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Bulletin dinformation sur lévolution des droits de la personne au Manitoba Volume 1, numéro 1. Été 1997 |
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La procédure habituelle de traitement des plaintes est de rédiger et de signifier une plainte officielle, puis dattendre la réponse de la partie accusée davoir enfreint le Code, ce qui peut être long. Une communication non officielle peut parfois régler rapidement le problème. Il se peut quun simple coup de téléphone à lentreprise, à ladministration ou au service en cause suffise. Nouvelle procédureAucune des parties à une plainte ne veut que les choses tardent; elles veulent que laffaire se règle le plus rapidement possible, naturellement. Bien quil y ait des limites à la simplification des procédures (il ne faut jamais précipiter la justice), tous les systèmes sont susceptibles dêtre améliorés dans une certaine mesure. Afin de mieux servir le public et de mieux réaliser notre objectif de mettre fin à la discrimination, la Commission a entamé un projet pilote de six mois pour mettre à lessai une nouvelle procédure, la démarche préalable, qui, lorsquelle réussit, permet déviter complètement la procédure de plainte officielle. Il faut respecter certains critères dans le choix des plaintes qui se prêtent à la démarche préalable. Il faut dabord que la plainte potentielle relève du Code. Il faut ensuite que les questions à létude soient relativement simples et claires. Et il faut finalement que le règlement recherché par la partie plaignante soit raisonnable et réalisable. Projet pilote de six moisAux termes de ce projet pilote de six mois, quand il est possible quune action rapide règle une plainte potentielle, le cas est renvoyé à un agent spécialement affecté au projet. Lagent téléphone ensuite à la partie accusée de discrimination pour voir sil est possible de régler laffaire rapidement et de façon satisfaisante pour toutes les parties. Jusquà maintenant, 37 plaintes ont été réglées immédiatement, avant de devenir des plaintes officielles. Notre expérience jusquici est que la moitié de toutes les nouvelles plaintes potentielles choisies pour cette démarche finissent par se régler en à peu près une heure de conversations téléphoniques, heure répartie sur deux semaines après le premier appel. Résultats positifs obtenusUne église avait refusé de laisser entrer le chien-guide dune femme ayant une déficience visuelle. Un coup de fil à léglise a mené à une lettre dexcuses et une promesse de laisser entrer les chiens-guides. Un immigrant avait fait lobjet de remarques dénigrantes. Le service lui a présenté des excuses, a pénalisé lemployé impliqué et offert un certificat-cadeau au plaignant. Un homme souffrant de dépression chronique avait perdu son emploi parce quil narrivait pas à se concentrer. Après plusieurs coups de téléphone, on la rembauché à un poste pour lequel il est qualifié. Chacun de ces cas sest réglé en moins dune heure, en moyenne, ce qui se traduit par une économie de temps pour le personnel et un service plus rapide. |
Bienvenue au premier numéro du bulletin de la Commission des droits de la personne du Manitoba. Depuis sa constitution il y a 27 ans, notre organisme a acquis une certaine « autorité morale », tant dans la province quà léchelle nationale. Nous avons été parmi les premiers à obtenir des jugements favorables à larbitrage et devant les tribunaux par largumentation de principes dantidiscrimination. Nous avons veillé à ce que la définition de discrimination soit appliquée comme il se doit et que nos programmes publics soient bien réfléchis et accessibles. Jusquà récemment, lexcellent travail de la Commission a souffert quelque peu des retards qui ont marqué le règlement des causes. Ces retards ont été communs à tous les organismes canadiens de protection des droits de la personne. Selon moi, cest en grande partie à une certaine incertitude de la part de toutes les commissions que lon peut attribuer cet état de choses : il a fallu du temps pour clarifier et préciser notre mandat, qui nous avait été délégué dans les années 1970. Cependant, laccumulation de causes en souffrance sest résorbée grâce aux mesures prises depuis 5 ans pour simplifier les procédures et à celles prises tout récemment pour accélérer le règlement des plaintes avant et après leur dépôt. Ce sont ces initiatives et notre détermination renouvelée de nous attaquer à la discrimination systémique qui ont mené à la publication de ce bulletin. Vous pourrez nous lire tous les trimestres. Ken Filkow, c.r. |
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Il arrive souvent quune plainte se règle au moment où lon passe en revue les faits avec les parties après une enquête. On parle alors dun règlement immédiat, fait « sous réserve ». Lobjet de la loi sur les droits de la personne est de corriger pour lavenir, et non de punir le passé. Le règlement amiable redonne à la partie plaignante ce quelle a perdu à cause de la discrimination. En voici quelques exemples récents.
Incapacité présuméeLe plaignant, qui a été embauché à temps plein, passe un examen médical routinier pendant sa période de probation. Le rapport du médecin relève une arthrose dun disque intervertébral du dos, mais précise que celle-ci nempêcherait pas lemployé de faire son travail. Malgré cela, son employeur le congédie immédiatement. (Le plaignant était encore en période de probation. Lévaluation de son rendement était bonne.)
Selon lemployeur, létat de santé du plaignant aggravait le risque que celui-ci se blesse de nouveau. Lemployeur navait pris aucune mesure dadaptation et soutenait que le faire constituerait une contrainte excessive.
Lenquête montra que lemployeur navait fait aucun effort pour évaluer les capacités du plaignant. Le rapport médical indiquait que le risque que le plaignant se blesse de nouveau nétait pas plus élevé.
La décision de lemployeur de congédier lemployé se fondait non sur une véritable incapacité, mais sur la présomption dune incapacité. Le Code protège les personnes quelles appartiennent véritablement à un groupe protégé (par ex., les personnes handicapées) ou quon pense simplement (présume) quelles appartiennent à ce groupe.
Laffaire sest réglée par le versement de 5 000 $ en dommages-intérêts au plaignant par l'employeur mis en cause.
La plaignante avait travaillé comme serveuse dans un restaurant pendant environ deux mois, puis démissionné après avoir fait lobjet davances et de sollicitations sexuelles non voulues de la part du gérant.
Les exemples de harcèlement donnés comprenaient des contacts physiques et des commentaires sur lapparence et la vie privée de la plaignante. Celle-ci affirmait avoir clairement laissé savoir au gérant quelle ne voulait pas que son comportement continue, et avoir signalé sa conduite. Il lui a suggéré de tolérer la situation et de ne rien faire. Il na pris aucune mesure pour mettre fin au harcèlement.
Le propriétaire du restaurant a dabord nié le harcèlement. Après avoir pris connaissance des conclusions de lenquête, il a offert 1 000 $ à la plaignante pour la dédommager de lhumiliation et de la souffrance subies. Elle a accepté son offre.
Une plainte alléguait que deux fillettes qui avaient joué au softball toute la saison pour une équipe de garçons « mixte » (9 et 10 ans) navaient pas eu le droit de participer à un championnat provincial masculin avec leur équipe.
La position de lassociation directrice était que le règlement interdisait les compétitions mixtes. La Commission a rencontré des représentants de lassociation, qui ont été incapables davancer des motifs justifiables, comme la force physique, pour appuyer leur position. Lassociation a par la suite décidé de modifier son règlement de façon à permettre aux filles de la catégorie dâge « mixte » de jouer pour léquipe de garçons, ce qui a réglé laffaire.
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Racisme et préjugés par Danny Audy On nous surveille Avec parfois des ricanements, des rires Les gens plus vieux changent de direction Quelquun regarde et toussote Un homme traverse la rue en courant Des enfants samusent Dautres jeunes se tiennent en groupe Je passe à côté deux en silence Notre peau peut être différente La couleur de nos yeux aussi Dautres sont plus grands À qui la faute Assis devant mon miroir Je me vois Je sais que je suis dune autre culture Le long de létagère Préjugés et racisme Mots que je déteste Je vis avec toutes ces autres personnes Jour après jour! Ce texte est la traduction dun poème de Danny Audy, gagnant dun concours de poésie sur le racisme organisé par lécole secondaire Swan Valley Regional. M. Audy est en 10e année et habite Bowsman, au Manitoba. Il est de descendance cree. |
Décision dans la cause daccès physique Dans une importante cause type, un arbitre a conclu que le restaurant Royal Crown faisait preuve de discrimination envers les personnes handicapées en les obligeant à utiliser une plate-forme élévatrice plutôt quune rampe daccès pour accéder au restaurant. Le plaignant, M. T. Beeman, alléguait que la plate-forme était difficile à utiliser et attirait lattention des autres clients dune façon humiliante pour lutilisateur (il faut sonner une cloche pour appeler un(e) employé(e) qui actionne la plate-forme, par exemple). La Commission avait trouvé la plainte justifiée. Les pourparlers nayant pas réussi à régler le problème, la Commission avait renvoyé la plainte à larbitrage. Le ministre de la Justice nomma Dans sa décision, M. Riedel se dit daccord avec la position avancée par la Commission des droits de la personne et divers groupes intervenants selon laquelle lemploi dune plate-forme élévatrice est une forme de discrimination envers les personnes handicapées. « À mon avis, un élément crucial de la confiance en soi et de la dignité dune personne dont la mobilité est réduite est la capacité de faire les choses elle-même sans aide ou avec le moins de restrictions possible. » M. Riedel ajoute que dans la plupart des cas, « les plates-formes élévatrices ne satisfont pas adéquatement aux critères de dignité des personnes dont la mobilité est réduite parce quelles font inutilement obstacle à une mobilité ininterrompue et parfois autonome » M. Riedel conclut malgré tout que la construction dune rampe daccès constituerait une charge onéreuse. Il nordonna pas de rénovations, notant que les importantes modifications structurelles requises seraient extrêmement perturbatrices pour le propriétaire et dautres parties. Cette décision établit plusieurs importants principes relatifs aux droits de la personne. Larbitre conclut que dans les cas où laccès de plain-pied nest pas possible, la loi exige quil y ait une rampe daccès convenablement construite. Les plates-formes ne sont acceptables que dans des circonstances très limitées. De plus, bien que le Code du bâtiment du Manitoba donne plus de latitude dans lusage des plates-formes, ce sont les dispositions du Code des droits de la personne qui prévalent. La simple conformité au Code du bâtiment ne suffit pas pour satisfaire aux obligations en matière daccès. Selon Ken Filkow, président de la Commission des droits de la personne du Manitoba, cette décision est dune importance fondamentale. « Leffet de la décision est que les entreprises doivent permettre à leurs clients davoir accès à leurs locaux avec dignité », fit-il remarquer. « Là où laccès de plain-pied nest pas possible, il faut avoir recours à une rampe daccès ou à un ascenseur, et nutiliser une plate-forme élévatrice que si les autres moyens ne sont vraiment pas réalisables. La décision montre quil faut prévoir un accès universel dès le début dans les plans de construction et de rénovation. » La Manitoba League of Persons with Disabilities, lAssociation canadienne des paraplégiques et People in Equal Participation Inc. ont eu qualité dintervenants dans la cause. Il y a quelques années, la Commission a publié une série de Bulletins Accès. Compte tenu de la décision, la Commission se propose de faire une mise à jour de ces publications et de collaborer avec divers groupes communautaires pour faire circuler linformation appropriée aux architectes et aux concepteurs, à tous les demandeurs de permis de construire au Manitoba, de même quaux autres organismes concernés. |
La Commission, le Winnipeg Press Club et lAssociation déducation juridique communautaire commanditent chaque année un prix dexcellence pour un reportage relatif aux droits de la personne. Ce concours est ouvert à tous, quils soumettent un article imprimé ou un reportage audio ou vidéo. Les seules conditions sont que lauteur doit être un ou une journaliste manitobain(e) et que la pièce en question doit avoir été publiée ou diffusée au Manitoba entre le 7 octobre 1996 et le 6 octobre 1997. Le reportage doit traiter dune question reliée aux droits de la personne. Les reportages soumis seront évalués en fonction de leur excellence journalistique et de leur rapport avec les droits de la personne. La décision sera prise par un jury.
Pour de plus amples renseignements, veuillez vous adresser à Rich Ludwick, agent des droits de la personne à la Commission des droits de la personne du Manitoba, au (204) 945-3007.
Tous les vidéos de la bibliothèque de la Commission peuvent être empruntés, et ce service est gratuit. Il est aussi possible demprunter des publications. Nous avons plusieurs vidéos sur les droits de la personne qui font réfléchir et provoquent la discussion. Certains des vidéos les plus en demande traitent de harcèlement sexuel et de sujets connexes. Venez voir, vous voudrez les voir!
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Discrimination in the Workplace Canada Law Book. Ce vidéo contient des exemples authentiques de discrimination et de harcèlement sexuel au travail, y compris de discrimination fondée sur lâge, la race, la religion, un handicap et lorientation sexuelle. Trade Secrets: Blue Collar Women Speak Out Sephanie Antolacy et G. Gerzon. Excellent vidéo pour les femmes qui font lapprentissage dun emploi en technologie ou dun métier manuel et pour les journées « carrières » dans les écoles secondaires, de même que pour un public plus général dhommes et de femmes daffaires. Quatre femmes révèlent comment leur vie a changé après quelles aient choisi un métier traditionnellement réservé aux hommes. Call Me Sister, Call Me Brother Travailleurs canadiens de lautomobile, Barna-Alpha Productions. Ce vidéo jette un regard pénétrant sur le harcèlement racial et sexuel dans les usines, montrant leffet du harcèlement et examinant différentes mesures et démarches pour lutter contre ce problème. Pour public averti seulement, comme les exemples de comportements et de commentaires discriminatoires sont assez crus. |
Sexual Harassment and Self-Esteem: Face Up To Harassment Rozanne Perlmutter. Vidéo conçu spécialement pour les élèves du secondaire. Un groupe délèves de 11e et 12e année y discutent de harcèlement sexuel dans leur école. Excellent vidéo pour provoquer une discussion dans une classe du secondaire. Taking Action Programme de Petro-Canada sur le harcèlement sexuel. Narration par Peter Gzowski. Ce vidéo examine le harcèlement sexuel en milieu de travail et montre des femmes qui occupent des emplois traditionnels et non traditionnels. Les sous-titres codés ne sont visibles quavec un décodeur, qui nest pas fourni par la biliothèque. Lemprunteur doit rapporter le vidéo en bon état pour la date déchéance. Il existe une liste complète des vidéos anglais et français dont nous disposons. Nous avons en outre des publications (feuillets de renseignements, brochures et livrets) qui traitent de harcèlement sexuel et de questions connexes. Vous pouvez aussi emprunter ces publications, sans frais. Veuillez communiquer avec la Commission pour avoir de plus amples renseignements. |
La Commission des droits de la personne du Manitoba offre de nombreux services gratuits et confidentiels. Vous navez quà communiquer avec nous. Voici quelques-uns de nos services :
Ce bulletin paraît quatre fois par année. Il a pour objet de renseigner la population sur les lois, les principes et les procédures qui se rapportent aux droits de la personne. Nous invitons vos commentaires. Veuillez envoyer vos lettres à la Rédaction à notre bureau à Winnipeg. Vous pouvez obtenir des exemplaires additionnels de ce bulletin sur demande.