La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba

L’information qui suit présente les points saillants des démarches en cours, au Manitoba, en matière de gestion de la sécheresse. La Stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba fournit un cadre général et des stratégies d’intervention selon une approche intégrée afin de minimiser les effets de la sécheresse. Des renseignements à jour sur la disponibilité de l’eau et les conditions de sécheresse sont fournis ci-dessous, et la carte des indicateurs de sécheresse présente, de manière interactive, une gamme d’indicateurs de sécheresse.

En 2021, nous connaissons actuellement des conditions de sécheresse extrêmes dans une grande partie du sud du Manitoba. Veuillez consulter l’onglet Ressources et contacts ci-dessous pour obtenir des renseignements à jour sur les ressources et les programmes relatifs à la sécheresse.

Les agriculteurs cherchant des ressources sur la gestion des conditions sèches peuvent cliquer ici (page en anglais seulement).

Si vous souffrez de la sécheresse et avez besoin d’aide, veuillez écrire à drought@gov.mb.ca pour que l’on vous dirige vers des ressources et des appuis du gouvernement.

Stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba

La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba (en anglais seulement) fournit un cadre général et des stratégies d’intervention selon une approche intégrée, afin de minimiser les impacts environnementaux, sociaux et économiques de la sécheresse sur les résidents, l’économie et les ressources environnementales du Manitoba.

La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba présente un survol historique et actuel de la sécheresse dans les Prairies canadiennes. Elle définit des indicateurs scientifiques pour qualifier les conditions de sécheresse et présente des stratégies visant l’amélioration des communications, de la coordination et des mesures d’intervention lors d’une sécheresse, de même que pour améliorer la prévention des situations de sécheresse. Veuillez consulter la stratégie pour plus de détails.

La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba (en anglais seulement)
La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba (en anglais seulement)
Rapport sur la disponibilité

Le présent rapport sur la disponibilité des ressources en eau et les conditions de sécheresse fait le point sur les conditions enregistrées dans tout le Manitoba en août 2021. Même si les pluies récentes ont effectivement contribué à améliorer légèrement les conditions de sécheresse, il faudra que les précipitations demeurent supérieures à la normale dans les mois à venir pour résorber totalement la longue sécheresse.

  • Précipitations enregistrées au cours du mois dernier, des trois derniers mois et de la dernière année :
    • Au cours du mois d’août, les régions agricoles du Manitoba ont connu des précipitations supérieures à la normale (supérieur à 115 % de la médiane). Dans le Nord du Manitoba, les conditions ont généralement varié de modérées (de 60 à 85 %) à normales (de 85 à 115 %), avec des conditions extrêmement sèches (inférieur à 40 %) dans la région de The Pas.
    • Au cours des trois derniers mois (juin, juillet et août), la plupart des régions agricoles du Manitoba ont connu des conditions de sécheresse normales à modérées. Les conditions dans le nord du Manitoba ont aussi varié de normales à modérément sèches.
    • Au cours des douze derniers mois, les régions agricoles du Manitoba ont connu des conditions de sécheresse modérées à sévères (de 40 à 60 %). Les conditions dans le nord du Manitoba ont varié de modérément sèches à normales.
  • Au 30 août 2021, les débits de nombreuses rivières du sud du Manitoba revenaient à la normale (25e au 75e centile), tandis que d’autres restaient dans les catégories inférieur à la normale (10e au 25e centile) ou nettement inférieur à la normale (inférieur au 10e centile). Dans le nord du Manitoba, les débits et les niveaux ont en règle générale varié de normal à nettement supérieur à la normale (supérieur au 90e centile).
  • Les niveaux d’eau souterraine ont réagi positivement aux précipitations récentes dans le sud-ouest, le sud-est et la région d’Entre-les-Lacs. Même compte tenu d’une certaine recharge, les niveaux d’eau demeurent inférieurs à la normale ou nettement inférieurs à la normale dans les régions de Piney, de Steinbach, d’Anola et de Poplarfield. La surveillance des aquifères du delta de l’Assiniboine, de Glenora et de Winkler ainsi que de l’aquifère carbonaté de Selkirk a montré une réponse faible à inexistante aux précipitations. L’aquifère carbonaté à Steinbach et Anola a continué d’enregistrer de nouveaux records historiquement bas à la fin d’août. Dans certaines régions, en particulier dans celle d’Entre-les-Lacs, il est également signalé que des puits auparavant jaillissants ont maintenant des niveaux d’eau sous la surface du sol. Les aquifères sablonneux peu profonds ayant une étendue et des capacités de stockage de l’eau limitées pourraient ne pas répondre aux besoins actuels en eau. La demande de forage de nouveaux puits est élevée; une liste des foreurs de puits d’eau actuellement autorisés est accessible ici.  
  • Au 31 août 2021, l’Outil de surveillance des sécheresses au Canada montrait que les précipitations avaient contribué à améliorer légèrement les conditions, mais que les conditions de sécheresse persistaient néanmoins, la quasi-totalité des régions agricoles du Manitoba étant classées D3 (sécheresse extrême) ou D4 (sécheresse exceptionnelle). Les conditions de sécheresse se sont étendues vers le nord, laissant place à une situation anormalement sèche (D0) près de Thompson.
  • La plupart des réservoirs provinciaux d’approvisionnement en eau conservent un niveau supérieur à 80 % du niveau maximal, sauf le lac Minnewasta, le réservoir Stephenfield et le lac Jackson. Les structures provinciales de contrôle des eaux sont mises à profit pour atténuer les conditions de faible niveau d’eau et équilibrer les répercussions entre les divers intervenants. Certaines municipalités ont continué d’appliquer des restrictions (volontaires ou obligatoires) en matière de conservation de l’eau, y compris la coopérative Pembina Valley Water et ses municipalités membres.
  • L’humidité du sol s’est rapidement améliorée dans la quasi-totalité des régions agricoles du Manitoba, la couche supérieure de 30 cm du sol montrant des conditions variant d’optimale à humide, selon la capacité de rétention. Ces tendances sont également observées en profondeur, où l’humidité du sous-sol s’est aussi légèrement améliorée.
  • Les précipitations récentes ont quelque peu contribué à remplir les réserves en eau à la ferme dans certaines régions. Cependant, l’alimentation en eau pour les animaux d’élevage demeure préoccupante. Les éleveurs de bétail ont jusqu’au 1er octobre 2021 pour demander des fonds pour l’aménagement de sources d’eau dans le cadre du programme Ag Action Manitoba.
  • Les prairies de fauche et les pâturages ont verdi et les éleveurs de bétail gèrent actuellement les aires de repousse de manière à favoriser le pâturage d’automne.
  • Il y a actuellement une grave pénurie de fourrage dans toute la province. La plupart des céréales sont coupées pour le fourrage vert (les agriculteurs doivent communiquer avec la Société des services agricoles du Manitoba [SSAM] avant d’utiliser les cultures à d’autres fins). Le répertoire des distributeurs de foin du Manitoba est à la disposition des producteurs qui souhaitent acheter du foin ou qui ont un excédent de foin à vendre. Ces derniers sont invités à indiquer la marchandise qu’ils ont à vendre, le cas échéant. Voir la page consacrée à la sécheresse et aux conditions de sécheresse d’Agriculture et Développement des ressources Manitoba pour accéder à des ressources sur la gestion du bétail, du fourrage et des récoltes en période de sécheresse, et notamment aux aides financières disponibles, comme le programme Agri-relance annoncé récemment.
  • Le taux d’achèvement de la moisson dans l’ensemble des régions de la province a atteint 35 %. Les précipitations importantes sont arrivées trop tard pour les céréales, le canola et le lin. Certaines récoltes de soja, de pommes de terre, de maïs et de tournesol pourraient en bénéficier. Un temps plus doux, pluvieux et humide a retardé les opérations de récolte, ce qui réduira la qualité des surfaces céréalières non récoltées restantes.
  • La ligne d’assistance des Manitoba Farm, Rural and Northern Support Services (services de soutien à l’intention des agriculteurs et des résidents des régions rurales et du Nord) est accessible tous les jours 24 h sur 24 par les agriculteurs et les éleveurs qui font face à des crises et des situations stressantes : 1 866 367-3276
  • Au 3 septembre 2021, le risque d’incendie était faible dans tout le Manitoba. À ce jour, la Direction de la lutte contre les incendies échappés du Manitoba a pour l’année signalé 445 incendies échappés ayant brûlé un total de 1 264 529 hectares. Du fait des précipitations récentes, toutes les restrictions restantes relatives aux incendies et aux déplacements ont été levées dans l’ensemble de la province

Disponibilité des ressources en eau et conditions de sécheresse

La Section de la gestion des eaux de surface d’Agriculture et Développement des ressources Manitoba présente des mises à jour sur la disponibilité des ressources en eau et les conditions de sécheresse. Vous pouvez accéder ci-dessous aux rapports les plus récents et historiques.(en anglais seulement)

Reservoir Conditions Summary Table:

Reservoir Conditions Summary Table Thumbnail
Drought Indicator Map (en anglais seulement)

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Toutes les cartes relatives aux conditions de sécheresse seront mises à jour régulièrement durant la saison des eaux libres. Durant les mois d’hiver, seule la carte de l’Outil de surveillance des sécheresses au Canada et aux États-Unis continuera d’être mise à jour mensuellement.

Impact de la sécheresse

La sécheresse dans les Prairies du Canada

Au cours des 100 dernières années, des sécheresses ont sévi durant plusieurs années sur de vastes étendues géographiques, et leurs impacts se sont fait lourdement sentir au cours des années 1930, 1960, 1980 et, plus récemment, au début des années 2000. Selon un rapport de l’Institut de prévention des sinistres catastrophiques, Canadians at Risk (2010)1, la sécheresse est à l’origine de cinq des dix catastrophes naturelles les plus coûteuses jamais enregistrées au Canada.

1Institute for Catastrophic Loss Reduction (ICLR). 2010. Canadians at Risk: Our exposure to natural hazards.

La sécheresse au cours du XIXe siècle

Bien que nous ne disposions pas de données aussi nombreuses que pour les sécheresses survenues durant le xxe siècle, le xixe siècle a également connu plusieurs sécheresses graves. L’Institut de prévention des sinistres catastrophiques (The Institute for Catastrophic Loss Reduction, 2010)1 énumère les impacts observés, dont les cultures de pommes de terre desséchées dans la vallée de la rivière Rouge en 1805, la sécheresse continue et les hordes de sauterelles qui ont déferlé dans les prairies de 1816 à 1819, la perte totale des récoltes dans la vallée de la rivière Rouge en 1846, les mauvaises récoltes et l’invasion de sauterelles de 1868, et les neuf années de sécheresse qui ont sévi dans les Prairies durant la décennie de 1890.

1 Institute for Catastrophic Loss Reduction (ICLR). 2010. Canadians at Risk: Our exposure to natural hazards.

La sécheresse des années 1930 : une décennie de misère

Bien que les sécheresses survenues dans la seconde moitié du XIXe siècle aient été plus graves dans certaines régions, la sécheresse des années 1930 fut celle dont l’impact sur le Manitoba et les Prairies canadiennes fut le plus lourd. La sécheresse débuta en 1929 et perdura jusqu’au début des années 1940. Elle devint célèbre en raison des énormes tempêtes de poussière qui valurent à la décennie son nom anglais : dirty thirties. Combinée au krach boursier de 1929, cette sécheresse extrême de plusieurs années entraîna des conditions socioéconomiques dévastatrices dans les Prairies. La chasse-poussière élevée et la baisse de la production agricole marquèrent la région, du début des années 1930 jusqu’à 1939. Au milieu de la décennie, la sécheresse s’était installée dans toutes les prairies d’Amérique du Nord, des Prairies du Canada jusqu’au Texas, dans le sud des États-Unis. Les piètres pratiques agricoles et la mauvaise conservation des sols contribuèrent à la formation de tempêtes de poussière aux proportions extraordinaires. Les maladies et les infestations de sauterelles contribuèrent à la dévastation de l’agriculture. Le faible cours du bétail et le manque de pâtures pour nourrir les bêtes poussèrent les producteurs à réduire leurs troupeaux en vendant à bas prix ou, dans certains cas, en abattant une partie de leurs troupeaux sans en tirer de profit. Selon le recensement de 1936, 500 fermes furent abandonnées au Manitoba (Dean et coll., 1998)2. L’absence de programmes sociaux et d’assurance-récolte combinée aux piètres conditions économiques accentua les impacts socioéconomiques de la sécheresse. La poussière et le manque d’eau eurent des effets sur la santé des gens, du bétail et de la faune. La pneumonie causée par la poussière ainsi que d’autres maladies respiratoires emportèrent de nombreuses victimes. Au sein des familles d’agriculteurs, les mauvaises récoltes et l’instabilité économique des exploitations agricoles devinrent une grande source de stress et contribuèrent à la hausse du taux de suicide. Le début des années 1940 amena enfin une amélioration des conditions de sécheresse. En 1935, le gouvernement fédéral du Canada créa l’Administration du rétablissement agricole des Prairies (ARAP), une division d’Agriculture et Agro-alimentaire Canada. L’ARAP avait pour mandat d’atténuer les conséquences de la sécheresse et d’aider les cultivateurs et les industries agricoles à s’en relever au moyen de divers programmes entourant l’érosion des sols et l’approvisionnement en eau des exploitations agricoles.


L’érosion du sol près de Cadillac, en Saskatchewan, en 1937.

2 Dean, William G.; Conrad Heidenreich; and Thomas McIlwraith. 1998. Concise Historical Atlas of Canada. University of Toronto Press.

La sécheresse du début des années 1960

Quoiqu’elle ne dura pas aussi longtemps que celle des années 1930, la sécheresse survenue au début des années 1960 fut l’une des plus graves jamais enregistrée. En juin 1961, la faible accumulation de précipitations établissait un record, tout comme la température moyenne du mois et le nombre d’heures d’ensoleillement. Ces conditions donnèrent lieu à des récoltes déficitaires généralisées, et les agriculteurs durent vendre leur bétail à bas prix faute de nourriture et d’eau à leur donner. Dans de nombreuses régions, les conditions de sécheresse étaient pires encore que dans les années 1930. Les tempêtes de poussière se succédaient et rappelaient aux gens le grand dust bowl de l’époque. Bien que des épisodes de sécheresses modérées furent signalés au cours des années 1960, la grave sécheresse généralisée de 1961 ne se répéta pas pendant cette décennie.

La sécheresse de la fin des années 1980

Il fallut attendre les années 1980 pour assister de nouveau à une sécheresse d’une telle envergure. Cette sécheresse eut d’importants impacts économiques au Manitoba. Elle y atteignit un sommet en 1988, et entraîna une baisse de la production agricole de la province à 60 % en moyenne. L’année suivante, la province subit aussi une perte de 80 millions de dollars en exportation d’hydro-électricité (Simard et Joyce, 2005)3. La disparition d’habitats humides et l’incidence accrue de maladies eurent un impact négatif sur les populations de sauvagine et les activités récréatives qui y sont associées. Malgré la gravité des impacts, la situation aurait pu être pire si les mesures de prévention des situations de sécheresse ne s’étaient pas améliorées depuis les années 1930. Grâce aux leçons tirées, depuis, sur la conservation des sols, de nouvelles techniques de labour et l’aménagement de bandes boisées brise-vent permirent de réduire considérablement le potentiel d’érosion éolienne des sols. La mise en place d’un programme d’assurance-récolte et de subventions gouvernementales contribua à réduire les impacts socioéconomiques de la sécheresse.


La sécheresse de 1988, près de Pipestone (TWP 6-RGE 26) au Manitoba, en juin 1988 (avec l’aimable autorisation d’Agriculture et agroalimentaire Canada).

3 Simard, T.J., and J. R. Joyce. 2005. Manitoba Hydro: 2002-2004 Drought Risk Management Review.
 (https://www.hydro.mb.ca/regulatory_affairs/electric/gra_08_09/information_requests/Appendix_43-Report_on_2002-2004_Drought.pdf).

La sécheresse de 1999 à 2004

Une grave sécheresse a sévi sur une vaste portion des Prairies du Canada, de 1999 jusqu’au milieu des années 2000. Elle a établi des records dans certaines régions de l’Alberta. Dans toutes les Prairies, son impact s’est fait sentir sur l’agriculture, le tourisme, la santé, la production d’énergie hydroélectrique et la foresterie. Le produit intérieur brut canadien a chuté de 5,8 milliards de dollars en 2001 et 2002 en raison de cette sécheresse et de la disparition de plus de 41 000 emplois (Lawford et coll., 2008)4. La production agricole a enregistré une perte de 3,6 milliards de dollars pour l’exercice financier de 2001-2002 (Lawford et coll., 2008)4. La sécheresse a aussi entraîné une augmentation spectaculaire des feux de forêt ainsi qu’un grand nombre d’énormes tempêtes de poussière. Au cours de l’exercice de 2003-2004, Manitoba Hydro a essuyé la plus grosse perte financière de son histoire, soit 436 millions de dollars, en raison de la diminution du débit de son réseau d’approvisionnement (Régie de l’hydro-électricité, 2004)5.


Spilt Lake, Nelson River Basin, June, 2003 (avec l’aimable autorisation de Manitoba Hydro).

4 Lawford, Rick, Harvey Hill, Elaine Wheaton, Irene Hanuta, Alf Warkentin and Bill Girling. 2008. User Expectations for the Drought Research Initiative (DRI).
  Bulletin de la société canadienne de météorologie et d’océanographie. Vol. 36, no 3.
5Régie de l’hydro-électricité. 2004. 53e rapport annuel de la Régie de l’hydro-électricité.

Les sécheresses récentes

Après les inondations généralisées de 2011, des conditions de sécheresse se sont rapidement développées partout au Manitoba en 2012. Bien que de courte durée, la sécheresse a eu des impacts notables puisque la productivité des pâturages a chuté et que de nombreux étangs artificiels ne contenaient pas suffisamment d’eau pour les exploitations d’élevage. Des incendies échappés se sont produits en mai, à proximité des collectivités de Badger et de Vita, qui ont déclaré l’état d’urgence. En octobre, d’autres incendies échappés se sont produits dans le sud-est du Manitoba et à Entre-les-Lacs. L’état d’urgence local a été déclaré en deux endroits, provoquant l’évacuation de quelque 270 personnes, dont les collectivités de Vita et de Ross. Quatorze résidences et exploitations agricoles ont été endommagées.

En 2015, des conditions de sécheresse, les températures chaudes et les vents accrus ont créé un risque extrême de feu de végétation dans tout l’Ouest canadien. À la fin de juin, le nombre d’incendies quotidiens avait sensiblement augmenté, et la situation s’est intensifiée durant presque tout le mois de juillet. La Saskatchewan, suivie par les Territoires du Nord-Ouest et l’Alberta, a enregistré la plus grande superficie détruite par le feu. Des milliers de personnes ont dû abandonner leur domicile, et le nombre de services d’incendies canadiens affectés par les feux de végétation durant cette période s’est traduit par une hausse sans précédent de l’aide internationale, de l’entraide et de la coopération (CIFFC, 2015)6. Au Manitoba, les vents du nord-ouest ont recouvert de vastes régions de la province d’une épaisse fumée réduisant la visibilité et la qualité de l’air. Les résidents, particulièrement les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant de problèmes cardiaques ou pulmonaires ont été exposés à un risque accru de connaître des problèmes de santé causés par l’air enfumé.

En 2016, Fort McMurray et les collectivités avoisinantes ont été la proie d’un important feu de végétation qui a forcé l’évacuation de 88 000 personnes et détruit 2 400 bâtiments. Cet événement constitue le quatrième plus gros incendie jamais enregistré et la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire canadienne (RNC, 2017)7.

Le Manitoba a connu des conditions de sécheresse modérée en 2017, après qu’une crue rapide précoce, survenue au printemps, eut engendré des conditions d’écoulement fluvial au-dessus de la normale presque partout dans le sud et le nord du Manitoba. Cependant, après des mois de précipitations sous les moyennes durant la saison de croissance, presque tout le Manitoba a connu des conditions de précipitations modérées à graves en juillet et au début d’août. En raison des températures chaudes, des conditions sèches et des vents forts, le mois d’août a enregistré une augmentation importante des incendies de végétation comparativement aux mois précédents. Plusieurs de ces feux ont entraîné l’évacuation de milliers de résidents de nombreuses collectivités du nord de la province. Bien qu’en général, les conditions de sécheresse observées durant la saison de croissance de 2017 n’ont pas eu d’impact négatif sur les rendements des cultures, la productivité des pâturages a diminué et les approvisionnements en eau des exploitations agricoles, à l’approche de la saison hivernale, ont suscité des inquiétudes.


Vu de l’espace, le 29 juin 2015, le « fleuve » de fumée qu’engendraient alors les feux de forêt canadiens.
(Image de l’Observatoire terrestre de la NASA : https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=86151)

6Centre interservices des feux de forêt du Canada. 2015. Canada Report 2015

7NRC : Ressources naturelles Canada. 2017. Infographie : Répercussions économiques du feu de forêt de 2016 à Fort McMurray

Une sécheresse historique

L’analyse des anneaux de croissance des arbres nous renseigne sur le climat qui a prévalu dans les Prairies avant le début des observations humaines, au début du xixe siècle. La recherche à cet effet fournit des données qui montrent l’existence, au cours du dernier millénaire, de cycles de sécheresse et de précipitations supérieurs à la normale dans les rivières des Prairies. Il existe un indéniable cycle multidécennal des périodes de précipitations et de sécheresse. Les anneaux de croissance des arbres du bassin hydrographique du cours supérieur de la rivière Assiniboine indiquent que la sécheresse la plus grave jamais enregistrée s’est produite dans la seconde moitié du xvie siècle. Cette sécheresse semble avoir été plus grave, et beaucoup plus longue que celle qui s’est produite durant les années 1930. Les anneaux de croissance des arbres du bassin de la rivière Rouge montrent que celle-ci a également essuyé une grave sécheresse de plusieurs décennies entre le milieu et la fin du xvie siècle. Il est difficile de concevoir la catastrophe que constituerait, pour le Manitoba et les Prairies du Canada, une sécheresse aussi grave et aussi longue si elle devait se produire aujourd’hui. Il s’agirait de la plus grande catastrophe naturelle que les Prairies du Canada auraient jamais connue.

Les futurs épisodes de sécheresse

L’histoire de la sécheresse au Manitoba et ailleurs dans les Prairies du Canada illustre le caractère potentiellement extrême de ses impacts et les conséquences qu’elle peut entraîner à l’échelle locale et nationale. Le cycle historique de périodes de précipitations et de sécheresse ne permet pas de douter que le Manitoba et les Prairies canadiennes traverseront d’autres sécheresses graves au cours des prochaines décennies. De tels épisodes étalés sur plusieurs années se sont produits fréquemment au cours de chacun des derniers siècles.

Les sécheresses qui ont sévi durant le XXe siècle montrent qu’une prévention accrue, au moyen d’un éventail de méthodes, peut aider à atténuer les impacts des prochains épisodes. La meilleure façon de protéger le Manitoba des plus lourds impacts de la sécheresse est de s’y préparer le mieux possible avant qu’un épisode grave ne survienne. La stratégie de gestion de la sécheresse au Manitoba améliorera notre compréhension du phénomène et, à mesure que des mesures seront mises en œuvre, rehaussera la résilience du Manitoba devant la sécheresse.

Avez-vous observé les effets de la sécheresse dans votre région? Faites-nous-en part! Écrivez-nous par courriel à l’adresse suivante : drought@gov.mb.ca. N’oubliez pas de joindre des photos!

La prévention des situations de sécheresse

La prévention en prévision d’un épisode de sécheresse est le moyen le plus souhaitable et le plus proactif de gérer la sécheresse.

L’une des mesures comprises dans la stratégie de gestion de la sécheresse au Manitoba consiste à évaluer les mesures de prévention à l’échelle des sous-bassins pour déterminer le degré de préparation dans divers secteurs (approvisionnement en eau, agriculture, environnement, économie, santé communautaire, etc.) aux sécheresses à venir. La conduite de ces évaluations permet au gouvernement et aux parties prenantes d’inventorier et de comprendre les impacts des sécheresses passées et les points faibles actuels, et de mettre en place des mesures pour atténuer les impacts futurs.

Au cours des cinq à dix prochaines années, le degré de préparation à la sécheresse sera évalué pour les sous-bassins du Manitoba. À cet égard, la prise en compte de la sécheresse, dans la planification intégrée de l’aménagement des bassins hydrographiques, constitue un mécanisme prometteur pour recueillir de l’information en vue de l’évaluation. La planification intégrée de l’aménagement des bassins hydrographiques est une démarche de coopération du gouvernement, des résidents des bassins et d’autres parties prenantes. Elle vise à créer un plan à long terme de gestion des terres, de l’eau et des ressources connexes pour chaque bassin.

Ultimement, chaque évaluation permettra de déterminer le degré de préparation de chaque sous-bassin selon les secteurs (nul, faible, moyen et élevé). À l’avenir, ces degrés de préparation, conjugués à de l’information en temps réel provenant d’indicateurs de sécheresse, serviront à exercer une surveillance des stades de sécheresse partout au Manitoba et à déterminer le type de réponse requis à divers paliers de gouvernement. À mesure qu’elles seront terminées, les évaluations seront rendues accessibles sur cette page Web.

Ressources et contacts

Ressources

Agriculture et Développement des ressources – Bulletins de récolte (en anglais seulement)

Agriculture et Développement des ressources - Condition météorologiques et rapports (en anglais seulement)

Répertoire pour the foin du Manitoba (en anglais seulement)

Ag Action Manitoba – Assurance : Pratiques de gestion bénéfiques pour l’environnement (en anglais seulement)

Organisation des mesures d’urgence du Manitoba

Programme de prévention des incendies échappés du Manitoba

Le plan vert du Manitoba (en anglais seulement)

Relevés hydrologiques du Canada

Données climatiques historiques - Environnement et Changement climatique Canada

Guetter la sécheresse (Agriculture et Agroalimentaire Canada)

Outil de surveillance des sécheresses aux États-Unis (en anglais seulement)

Centre national d’atténuation de la sécheresse (É.-U.) (en anglais seulement)


Pour nous joindre

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Par la poste :
Direction des sciences de l’eau et de la gestion des bassins hydrographiques
C. P. 14, 200, croissant Saulteaux
Winnipeg (Manitoba)  R3J 3W3

Courriel :
Drought@gov.mb.ca