cartes des nouveaux noms géographiques, une
bibliographie des études menées sur les dénominations et un
projet de désignations toponymiques commémoratives.
Les objectifs du Programme sont les suivants : assurer
l'application de normes et de principes uniformes à la dénomination
des lieux géographiques dans l'ensemble da la province: mener des
recherchas sur les noms proposés et établis; fournir un centre
da renseignements
sur la dénomination, des entités à
l'intention du personnel gouvernement et du grand public. Base de données toponymiques du Manitoba (BDTM) L'informatique a permis de créer plusiers banques de données.
L'un des fichiers permanents se présente sous la forme de listes
alphabétiques de noms comprenant des données supplémentaires
sur les types d'entités, la date d'approbation du nom et les
coordonnées de l'endroit. Voici le type de listes pouvant être
dressées à partir du fichier permanent :
un Répertoire géographique du Canada - Manitoba (1999)
CD-ROM; un Répertoire géographique du Canada - Manitoba (1999); des listes séparées par type d'entités (c.-à-d. ville,
village, localité, lac, île et rivière);
des listes de noms figurant sur des feuilles de cartes ou
des grilles rectangulaires particulières;
des listes de noms approuvés au cours d'une période
particulière;
des listas de noms annulés;
des entités nommées afin d'honorer des victimes de guerre.
L'accès à la Base de données toponymiques du Canada permet au
personnel d'obtenir des renseignements sur les noms de n'importe
quelle partie du pays, en plus de la mise à jour et de
l'utilisation des données provinciales. Anthroponymes commémoratifs Dans le cadre de ce programme, on continue de donner à des
entités géographiques le nom de Manitobains morts à la guerre.
Plus de 2 000 lacs, rivières, criques et autres éléments
paysagers ont reçu le nom de victimes de la Seconde Guerre
mondiale. La plupart de ces entités sont situées dans des régions
éloignées de la province.
Depuis 1972, la Direction des levés et de la cartographie émet,
au plus âgé des proches parents d'une victime de guerre, des
certificats de désignation commémorative sur lesquels figurent
l'approbation de l'anthroponyme et les coordonnées de l'endroit.
On peut en obtenir des duplicata à un prix modique.
RECHERCHE
DES TOPONYMES
Les toponymes représentent le système de références géographiques
le plus utile du monde. L'étude des noms géographiques s'appelle
la « toponymie », du grec « topos » (endroit) et « onoma »
(nom). Bien qu'elle soit axée principalement sur la géographie,
la toponymie repose également sur l'histoire et la linguistique.
Non seulement le toponymiste se fonde sur les cartes et les
histoires locales, mais il interroge aussi les habitants de
l'endroit afin de trouver les toponymes passés dans l'usage
local. L'application exacte de ces toponymes, leur langue
d'appartenance, leur prononciation, leur origine et leur
signification sont tous des éléments importants à consigner au
cours d'une enquête sur un nom.
Basilque - Cathédrale de Saint-Boniface Aux cours des dernières années, l'intérêt porté à
l'origine des toponymes s'est accru, souvent en raison de
recherches généalogiques et historiques menées à l'occasion
d'un centenaire ou d'un projet d'histoire locale. Si elles sont
correctement analysées, les ressources documentaires toponymiques
peuvent révéler les tendances de colonisation, d'exploration, de
commerce, de transport et d'immigration.
La plupart d'entre nous éprouvent une certaine fascination
pour les toponymes, outre leur grande utilité dans le domaine des
communications. De nombreux toponymes sont très descriptifs :
Grand Marais, Lac du Bonnet, Portage la Prairie, Ile des Chênes.
N'importe qui, avec un peu d'enthousiasme et de recherches, peut découvrir
le premier enregistrement de l'un de ces toponymes dans un
journal, un ouvrage d'histoire orale, une carte ou un annuaire téléphonique.
Pourquoi pas VOUS? Pourquoi change-t-on certaines désignations? Il est parfois nécessaire de changer les désignations géographiques.
Par exemple, le nom de la localité de Rosenort (près de Gretna)
a eté changé pour Rosetown afin de la différencier de Rosenort,
ville plus importante située dans la même région. Les
changements dana la forme d'une désignation (p. ex. de Kronstal
à Kronsthal) ont lieu à cause de l'usage local et du désir
d'uniformiser les noms similaires d'une région.
Les cartes avec des nouveaux noms géographiques
servent à mettre à jour les données sur les désignations géoqraphiques.
Ci-dessus, partie modifiée de la carte 62H/4 du Système national
de référence cartographique sur laquelle figurent les noms
actuels de deux localités.
Dans le passé, la préservation des toponymes non officiels était
courante. De nos jours, la collaboration des ministères et des
organismes gouvernementaux permet d'établir des normes plus
rigoureuses afin d'éviter l'utilisation arbitraire des toponymes
non officiels. Dans le cas de Neubergthal, il a fallu décider
officiellement de changer l'orthographe de New Bercthal avant de
pouvoir créer un nouveau panneau de signalisation routiere.
PRINCIPES
ET DIRECTIVES
Principes directeurs Le Manitoba a adopté les principes et les directives établis
par le Commission de toponymie du Canada, selon lesquels il faut vérifier
l'orthographe et les coordonnées géographiques de chaque nom
modifié ou nouvellement créé. II faut également se conformer
aux principes suivants du Comité :
Sont reconnus tous les toponymes établis à la suite de
lois.
Il faut accorder la priorité aux toponymes qui sont depuis
lontemps implantés dans l'usage local. Ce principe doit prévaloir
à moins de bonnes raisons contraires.
Sont acceptés les noms d'installations établis par les
autorités postales, les compagnies de chemin de fer et les
principaux services publics, pourvu qu'ils soient conformes
aux autres principes. Lea différents ministères et
organismes sont vivement encouragés à communiquer librement
avec les autorités toponymiques compétentes.
Toute décision prise a la suite d'une proposition de nom
pour une entité naturelle ou un élément anthropique doit préciser
les limites géographiques de l'entité ou de l'élément
auquel le nom se rapporte. Il faudrait par la suite éviter
d'approuver des noms différents comportant le même générique
pour désigner une partie de ce qui doit être corsidéré
comme une seule et même entité.
Le nom d'une personne ne peut être attribué à moins qu'il
n'y ait des circonstances tout à fait particulières ou qu'il
soit dans l'intérêt public d'honorer cette personne.
Pour approuver les noms des entités pour lesquelles il
n'existe aucun nom dans l'usage local, on recommande
d'utiliser les sources suivantes : toponymes descriptifs
appropriés aux entités, noms de pionniers, d'explorateurs et
d'évènements historiques relatifs à la région, noms
provenant des langues autochtones que l'on associe communément
à la région en général et noms de personnes mortes à la
guerre.
Les noms doivent être euphoniques et de bon goût.
Un nom doit être adopté dans une seule forme linguistique
et doit être écrit dans l'alphabet romain autant que
possible. D'autres formes peuvent être également acceptées
lorsqu'elles sont sanctionnées par les autorités
toponymiques compétentes. Lorsqu'un nom est dérivé d'une
langue autre que le français ou l'anglais, on retient la
meilleure orthographe reconnue. Les noms de certaines entités
géographiques d'intérêt pancanadien sont reconnus tant en
français qu'en anglais pour leur emploi sur les cartes fédérales
et dans les textes fédéraux. Le Manitoba reconnaît que
certaines entités géographiques ont des noms bien connus
dans les deux langues officielles lorsqu'elles sont situées
dans des régions désignées de la province offrant des
services en langue française. Par exemple, les équivalents
fran-ais « Rivière aux Prunes » et « Rivière aux Rats »
de Plum River et de Rat River peuvent être utilisés sur les
cartes et les panneaux, et dans les autres documents officiels
bilingues ou unilingues français. L'orthographe des noms géographiques ainsi que l'emploi des
accents appropriés doivent être conformes aux règles de la
langue utilisée.
Les noms d'une même origine donnés à diverses
installations de service dans une localité doivent être
conformes au nom officiel de la localité. Les mêmes spécifiques
qui se retrouvent dans des noms différents employés pour désigner
des entités parentes ou voisines doivent respecter une
orthographe unique.
Il faut chercher à éviter le double emploi d'un toponyme
dans la mesure où cela risque de porter à confusion.
De manière générale, un toponyme comprend un terme spécifique
et un terme générique. Le générique devrait correspondre
à la nature de l'entité géographique qu'il désigne. II
doit être enregistré en français ou en anglais par
l'autorité toponymique compétente.
On pout utiliser des termes qualificatifs (comme « nouveau
», "upper" ou "west branch") dans une région
pour distinguer deux ou plusieurs entités comportant des
formes spécifiques identiques.
Sauf lorsque l'impose l'usage local ou historique,
l'approbation officielle de noms pour de petites entités doit
s'appuyer sur l'importance relative de l'entité, son usage et
l'échalle des cartes disponibles.
Façon de proposer un nouveau nom ou un changement de nom En tenant compte des principes directeurs, les particuliers ou
les organismes pouvent proposer un nouveau nom ou un changement de
nom pour une entité géographique particulière. Nous étudierons
sérieusement les propositions appuyées de pièces justificatives. À cette fin, il convient de fournir les
renseignements suivants les motifs particuliers du choix, la délimitation
précise de l'entité sur une carte ou sur un croquis, la latitude
et la longitude du lieu, ainsi que l'origine et la signification
du nom proposé.
Il faut souvent mener des recherches exhaustives pour savoir
s'il existe d'autres noms locaux pour désigner une entité. Pour
trouver ou pour confirmer les données sur l'origine et la
position de cette entité, il peut être nécessaire d'effectuer
une enquête auprès des habitants de la région et des représentants
gouvernementaux, et de faire des recherches dans les archives et
les documents sur les terres.
Une fois que le nom satisfait aux exigences établies, il est
inscrit sur la liste de décisions du CTC, puis dûment signé par
le représentant du Manitoba. Le nom est ensuite versé dans les
bases de donées toponymiques manitobains et canadienne, et
inscrit sur les cartes des nouveaux noms géographiques. Les
utilisateurs de cartes ou d'autres documents peuvant alors
employer le nom une fois que celui-ci est annoncé dana le Répertoire
géographique du Canada ou dans son Supplément cumulatif. Toutes
les cartes, tous les plans et toutes les publications à caractère
officiel doivent porter les noms officiels contenus dans la Répertoire
et le Supplément.
COMMENT
POUVEZ-VOUS NOUS AIDER?
Nous acceptons avec plaisir toute information fiable et
documentée visant à corriger l'utilisation, l'orthographe ou
l'application des toponymes sur les cartes et les panneaux, et
dans d'autres publications.
VOUS pouvez nous aider en prêtant plus attention aux noms que
vous utilisez quotidiennement. En comprenant mieux leur
signification, vous serez davantage en mesure de faire part à
notre personnel de vos renseignements et de vos préoccupations,
notamment :
Si VOUS doutez de l'orthographe ou de l'application d'un nom
sur une carte ou un panneau;
Si VOUS avez de nouvelles données sur l'origine d'un nom à
nous communiquer pour nos dossiers;
Si VOUS découvrez qu'un toponyme non officiel continue d'être
préserve sur des cartes ou panneaux et dans des rapports et
autres documents;
Si VOUS menez des recherches sur un toponyme en vue de
l'inclure dans un décret, une licence, un permis ou un règlement;
Si VOUS avez besoin de plus amples renseignements.
RENSEIGNEMENTS
Programme des noms géographiques du Manitoba
Division de l'information sur les terres
1007, rue Century, Winnipeg (Manitoba) R3H 0W4
Téléphone : (204) 945-1798
Télécopieur : (204) 945-1365
C. élec: Des Kappel
RÉFÉRENCES
SUGGÉRÉES
Comité permanent canadien des noms géographiques. Répertoire
géographique du Canada - Manitoba, Division des services de géographie,
Énergie, Mines et Ressources Canada, 1981.
Commission de géographie du Canada. Place-names of Manitoba,
ministère de l'Intérieur, 1933.
Direction des ressources historiques. The Origin of the Name
Manitoba, Culture, Patrimoine et Loisirs Manitoba, 1984.
Ham, Penny. Place Names of Manitoba, Western Producer
Prairie Books, Saskatoon, 1980.
Mulligan, Helen et Ryder, Wanda. Ghost Towns of Manitoba,
Heritage House Publishing Company Ltd., 1985. Rudnyckyj, J.B. Manitoba Mosaic of Place Names, Société
canadienne pour l'étude des noms, 1970.