Conservation des habitats

La Direction de la faune et de la pêche protège et gère les habitats sur les terres domaniales désignées comme zones de gestion de la faune.  Les zones de gestion de la faune conservent la biodiversité et contribuent au réseau des zones protégées, du Manitoba, tout en offrant des possibilités pour la chasse, le piégeage, l’observation de la faune et l’interprétation. 

Les zones de conservation spéciales protègent les habitats essentiels des espèces en voie de disparition – comme le pluvier siffleur – contre les perturbations durant la saison de nidification et de soins à la couvée. La Direction encourage aussi la conservation de l’habitat essentiel de la faune sur les terrains privés, au moyen de diverses initiatives. Par ailleurs, elle coopère avec d’autres organismes de conservation, comme la Société protectrice du patrimoine écologique du Manitoba, Conservation de la nature Canada et Canards Illimités Canada, ainsi qu’avec d’autres partenaires.

Habitat essentiel

La prairie mixte a déjà recouvert environ 24 millions d'hectares au Canada, de l'Alberta au sud-ouest du Manitoba.

La prairie mixte se trouve dans des secteurs où les précipitations varient entre 25 et 50 cm par an et où les sols sont sablonneux ou bien drainés. Les espèces typiques comprennent des herbes comme le schizachyrium à balais (Schizachyrium scoparium), la stipe comateuse (Hesperostipa comata) et le boutelou gracieux (Bouteloua gracilis), et des fleurs sauvages comme l'anémone de prairie (Anemone patens), le liatris ponctué (Liatris punctuata) et le lis de Philadelphie (Lilium philadelphicum). Les espèces à risque de la prairie mixte comprennent : le cypripède blanc (Cypripedium candidum); le bruant de Baird (Ammodramus bairdii); la chevêche des terriers (Athene cunicularia); la pie-grièche migratrice (Lanius ludovicanus); la buse rouilleuse (Buteo regalis).

De nos jours, il reste moins de 25 % de prairie mixte au Canada, habituellement dans des secteurs impropres à l'agriculture.

Pourquoi la protéger?

Les raisons de protéger la prairie mixte indigène sont nombreuses et variées. Elle abrite une grande diversité de faune et de flore. Certaines espèces y prolifèrent, d'autres sont plus rares. Des espèces comme le tétras à queue fine et le cerf de Virginie sont fréquemment observées, mais il faut avoir bien de la chance pour tomber sur un cypripède blanc et une chevêche des terriers. La prairie indigène et les espèces qu'elle abrite sont souvent utiles sur le plan économique et scientifique. Nul ne sait quelle valeur recèlent ces espèces comme cultures d'avenir, médicaments ou autres produits. La prairie mixte indigène est un musée vivant débordant de beauté et de possibilités inexploitées, un patrimoine naturel riche pour tous les Manitobains.

Projet d'intendance de la prairie mixte

Le Projet d'intendance de la prairie mixte, qui relève du Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune, favorise les activités agricoles et la gestion de la prairie qui intègrent l'intendance judicieuse des terres et la conservation de la biodiversité. Ce projet sensibilise les propriétaires fonciers à la valeur des prairies indigènes et oriente les activités d'intendance et de gestion à venir en fournissant des données d'inventaire pour mieux axer les efforts de conservation. Le Projet élabore, surveille et évalue des techniques de gestion durable de la prairie telles que le pâturage planifié, le brûlage, le fauchage et la lutte contre les espèces envahissantes.

Inventaire de la prairie mixte

Le Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune s'est également lancé dans un projet d'inventaire afin de recenser et de classer les secteurs de prairie mixte qui restent au Manitoba.
Les secteurs reçoivent une cote variant de A à D. Une cote d'au moins « C » est le signe d'une communauté de bonne qualité pouvant s'améliorer avec le temps. Une cote « D » signale la nécessité d'un grand effort de gestion pour améliorer la situation.

De 1989 à 2016, 199 000 ha ont été inventoriés, dont environ 60 % ont été jugés en bonne condition en ayant obtenu au moins une cote « C ». Quatre menaces sérieuses à la prairie mixte au Manitoba ont été établies : l'agriculture, le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), l'invasion d'espèces exotiques et une gestion du pâturage inappropriée.

Prairie à herbes hautes du Manitoba

Le Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune se déroule dans l'aire de conservation des hautes herbes des prairies, au sud-est du Manitoba. C'est là que se trouve la plus grande communauté de prairies à herbes hautes intactes de la province, qui abrite plusieurs espèces menacées et en voie de disparition. En partenariat avec divers organismes, le comité de gestion de l'aire de conservation des hautes herbes des prairies élabore un programme de travail annuel qui oriente les efforts de gestion dans le secteur. L'objectif de ce projet est que le travail de gestion parvienne à maintenir la viabilité de l'écosystème, en s'appuyant sur la surveillance, et que le programme de surveillance assure le suivi des répercussions de toutes les menaces importantes pour les espèces en péril, à l'échelle locale et à l'échelle du paysage.

Aire de conservation des hautes herbes des prairies du Manitoba

Avant l'arrivée des colons européens, la vallée de la rivière Rouge, dans le centre-sud du Manitoba, était une vaste prairie à herbes hautes, un écosystème complexe abritant une étonnante diversité d'herbes, de fleurs et d'animaux. Dominé par des herbes atteignant plus de deux mètres de hauteur, ce type de prairie était le plus productif en Amérique du Nord. Mais c'est la richesse même de la prairie à herbes hautes qui a causé sa perte, car les colons ont vite fait de transformer son sol profond et fertile de la couleur du charbon. Les cultures céréalières et fourragères ont depuis remplacé les orchidées, les lis et les herbes qui abondaient. La prairie à herbes hautes du Manitoba ne couvre aujourd'hui qu'une infime fraction (même pas 1 %) des 6 000 kilomètres carrés d'antan.

En 1987, soit plusieurs années après que le Programme biologique international s'est mis en quête des aires naturelles, Nature Manitoba (ex-Société des naturalistes du Manitoba) a entrepris un relevé systématique de tout ce qui reste de ce paysage magnifique. Parmi les rares sites qu'on a découverts, beaucoup ne couvraient même pas un hectare. Les plus grandes étendues de prairie à herbes hautes se trouvaient à proximité des localités de Tolstoi et de Gardenton, au sud-est du Manitoba. En 1989, les responsables du Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune, un programme coopératif regroupant sept organismes de conservation, ont commencé à acquérir des terres dans le secteur de Tolstoi et de Gardenton en vue de la création d'une aire de conservation. Aujourd'hui, l'aire de conservation des hautes herbes des prairies compte plus de 5 800 hectares.

Comme bien des prairies subsistantes, les terres à l'intérieur de l'aire de conservation des hautes herbes des prairies du Manitoba ont échappé à la destruction parce qu'elles étaient trop difficiles à labourer. Les gros rochers, les tremblaies et les marais profonds qui s'y trouvent ont empêché les premiers colons de retourner le sol, assurant ainsi la survie des espèces animales et végétales de cet écosystème. Aujourd'hui, le secteur compte plus de 460 espèces de fleurs, d'herbes, d'arbustes et d'arbres ainsi que diverses espèces animales allant des papillons, des grenouilles et des oiseaux chanteurs aux campagnols, aux cerfs, et même aux ours de passage.

Des premières pousses d'avril au gel meurtrier d'octobre, l'aire de conservation est en constante métamorphose, ses couleurs, ses contours et ses odeurs changeant semaine après semaine. Les signes de vie abondent dans le secteur avant même la fonte des neiges. On commence par entendre le chant des amours de la rainette faux-grillon boréale dans les étangs herbeux, puis le trille d'une sturnelle de l'Ouest annonce officiellement que le printemps est là pour rester. Au milieu des tiges brunâtres de l'année précédente, on voit poindre les premières pousses d'un vert tendre, au grand plaisir de ceux qui s'y attardent. Les fleurs délicates de l'hypoxie hirsute et de la violette à éperon crochu apparaissent peu après, suivies de fleurs de toutes teintes et couleurs imaginables. Les fleurs du zizia doré, de la benoîte à trois fleurs, de la bermudienne et du polygala de Virgine, aux vertus médicinales, tapissent le paysage. En mai, les fleurs en forme de mocassin du cypripède blanc, une espèce en voie de disparition, font une brève apparition dans toute cette verdure, pour faire place peu après à d'autres plantes dans une succession incessante de couleurs.

Des oiseaux de toutes sortes volent au-dessus de l'aire de conservation. Plus de 120 espèces nichent dans ses criques et ses recoins. Le cri vibrant d'une grue du Canada qui niche s'entend de loin, tandis que seuls les plus attentifs remarqueront le léger toc-toc produit par le râle jaune.

En juillet, les rares et gracieuses habénaires blanchâtres entrent en floraison. Les dalées violettes et blanches parent la prairie de couleurs contrastantes, tout en enrichissant le sol de nutriments. Les fleurs composites, comme la marguerite jaune et la verge d'or jonciforme, commencent à se mettre en valeur. La vue de la prairie indigène quand la floraison est à son zénith est une expérience inoubliable. C'est à ce moment qu'on peut observer la plus grande diversité de papillons, au moins 20 variétés les bons jours, dont l'hespérie de Poweshiek, une espèce qu'on ne trouve que dans la réserve au Canada.

En août, la prairie s'illumine de vastes étendues de foin d'odeur doré, de spartine pectinée et de barbons de Gérard. De rares orchidées sont dissimulées parmi les herbes. La spiranthe de Romanzoff fleurit au début d'août, la spiranthe des Grandes Plaines quelques semaines plus tard. La floraison des gentianes marque le début de l'automne, qui se prolonge jusqu'à la floraison de la gentiane d'Andrews, l'un des derniers sursauts colorés de la prairie avant les grands gels. Les papillons monarques entreprendront bientôt leur migration automnale vers le sud des États-Unis et le Mexique, signalant la fin d'une autre saison magique dans la prairie.

Espèces en voie de disparition

Comme la prairie à herbes hautes est un écosystème en voie de disparition, certaines des plantes et des animaux qu'elle abrite sont également rares.

La platanthère blanchâtre de l'Ouest (Platanthera praeclara) est une espèce d'orchidée en voie de disparition présente dans le bloc nord de l'aire de conservation. Elle pousse dans les prairies indigènes qui restent et les prés humides aux États-Unis et au Canada. Le nombre de fleurs varie de moins de 4 000 à plus de 9 000 selon les années. Fait remarquable : cette plante ne pousse nulle part ailleurs au Canada. La platanthère blanchâtre de l'Ouest est une plante vivace rustique ayant une longue durée de vie pouvant atteindre 25 cm ou plus. Elle produit des fleurs disposées en grappes dont la couleur varie de blanc à blanc crème, qui sont dotées d'un pétale inférieur délicatement frangé. La floraison commence habituellement au début juillet et se poursuit pendant trois semaines. Le sphinx, un papillon de nuit, joue un rôle important dans la pollinisation de ces orchidées. Leur survie requiert aussi la présence de la mycorhize, un champignon partenaire qui en assure la germination, et qui est facilement détruit lorsqu'on déterre la plante.

Le cypripède blanc (Cypripedium candidum) est une espèce d'orchidées en voie de disparition que l'on trouve dans les prés humides du bloc sud de l'aire de conservation. Il n'y en a pas plus de quelques milliers. Le cypripède blanc pousse en grappes et sa courte floraison se produit à la fin mai ou au début juin. Le cypripède blanc ne peut se reproduire sans la présence d'un champignon partenaire et les plantes matures ne peuvent survivre sans la présence d'un champignon symbiotique dans son système racinaire.

Comme le cypripède blanc et la platanthère blanchâtre de l'Ouest sont protégés en vertu de la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition, il est interdit de cueillir ces plantes ou de creuser ou remuer le sol à proximité. L'aire de conservation a été créée pour protéger et préserver les espèces indigènes qui s'y trouvent et les visiteurs sont priés de ne pas creuser le sol ou de prendre les espèces végétales et animales qui s'y trouvent.

Gestion

Pour maintenir une prairie en santé, il faut plus que la protéger. Les prairies à l'abandon ou mal gérées sont souvent envahies par des arbres et des arbustes indigènes ou par des herbes exotiques. Même des herbes indigènes de secteurs laissés à l'abandon ou ayant été soumis à un pâturage intensif peuvent croître au point d'envahir les espèces recherchées et réduire ainsi la diversité de la communauté. Jadis, les prairies se transformaient sous l'action du feu, de la sécheresse et du pâturage des mammifères et des insectes, entre les périodes saisonnières de repos. Avant que les colons ne défrichent les champs et ne labourent des coupe-feux, le « bison rouge », pour reprendre l'expression des Indiens des Plaines pour désigner les feux de broussaille, se propageait d'un horizon à l'autre. Pour la prairie à herbes hautes, ces feux étaient loin d'être une force destructrice. Ils constituaient au contraire un élément important de l'écologie de la prairie. Le feu brûlait les végétaux morts et en décomposition, ramenait les nutriments dans le sol et permettait au soleil de chauffer la terre au début du printemps. Le feu ralentissait aussi la croissance des arbres et des arbustes qui envahissaient la prairie. Les plantes de la prairie, qui puisent une bonne partie de leur énergie dans leurs systèmes racinaires souterrains, étaient mieux adaptées au feu que les envahisseurs, dont la source d'énergie est au-dessus du sol.

Journée des prairies : des activités pour tous les goûts

La Journée des prairies a lieu chaque deuxième samedi du mois d'août sur le sentier d'interprétation Prairie Shore, situé à trois kilomètres à l'est de Tolstoi, sur la route provinciale secondaire no 209.

Durant la journée, des botanistes, des observateurs d'oiseaux et des ornithologues mettent eu lumière les espèces uniques de plantes et d'animaux qui ont su s'adapter au climat extrême de la prairie. Des promenades guidées permettent de découvrir l'histoire de l'aire de conservation et d'apprendre à reconnaître un grand nombre des variétés de fleurs sauvages en pleine floraison. Les visiteurs peuvent aussi participer à diverses activités amusantes telles que le maquillage du visage et une chasse au trésor.

Le prix d'entrée pour les adultes est fixé à 5 $ pour la journée. L'entrée est gratuite pour les enfants. Les activités se déroulent de 10 h à 15 h 30. Une cantine est ouverte de 10 h 30 à 15 h. Un repas préparé au barbecue est servi de 11 h 30 à 14 h. À noter que seul le paiement en espèces est accepté pendant toute la journée. Le site est équipé de tables de pique-nique et de toilettes rudimentaires.

Les participants sont invités à apporter une chaise de jardin et à se munir d'écran solaire et de chasse-moustiques. Il est conseillé également d'apporter une paire de bottes en caoutchouc ou de souliers de rechange, car il peut y avoir de l'eau sur le sentier. Les activités de la Journée des prairies se déroulent même par temps de pluie.

Pour tout autre renseignement, communiquer avec le personnel de l'aire de conservation des hautes herbes des prairies au 204 425-3229 (de la mi-mai à la mi-septembre) ou à tgpphq@mymts.net (toute l'année).

Le Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune est une initiative à frais partagés à laquelle participent Développement durable Manitoba (Direction de la faune et de la pêche), la Société protectrice du patrimoine écologique du Manitoba et bien d'autres organismes concernés en fonction des projets. Le Programme d'intendance de l'habitat pour les espèces en péril du gouvernement fédéral fournit également du financement.

Le Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune a pour but de répertorier, de conserver et de gérer les zones de prairie indigène restantes ainsi que les espèces rares et en voie de disparition que ces habitats abritent.

 

Prairie mixte au Manitoba

La prairie mixte a déjà recouvert environ 24 millions d'hectares au Canada, de l'Alberta au sud-ouest du Manitoba.

La prairie mixte se trouve dans des secteurs où les précipitations varient entre 25 et 50 cm par an et où les sols sont sablonneux ou bien drainés. Les espèces typiques comprennent des herbes comme le schizachyrium à balais (Schizachyrium scoparium), la stipe comateuse(Hesperostipa comata) et le boutelou gracieux (Bouteloua gracilis), et des fleurs sauvages comme l'anémone de prairie (Anemone patens), le liatris ponctué (Liatris punctuata) et le lis de Philadelphie (Lilium philadelphicum). Les espèces à risque de la prairie mixte comprennent : le cypripède blanc (Cypripedium candidum); le bruant de Baird (Ammodramus bairdii); la chevêche des terriers (Athene cunicularia); la pie-grièche migratrice (Lanius ludovicanus); la buse rouilleuse (Buteo regalis).

De nos jours, il reste moins de 25 % de prairie mixte au Canada, habituellement dans des secteurs impropres à l'agriculture.

Pourquoi la protéger?

Les raisons de protéger la prairie mixte indigène sont nombreuses et variées. Elle abrite une grande diversité de faune et de flore. Certaines espèces y prolifèrent, d'autres sont plus rares. Des espèces comme le tétras à queue fine et le cerf de Virginie sont fréquemment observées, mais il faut avoir bien de la chance pour tomber sur un cypripède blanc et une chevêche des terriers. La prairie indigène et les espèces qu'elle abrite sont souvent utiles sur le plan économique et scientifique. Nul ne sait quelle valeur recèlent ces espèces comme cultures d'avenir, médicaments ou autres produits. La prairie mixte indigène est un musée vivant débordant de beauté et de possibilités inexploitées, un patrimoine naturel riche pour tous les Manitobains.

Intendance de la prairie mixte

Le Projet d'intendance de la prairie mixte, qui relève du Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune, favorise les activités agricoles et la gestion de la prairie qui intègrent l'intendance judicieuse des terres et la conservation de la biodiversité. Ce projet sensibilise les propriétaires fonciers à la valeur des prairies indigènes et oriente les activités d'intendance et de gestion à venir en fournissant des données d'inventaire pour mieux axer les efforts de conservation. Le Projet élabore, surveille et évalue des techniques de gestion durable de la prairie telles que le pâturage planifié, le brûlage, le fauchage et la lutte contre les espèces envahissantes.

Inventaire de la prairie mixte

Le Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune s'est également lancé dans un projet d'inventaire (lien vers la nouvelle carte appelée Projet d'inventaire de la prairie mixte) afin de recenser et de classer les secteurs de prairie mixte qui restent au Manitoba.

Les secteurs reçoivent une cote variant de A à D. Une cote d'au moins « C » est le signe d'une communauté de bonne qualité pouvant s'améliorer avec le temps. Une cote « D » signale la nécessité d'un grand effort de gestion pour améliorer la situation.

De 1989 à 2016, 199 000 ha ont été inventoriés, dont environ 60 % ont été jugés en bonne condition en ayant obtenu au moins une cote « C ». Quatre menaces sérieuses à la prairie mixte au Manitoba ont été établies : l'agriculture, le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), l'invasion d'espèces exotiques et une gestion du pâturage inappropriée.

La prairie mixte a déjà recouvert environ 24 millions d'hectares au Canada, de l'Alberta au sud-ouest du Manitoba.

La prairie mixte se trouve dans des secteurs où les précipitations varient entre 25 et 50 cm par an et où les sols sont sablonneux ou bien drainés. Les espèces typiques comprennent des herbes comme le schizachyrium à balais (Schizachyrium scoparium), la stipe comateuse(Hesperostipa comata) et le boutelou gracieux (Bouteloua gracilis), et des fleurs sauvages comme l'anémone de prairie (Anemone patens), le liatris ponctué (Liatris punctuata) et le lis de Philadelphie (Lilium philadelphicum). Les espèces à risque de la prairie mixte comprennent : le cypripède blanc (Cypripedium candidum); le bruant de Baird (Ammodramus bairdii); la chevêche des terriers (Athene cunicularia); la pie-grièche migratrice (Lanius ludovicanus); la buse rouilleuse (Buteo regalis).

De nos jours, il reste moins de 25 % de prairie mixte au Canada, habituellement dans des secteurs impropres à l'agriculture

Pourquoi la protéger?

Les raisons de protéger la prairie mixte indigène sont nombreuses et variées. Elle abrite une grande diversité de faune et de flore. Certaines espèces y prolifèrent, d'autres sont plus rares. Des espèces comme le tétras à queue fine et le cerf de Virginie sont fréquemment observées, mais il faut avoir bien de la chance pour tomber sur un pieblanc et une chevêche des terriers. La prairie indigène et les espèces qu'elle abrite sont souvent utiles sur le plan économique et scientifique. Nul ne sait quelle valeur recèlent ces espèces comme cultures d'avenir, médicaments ou autres produits. La prairie mixte indigène est un musée vivant débordant de beauté et de possibilités inexploitées, un patrimoine naturel riche pour tous les Manitobains.

Projet d'intendance de la prairie mixte

Le Projet d'intendance de la prairie mixte, qui relève du Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune, favorise les activités agricoles et la gestion de la prairie qui intègrent l'intendance judicieuse des terres et la conservation de la biodiversité. Ce projet sensibilise les propriétaires fonciers à la valeur des prairies indigènes et oriente les activités d'intendance et de gestion à venir en fournissant des données d'inventaire pour mieux axer les efforts de conservation. Le Projet élabore, surveille et évalue des techniques de gestion durable de la prairie telles que le pâturage planifié, le brûlage, le fauchage et la lutte contre les espèces envahissantes.

Inventaire de la prairie mixte

Le Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune s'est également lancé dans un projet d'inventaire (lien vers la nouvelle carte appelée Projet d'inventaire de la prairie mixte) afin de recenser et de classer les secteurs de prairie mixte qui restent au Manitoba.

Les secteurs reçoivent une cote variant de A à D. Une cote d'au moins « C » est le signe d'une communauté de bonne qualité pouvant s'améliorer avec le temps. Une cote « D » signale la nécessité d'un grand effort de gestion pour améliorer la situation.

De 1989 à 2016, 199 000 ha ont été inventoriés, dont environ 60 % ont été jugés en bonne condition en ayant obtenu au moins une cote « C ». Quatre menaces sérieuses à la prairie mixte au Manitoba ont été établies : l'agriculture, le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), l'invasion d'espèces exotiques et une gestion du pâturage inappropriée.

Zones de conservation spéciales

Les zones de conservation spéciales sont désignées dans le but de protéger des espèces uniques durant les périodes critiques de l'année. Il y a six zones de conservation spéciales au Manitoba :

  • Walter Cook (163 ha)
  • Baie Clandeboye (176 ha)
  • Grand Marais (12 ha)
  • Sandy Bar (18 ha)
  • Churchill (35 823 ha)
  • Barrage-écluse de St. Andrews

La désignation de la zone de conservation spéciale de Churchill a pour but de protéger les nids de la mouette rosée. La zone de conservation spéciale du barrage-écluse de St. Andrews vise à protéger les pélicans d'Amérique en évitant qu'ils ne soient accrochés par un hameçon ou entravés par une ligne de pêche. La désignation des quatre autres zones de conservation spéciales a pour but de protéger les pluviers siffleurs qui y nichent. Les zones de conservation spéciales sur lesquelles sont installés des panneaux portant la mention « Entrée interdite » sont strictement interdites au public. L'utilisation de véhicules à caractère non routier est interdite dans la zone de conservation spéciale Walter Cook du 24 avril au 5 août. Les véhicules à caractère non routier sont interdits dans les zones de conservation spéciales de Grand Marais et de Sandy Bar du 1er avril au 15 septembre.

Prairie à herbes hautes du Manitoba

Ce projet se déroule dans le secteur de l'aire de conservation des hautes herbes des prairies, au sud-est du Manitoba. C'est là que se trouve la plus grande communauté de prairies à herbes hautes intactes de la province, qui abrite plusieurs espèces menacées et en voie de disparition. En partenariat avec divers organismes, le comité de gestion de l'aire de conservation des hautes herbes des prairies élabore un programme de travail annuel qui oriente les efforts de gestion dans le secteur. L'objectif de ce projet est que le travail de gestion parvienne à maintenir la viabilité de l'écosystème, en s'appuyant sur la surveillance, et que le programme de surveillance assure le suivi des répercussions de toutes les menaces importantes pour les espèces en péril, à l'échelle locale et à l'échelle du paysage.

Aire de conservation des hautes herbes des prairies du Manitoba

Avant l'arrivée des colons européens, la vallée de la rivière Rouge, dans le centre-sud du Manitoba, était une vaste prairie à herbes hautes, un écosystème complexe abritant une étonnante diversité d'herbes, de fleurs et d'animaux. Dominé par des herbes atteignant plus de deux mètres de hauteur, ce type de prairie était le plus productif en Amérique du Nord. Mais c'est la richesse même de la prairie à herbes hautes qui a causé sa perte, car les colons ont vite fait de transformer son sol profond et fertile de la couleur du charbon. Les cultures céréalières et fourragères ont depuis remplacé les orchidées, les lis et les herbes qui abondaient. La prairie à herbes hautes du Manitoba ne couvre aujourd'hui qu'une infime fraction (même pas 1 %) des 6 000 kilomètres carrés d'antan.

En 1987, soit plusieurs années après que le Programme biologique international s'est mis en quête des aires naturelles, Nature Manitoba (ex-Société des naturalistes du Manitoba) a entrepris un relevé systématique de tout ce qui reste de ce paysage magnifique. Parmi les rares sites qu'on a découverts, beaucoup ne couvraient même pas un hectare. Les plus grandes étendues de prairie à herbes hautes se trouvaient à proximité des localités de Tolstoi et de Gardenton, au sud-est du Manitoba. En 1989, les responsables du Programme de protection de l'habitat essentiel de la faune, un programme coopératif regroupant sept organismes de conservation, ont commencé à acquérir des terres dans le secteur de Tolstoi et de Gardenton en vue de la création d'une aire de conservation. Aujourd'hui, l'aire de conservation des hautes herbes des prairies compte plus de 5 800 hectares.

Comme bien des prairies subsistantes, les terres à l'intérieur de l'aire de conservation des hautes herbes des prairies du Manitoba ont échappé à la destruction parce qu'elles étaient trop difficiles à labourer. Les gros rochers, les tremblaies et les marais profonds qui s'y trouvent ont empêché les premiers colons de retourner le sol, assurant ainsi la survie des espèces animales et végétales de cet écosystème. Aujourd'hui, le secteur compte plus de 460 espèces de fleurs, d'herbes, d'arbustes et d'arbres ainsi que diverses espèces animales allant des papillons, des grenouilles et des oiseaux chanteurs aux campagnols, aux cerfs, et même aux ours de passage.

Des premières pousses d'avril au gel meurtrier d'octobre, l'aire de conservation est en constante métamorphose, ses couleurs, ses contours et ses odeurs changeant semaine après semaine. Les signes de vie abondent dans le secteur avant même la fonte des neiges. On commence par entendre le chant des amours de la rainette faux-grillon boréale dans les étangs herbeux, puis le trille d'une sturnelle de l'Ouest annonce officiellement que le printemps est là pour rester. Au milieu des tiges brunâtres de l'année précédente, on voit poindre les premières pousses d'un vert tendre, au grand plaisir de ceux qui s'y attardent. Les fleurs délicates de l'hypoxie hirsute et de la violette à éperon crochu apparaissent peu après, suivies de fleurs de toutes teintes et couleurs imaginables. Les fleurs du zizia doré, de la benoîte à trois fleurs, de la bermudienne et du polygala de Virgine, aux vertus médicinales, tapissent le paysage. En mai, les fleurs en forme de mocassin du cypripède blanc, une espèce en voie de disparition, font une brève apparition dans toute cette verdure, pour faire place peu après à d'autres plantes dans une succession incessante de couleurs.

Des oiseaux de toutes sortes volent au-dessus de l'aire de conservation. Plus de 120 espèces nichent dans ses criques et ses recoins. Le cri vibrant d'une grue du Canada qui niche s'entend de loin, tandis que seuls les plus attentifs remarqueront le léger toc-toc produit par le râle jaune.

En juillet, les rares et gracieuses habénaires blanchâtres entrent en floraison. Les dalées violettes et blanches parent la prairie de couleurs contrastantes, tout en enrichissant le sol de nutriments. Les fleurs composites, comme la marguerite jaune et la verge d'or jonciforme, commencent à se mettre en valeur. La vue de la prairie indigène quand la floraison est à son zénith est une expérience inoubliable. C'est à ce moment qu'on peut observer la plus grande diversité de papillons, au moins 20 variétés les bons jours, dont l'hespérie de Poweshiek, une espèce qu'on ne trouve que dans la réserve au Canada.

En août, la prairie s'illumine de vastes étendues de foin d'odeur doré, de spartine pectinée et de barbons de Gérard. De rares orchidées sont dissimulées parmi les herbes. La spiranthe de Romanzoff fleurit au début d'août, la spiranthe des Grandes Plaines quelques semaines plus tard. La floraison des gentianes marque le début de l'automne, qui se prolonge jusqu'à la floraison de la gentiane d'Andrews, l'un des derniers sursauts colorés de la prairie avant les grands gels. Les papillons monarques entreprendront bientôt leur migration automnale vers le sud des États-Unis et le Mexique, signalant la fin d'une autre saison magique dans la prairie.

Espèces en voie de disparition

Comme la prairie à herbes hautes est un écosystème en voie de disparition, certaines des plantes et des animaux qu'elle abrite sont également rares.

La platanthère blanchâtre de l'Ouest (Platanthera praeclara) est une espèce d'orchidée en voie de disparition présente dans le bloc nord de l'aire de conservation. Elle pousse dans les prairies indigènes qui restent et les prés humides aux États-Unis et au Canada. Le nombre de fleurs varie de moins de 4 000 à plus de 9 000 selon les années. Fait remarquable : cette plante ne pousse nulle part ailleurs au Canada. La platanthère blanchâtre de l'Ouest est une plante vivace rustique ayant une longue durée de vie pouvant atteindre 25 cm ou plus. Elle produit des fleurs disposées en grappes dont la couleur varie de blanc à blanc crème, qui sont dotées d'un pétale inférieur délicatement frangé. La floraison commence habituellement au début juillet et se poursuit pendant trois semaines. Le sphinx, un papillon de nuit, joue un rôle important dans la pollinisation de ces orchidées. Leur survie requiert aussi la présence de la mycorhize, un champignon partenaire qui en assure la germination, et qui est facilement détruit lorsqu'on déterre la plante.

Le cypripède blanc (Cypripedium candidum) est une espèce d'orchidées en voie de disparition que l'on trouve dans les prés humides du bloc sud de l'aire de conservation. Il n'y en a pas plus de quelques milliers. Le cypripède blanc pousse en grappes et sa courte floraison se produit à la fin mai ou au début juin. Le cypripède blanc ne peut se reproduire sans la présence d'un champignon partenaire et les plantes matures ne peuvent survivre sans la présence d'un champignon symbiotique dans son système racinaire.

Comme le cypripède blanc et la platanthère blanchâtre de l'Ouest sont protégés en vertu de la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition, il est interdit de cueillir ces plantes ou de creuser ou remuer le sol à proximité. L'aire de conservation a été créée pour protéger et préserver les espèces indigènes qui s'y trouvent et les visiteurs sont priés de ne pas creuser le sol ou de prendre les espèces végétales et animales qui s'y trouvent.

Gestion

Pour maintenir une prairie en santé, il faut plus que la protéger. Les prairies à l'abandon ou mal gérées sont souvent envahies par des arbres et des arbustes indigènes ou par des herbes exotiques. Même des herbes indigènes de secteurs laissés à l'abandon ou ayant été soumis à un pâturage intensif peuvent croître au point d'envahir les espèces recherchées et réduire ainsi la diversité de la communauté. Jadis, les prairies se transformaient sous l'action du feu, de la sécheresse et du pâturage des mammifères et des insectes, entre les périodes saisonnières de repos. Avant que les colons ne défrichent les champs et ne labourent des coupe-feux, le « bison rouge », pour reprendre l'expression des Indiens des Plaines pour désigner les feux de broussaille, se propageait d'un horizon à l'autre. Pour la prairie à herbes hautes, ces feux étaient loin d'être une force destructrice. Ils constituaient au contraire un élément important de l'écologie de la prairie. Le feu brûlait les végétaux morts et en décomposition, ramenait les nutriments dans le sol et permettait au soleil de chauffer la terre au début du printemps. Le feu ralentissait aussi la croissance des arbres et des arbustes qui envahissaient la prairie. Les plantes de la prairie, qui puisent une bonne partie de leur énergie dans leurs systèmes racinaires souterrains, étaient mieux adaptées au feu que les envahisseurs, dont la source d'énergie est au-dessus du sol.

Journée des prairies : des activités pour tous les goûts

La Journée des prairies a lieu chaque deuxième samedi du mois d'août sur le sentier d'interprétation Prairie Shore, situé à trois kilomètres à l'est de Tolstoi, sur la route provinciale secondaire no 209.

Durant la journée, des botanistes, des observateurs d'oiseaux et des ornithologues mettent eu lumière les espèces uniques de plantes et d'animaux qui ont su s'adapter au climat extrême de la prairie. Des promenades guidées permettent de découvrir l'histoire de l'aire de conservation et d'apprendre à reconnaître un grand nombre des variétés de fleurs sauvages en pleine floraison. Les visiteurs peuvent aussi participer à diverses activités amusantes telles que le maquillage du visage et une chasse au trésor.

Le prix d'entrée pour les adultes est fixé à 5 $ pour la journée. L'entrée est gratuite pour les enfants. Les activités se déroulent de 10 h à 15 h 30. Une cantine est ouverte de 10 h 30 à 15 h. Un repas préparé au barbecue est servi de 11 h 30 à 14 h. À noter que seul le paiement en espèces est accepté pendant toute la journée. Le site est équipé de tables de pique-nique et de toilettes rudimentaires.

N'oubliez pas votre chaise de jardin, votre écran solaire et votre chasse-moustiques. Il est conseillé également d'apporter une paire de bottes en caoutchouc ou de souliers de rechange, car il peut y avoir de l'eau sur le sentier. Les activités de la Journée des prairies se déroulent même par temps de pluie.

Pour tout autre renseignement, communiquer avec le personnel de l'aire de conservation des hautes herbes des prairies au 204 425-3229 (de la mi-mai à la mi-septembre) ou à tgpphq@mymts.net (toute l'année).