La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba

L’information qui suit présente les points saillants des démarches en cours, au Manitoba, en matière de gestion de la sécheresse. La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba fournit un cadre général et des stratégies d’intervention selon une approche intégrée afin de minimiser les impacts de la sécheresse sur la population, l’économie et les ressources environnementales.

La gestion de la sécheresse passe par la surveillance et l’information. Des renseignements à jour sur la disponibilité de l’eau et les conditions de sécheresse sont fournis ci-dessous, et la Carte des indicateurs de sécheresse présente de manière interactive une gamme d’indicateurs de sécheresse.

Nous travaillons à mieux comprendre les conséquences de la sécheresse sur les Manitobains et à améliorer notre résilience en améliorant la prévention des situations de sécheresse. Avez-vous observé les effets de la sécheresse dans votre région? Faites-nous-en part! Écrivez-nous par courriel à l’adresse suivante : drought@gov.mb.ca.

Pour de l’information additionnelle, consultez l’onglet « Ressources et contacts », qui réunit des liens vers diverses ressources.

Stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba

La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba (en anglais seulement) fournit un cadre général et des stratégies d’intervention selon une approche intégrée, afin de minimiser les impacts environnementaux, sociaux et économiques de la sécheresse sur les résidents, l’économie et les ressources environnementales du Manitoba.

La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba présente un survol historique et actuel de la sécheresse dans les Prairies canadiennes. Elle définit des indicateurs scientifiques pour qualifier les conditions de sécheresse et présente des stratégies visant l’amélioration des communications, de la coordination et des mesures d’intervention lors d’une sécheresse, de même que pour améliorer la prévention des situations de sécheresse. Veuillez consulter la stratégie pour plus de détails.

La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba (en anglais seulement)
La stratégie de gestion de la sécheresse du Manitoba (en anglais seulement)
Rapport sur la disponibilité

Le présent rapport fait le point sur la disponibilité des ressources en eau et les conditions de sécheresse au Manitoba en avril 2021.

  • Précipitations enregistrées au cours du mois dernier, des trois derniers mois et de la dernière année :
    • En avril, les zones agricoles des régions du centre, du sud-ouest et du nord-ouest du Manitoba, ainsi que de la région d’Entre-les-Lacs, ont connu des conditions allant de modérément sèches (60 % à 85 % de la médiane) à extrêmement sèches (< 40 % de la médiane). Dans la région de l’est du Manitoba, les conditions ont varié de normales (85 % à 115 %) à supérieures à la normale (> 115 %). Dans la partie nord du Manitoba, les conditions étaient plus sèches qu’au sud et variaient de extrêmement sèches autour de The Pas et de Island Lake à normales plus au nord.
    • Au cours des trois derniers mois (février, mars et avril), une grande partie du sud du Manitoba a connu des conditions allant de gravement sèches (40 % à 60 %) à extrêmement sèches, sauf pour les zones agricoles de l’est du Manitoba, qui ont connu des conditions de sécheresse allant de modérées à normales. Dans la partie nord du Manitoba, les conditions allaient de modérément sèches à gravement sèches, certaines régions ayant reçu des précipitations normales ou supérieures à la normale.
    • Au cours des 12 derniers mois, la plupart des zones agricoles du Manitoba ont connu des conditions de sécheresse modérée avec des poches de sécheresse grave dans les régions d’Entre-les-Lacs, du Centre et du Sud-Ouest. Les conditions dans le nord du Manitoba allaient de normales à supérieures à la normale.
  • Le ruissellement printanier de la plupart des sous-bassins du sud du Manitoba était bien inférieur à la normale. En date du 29 avril 2021, les débits et les niveaux des lacs du sud du Manitoba se situaient soit sous la normale (10e au 25e centile), soit bien en dessous de la normale (< 10e centile).
  • En date du 30 avril 2021, les niveaux d’eaux souterraines des puits de référence à l’ouest et au centre du Manitoba se situaient dans la normale. Les niveaux d’eau dans la partie est de la province étaient supérieurs à la normale dans la région de Sandilands, inférieurs à la normale à la limite sud-est et à Anola, et considérablement inférieurs à la normale dans la région de Steinbach. Les niveaux d’eaux souterraines étaient inférieurs à la normale au centre de la région d’Entre-les-Lacs et se situaient dans la normale à Selkirk. La recharge printanière se situait dans la moyenne au sud-est et variait de légèrement inférieure à la moyenne à Oak Lake à considérablement inférieure à la moyenne à d’autres emplacements.
  • L’évaluation de l’Outil de surveillance des sécheresses au Canada du 30 avril 2021 montrait que les régions agricoles du centre et du sud-ouest du Manitoba ainsi que de la région d’Entre les Lacs présentaient des conditions de sécheresse extrême (D3). Des conditions de sécheresse grave (D2) ont été observées dans les régions du Nord-Ouest et de l’Est, qui devenaient des conditions de sécheresse modérée (D1) plus on se rapprochait de la frontière ontarienne.
  • La plupart des réservoirs provinciaux d’approvisionnement en eau se situent généralement au niveau maximal ou près de celui-ci, exception faite des réservoirs du lac Minnewasta, du lac Jackson et de Deloraine, qui ne devraient pas se remplir ce printemps s’il n’y a pas de précipitations importantes. Les niveaux d’eau des tranchées sont généralement classés sous la normale, mais ils sont adéquats pour l’heure. Dans certaines régions, l’écoulement printanier est petit et intermittent et n’a pas été suffisant pour répondre aux demandes de distribution d’eau autorisées.
  • Le niveau de risque d’incendies échappés est généralement modéré dans le sud et faible dans le nord. Jusqu’à maintenant, 28 incendies échappés ont brûlé en tout 5 768 hectares. Bien des municipalités continuent de mettre en œuvre des restrictions relatives au brûlage ce printemps en réponse aux conditions de sécheresse.

Disponibilité des ressources en eau et conditions de sécheresse

La Section de la gestion des eaux de surface d’Agriculture et Développement des ressources Manitoba présente des mises à jour sur la disponibilité des ressources en eau et les conditions de sécheresse. Vous pouvez accéder ci-dessous aux rapports les plus récents et historiques.(en anglais seulement)

Reservoir Conditions Summary Table:

Reservoir Conditions Summary Table Thumbnail
Drought Indicator Map (en anglais seulement)

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Toutes les cartes relatives aux conditions de sécheresse seront mises à jour régulièrement durant la saison des eaux libres. Durant les mois d’hiver, seule la carte de l’Outil de surveillance des sécheresses au Canada et aux États-Unis continuera d’être mise à jour mensuellement.

Impact de la sécheresse

La sécheresse dans les Prairies du Canada

Au cours des 100 dernières années, des sécheresses ont sévi durant plusieurs années sur de vastes étendues géographiques, et leurs impacts se sont fait lourdement sentir au cours des années 1930, 1960, 1980 et, plus récemment, au début des années 2000. Selon un rapport de l’Institut de prévention des sinistres catastrophiques, Canadians at Risk (2010)1, la sécheresse est à l’origine de cinq des dix catastrophes naturelles les plus coûteuses jamais enregistrées au Canada.

1Institute for Catastrophic Loss Reduction (ICLR). 2010. Canadians at Risk: Our exposure to natural hazards.

La sécheresse au cours du XIXe siècle

Bien que nous ne disposions pas de données aussi nombreuses que pour les sécheresses survenues durant le xxe siècle, le xixe siècle a également connu plusieurs sécheresses graves. L’Institut de prévention des sinistres catastrophiques (The Institute for Catastrophic Loss Reduction, 2010)1 énumère les impacts observés, dont les cultures de pommes de terre desséchées dans la vallée de la rivière Rouge en 1805, la sécheresse continue et les hordes de sauterelles qui ont déferlé dans les prairies de 1816 à 1819, la perte totale des récoltes dans la vallée de la rivière Rouge en 1846, les mauvaises récoltes et l’invasion de sauterelles de 1868, et les neuf années de sécheresse qui ont sévi dans les Prairies durant la décennie de 1890.

1 Institute for Catastrophic Loss Reduction (ICLR). 2010. Canadians at Risk: Our exposure to natural hazards.

La sécheresse des années 1930 : une décennie de misère

Bien que les sécheresses survenues dans la seconde moitié du XIXe siècle aient été plus graves dans certaines régions, la sécheresse des années 1930 fut celle dont l’impact sur le Manitoba et les Prairies canadiennes fut le plus lourd. La sécheresse débuta en 1929 et perdura jusqu’au début des années 1940. Elle devint célèbre en raison des énormes tempêtes de poussière qui valurent à la décennie son nom anglais : dirty thirties. Combinée au krach boursier de 1929, cette sécheresse extrême de plusieurs années entraîna des conditions socioéconomiques dévastatrices dans les Prairies. La chasse-poussière élevée et la baisse de la production agricole marquèrent la région, du début des années 1930 jusqu’à 1939. Au milieu de la décennie, la sécheresse s’était installée dans toutes les prairies d’Amérique du Nord, des Prairies du Canada jusqu’au Texas, dans le sud des États-Unis. Les piètres pratiques agricoles et la mauvaise conservation des sols contribuèrent à la formation de tempêtes de poussière aux proportions extraordinaires. Les maladies et les infestations de sauterelles contribuèrent à la dévastation de l’agriculture. Le faible cours du bétail et le manque de pâtures pour nourrir les bêtes poussèrent les producteurs à réduire leurs troupeaux en vendant à bas prix ou, dans certains cas, en abattant une partie de leurs troupeaux sans en tirer de profit. Selon le recensement de 1936, 500 fermes furent abandonnées au Manitoba (Dean et coll., 1998)2. L’absence de programmes sociaux et d’assurance-récolte combinée aux piètres conditions économiques accentua les impacts socioéconomiques de la sécheresse. La poussière et le manque d’eau eurent des effets sur la santé des gens, du bétail et de la faune. La pneumonie causée par la poussière ainsi que d’autres maladies respiratoires emportèrent de nombreuses victimes. Au sein des familles d’agriculteurs, les mauvaises récoltes et l’instabilité économique des exploitations agricoles devinrent une grande source de stress et contribuèrent à la hausse du taux de suicide. Le début des années 1940 amena enfin une amélioration des conditions de sécheresse. En 1935, le gouvernement fédéral du Canada créa l’Administration du rétablissement agricole des Prairies (ARAP), une division d’Agriculture et Agro-alimentaire Canada. L’ARAP avait pour mandat d’atténuer les conséquences de la sécheresse et d’aider les cultivateurs et les industries agricoles à s’en relever au moyen de divers programmes entourant l’érosion des sols et l’approvisionnement en eau des exploitations agricoles.


L’érosion du sol près de Cadillac, en Saskatchewan, en 1937.

2 Dean, William G.; Conrad Heidenreich; and Thomas McIlwraith. 1998. Concise Historical Atlas of Canada. University of Toronto Press.

La sécheresse du début des années 1960

Quoiqu’elle ne dura pas aussi longtemps que celle des années 1930, la sécheresse survenue au début des années 1960 fut l’une des plus graves jamais enregistrée. En juin 1961, la faible accumulation de précipitations établissait un record, tout comme la température moyenne du mois et le nombre d’heures d’ensoleillement. Ces conditions donnèrent lieu à des récoltes déficitaires généralisées, et les agriculteurs durent vendre leur bétail à bas prix faute de nourriture et d’eau à leur donner. Dans de nombreuses régions, les conditions de sécheresse étaient pires encore que dans les années 1930. Les tempêtes de poussière se succédaient et rappelaient aux gens le grand dust bowl de l’époque. Bien que des épisodes de sécheresses modérées furent signalés au cours des années 1960, la grave sécheresse généralisée de 1961 ne se répéta pas pendant cette décennie.

La sécheresse de la fin des années 1980

Il fallut attendre les années 1980 pour assister de nouveau à une sécheresse d’une telle envergure. Cette sécheresse eut d’importants impacts économiques au Manitoba. Elle y atteignit un sommet en 1988, et entraîna une baisse de la production agricole de la province à 60 % en moyenne. L’année suivante, la province subit aussi une perte de 80 millions de dollars en exportation d’hydro-électricité (Simard et Joyce, 2005)3. La disparition d’habitats humides et l’incidence accrue de maladies eurent un impact négatif sur les populations de sauvagine et les activités récréatives qui y sont associées. Malgré la gravité des impacts, la situation aurait pu être pire si les mesures de prévention des situations de sécheresse ne s’étaient pas améliorées depuis les années 1930. Grâce aux leçons tirées, depuis, sur la conservation des sols, de nouvelles techniques de labour et l’aménagement de bandes boisées brise-vent permirent de réduire considérablement le potentiel d’érosion éolienne des sols. La mise en place d’un programme d’assurance-récolte et de subventions gouvernementales contribua à réduire les impacts socioéconomiques de la sécheresse.


La sécheresse de 1988, près de Pipestone (TWP 6-RGE 26) au Manitoba, en juin 1988 (avec l’aimable autorisation d’Agriculture et agroalimentaire Canada).

3 Simard, T.J., and J. R. Joyce. 2005. Manitoba Hydro: 2002-2004 Drought Risk Management Review.
 (https://www.hydro.mb.ca/regulatory_affairs/electric/gra_08_09/information_requests/Appendix_43-Report_on_2002-2004_Drought.pdf).

La sécheresse de 1999 à 2004

Une grave sécheresse a sévi sur une vaste portion des Prairies du Canada, de 1999 jusqu’au milieu des années 2000. Elle a établi des records dans certaines régions de l’Alberta. Dans toutes les Prairies, son impact s’est fait sentir sur l’agriculture, le tourisme, la santé, la production d’énergie hydroélectrique et la foresterie. Le produit intérieur brut canadien a chuté de 5,8 milliards de dollars en 2001 et 2002 en raison de cette sécheresse et de la disparition de plus de 41 000 emplois (Lawford et coll., 2008)4. La production agricole a enregistré une perte de 3,6 milliards de dollars pour l’exercice financier de 2001-2002 (Lawford et coll., 2008)4. La sécheresse a aussi entraîné une augmentation spectaculaire des feux de forêt ainsi qu’un grand nombre d’énormes tempêtes de poussière. Au cours de l’exercice de 2003-2004, Manitoba Hydro a essuyé la plus grosse perte financière de son histoire, soit 436 millions de dollars, en raison de la diminution du débit de son réseau d’approvisionnement (Régie de l’hydro-électricité, 2004)5.


Spilt Lake, Nelson River Basin, June, 2003 (avec l’aimable autorisation de Manitoba Hydro).

4 Lawford, Rick, Harvey Hill, Elaine Wheaton, Irene Hanuta, Alf Warkentin and Bill Girling. 2008. User Expectations for the Drought Research Initiative (DRI).
  Bulletin de la société canadienne de météorologie et d’océanographie. Vol. 36, no 3.
5Régie de l’hydro-électricité. 2004. 53e rapport annuel de la Régie de l’hydro-électricité.

Les sécheresses récentes

Après les inondations généralisées de 2011, des conditions de sécheresse se sont rapidement développées partout au Manitoba en 2012. Bien que de courte durée, la sécheresse a eu des impacts notables puisque la productivité des pâturages a chuté et que de nombreux étangs artificiels ne contenaient pas suffisamment d’eau pour les exploitations d’élevage. Des incendies échappés se sont produits en mai, à proximité des collectivités de Badger et de Vita, qui ont déclaré l’état d’urgence. En octobre, d’autres incendies échappés se sont produits dans le sud-est du Manitoba et à Entre-les-Lacs. L’état d’urgence local a été déclaré en deux endroits, provoquant l’évacuation de quelque 270 personnes, dont les collectivités de Vita et de Ross. Quatorze résidences et exploitations agricoles ont été endommagées.

En 2015, des conditions de sécheresse, les températures chaudes et les vents accrus ont créé un risque extrême de feu de végétation dans tout l’Ouest canadien. À la fin de juin, le nombre d’incendies quotidiens avait sensiblement augmenté, et la situation s’est intensifiée durant presque tout le mois de juillet. La Saskatchewan, suivie par les Territoires du Nord-Ouest et l’Alberta, a enregistré la plus grande superficie détruite par le feu. Des milliers de personnes ont dû abandonner leur domicile, et le nombre de services d’incendies canadiens affectés par les feux de végétation durant cette période s’est traduit par une hausse sans précédent de l’aide internationale, de l’entraide et de la coopération (CIFFC, 2015)6. Au Manitoba, les vents du nord-ouest ont recouvert de vastes régions de la province d’une épaisse fumée réduisant la visibilité et la qualité de l’air. Les résidents, particulièrement les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant de problèmes cardiaques ou pulmonaires ont été exposés à un risque accru de connaître des problèmes de santé causés par l’air enfumé.

En 2016, Fort McMurray et les collectivités avoisinantes ont été la proie d’un important feu de végétation qui a forcé l’évacuation de 88 000 personnes et détruit 2 400 bâtiments. Cet événement constitue le quatrième plus gros incendie jamais enregistré et la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire canadienne (RNC, 2017)7.

Le Manitoba a connu des conditions de sécheresse modérée en 2017, après qu’une crue rapide précoce, survenue au printemps, eut engendré des conditions d’écoulement fluvial au-dessus de la normale presque partout dans le sud et le nord du Manitoba. Cependant, après des mois de précipitations sous les moyennes durant la saison de croissance, presque tout le Manitoba a connu des conditions de précipitations modérées à graves en juillet et au début d’août. En raison des températures chaudes, des conditions sèches et des vents forts, le mois d’août a enregistré une augmentation importante des incendies de végétation comparativement aux mois précédents. Plusieurs de ces feux ont entraîné l’évacuation de milliers de résidents de nombreuses collectivités du nord de la province. Bien qu’en général, les conditions de sécheresse observées durant la saison de croissance de 2017 n’ont pas eu d’impact négatif sur les rendements des cultures, la productivité des pâturages a diminué et les approvisionnements en eau des exploitations agricoles, à l’approche de la saison hivernale, ont suscité des inquiétudes.


Vu de l’espace, le 29 juin 2015, le « fleuve » de fumée qu’engendraient alors les feux de forêt canadiens.
(Image de l’Observatoire terrestre de la NASA : https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=86151)

6Centre interservices des feux de forêt du Canada. 2015. Canada Report 2015

7NRC : Ressources naturelles Canada. 2017. Infographie : Répercussions économiques du feu de forêt de 2016 à Fort McMurray

Une sécheresse historique

L’analyse des anneaux de croissance des arbres nous renseigne sur le climat qui a prévalu dans les Prairies avant le début des observations humaines, au début du xixe siècle. La recherche à cet effet fournit des données qui montrent l’existence, au cours du dernier millénaire, de cycles de sécheresse et de précipitations supérieurs à la normale dans les rivières des Prairies. Il existe un indéniable cycle multidécennal des périodes de précipitations et de sécheresse. Les anneaux de croissance des arbres du bassin hydrographique du cours supérieur de la rivière Assiniboine indiquent que la sécheresse la plus grave jamais enregistrée s’est produite dans la seconde moitié du xvie siècle. Cette sécheresse semble avoir été plus grave, et beaucoup plus longue que celle qui s’est produite durant les années 1930. Les anneaux de croissance des arbres du bassin de la rivière Rouge montrent que celle-ci a également essuyé une grave sécheresse de plusieurs décennies entre le milieu et la fin du xvie siècle. Il est difficile de concevoir la catastrophe que constituerait, pour le Manitoba et les Prairies du Canada, une sécheresse aussi grave et aussi longue si elle devait se produire aujourd’hui. Il s’agirait de la plus grande catastrophe naturelle que les Prairies du Canada auraient jamais connue.

Les futurs épisodes de sécheresse

L’histoire de la sécheresse au Manitoba et ailleurs dans les Prairies du Canada illustre le caractère potentiellement extrême de ses impacts et les conséquences qu’elle peut entraîner à l’échelle locale et nationale. Le cycle historique de périodes de précipitations et de sécheresse ne permet pas de douter que le Manitoba et les Prairies canadiennes traverseront d’autres sécheresses graves au cours des prochaines décennies. De tels épisodes étalés sur plusieurs années se sont produits fréquemment au cours de chacun des derniers siècles.

Les sécheresses qui ont sévi durant le XXe siècle montrent qu’une prévention accrue, au moyen d’un éventail de méthodes, peut aider à atténuer les impacts des prochains épisodes. La meilleure façon de protéger le Manitoba des plus lourds impacts de la sécheresse est de s’y préparer le mieux possible avant qu’un épisode grave ne survienne. La stratégie de gestion de la sécheresse au Manitoba améliorera notre compréhension du phénomène et, à mesure que des mesures seront mises en œuvre, rehaussera la résilience du Manitoba devant la sécheresse.

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La prévention des situations de sécheresse

La prévention en prévision d’un épisode de sécheresse est le moyen le plus souhaitable et le plus proactif de gérer la sécheresse.

L’une des mesures comprises dans la stratégie de gestion de la sécheresse au Manitoba consiste à évaluer les mesures de prévention à l’échelle des sous-bassins pour déterminer le degré de préparation dans divers secteurs (approvisionnement en eau, agriculture, environnement, économie, santé communautaire, etc.) aux sécheresses à venir. La conduite de ces évaluations permet au gouvernement et aux parties prenantes d’inventorier et de comprendre les impacts des sécheresses passées et les points faibles actuels, et de mettre en place des mesures pour atténuer les impacts futurs.

Au cours des cinq à dix prochaines années, le degré de préparation à la sécheresse sera évalué pour les sous-bassins du Manitoba. À cet égard, la prise en compte de la sécheresse, dans la planification intégrée de l’aménagement des bassins hydrographiques, constitue un mécanisme prometteur pour recueillir de l’information en vue de l’évaluation. La planification intégrée de l’aménagement des bassins hydrographiques est une démarche de coopération du gouvernement, des résidents des bassins et d’autres parties prenantes. Elle vise à créer un plan à long terme de gestion des terres, de l’eau et des ressources connexes pour chaque bassin.

Ultimement, chaque évaluation permettra de déterminer le degré de préparation de chaque sous-bassin selon les secteurs (nul, faible, moyen et élevé). À l’avenir, ces degrés de préparation, conjugués à de l’information en temps réel provenant d’indicateurs de sécheresse, serviront à exercer une surveillance des stades de sécheresse partout au Manitoba et à déterminer le type de réponse requis à divers paliers de gouvernement. À mesure qu’elles seront terminées, les évaluations seront rendues accessibles sur cette page Web.

Ressources et contacts

Ressources

Agriculture et Développement des ressources – Bulletins de récolte (en anglais seulement)

Agriculture et Développement des ressources - Condition météorologiques et rapports (en anglais seulement)

Répertoire pour the foin du Manitoba (en anglais seulement)

Ag Action Manitoba – Assurance : Pratiques de gestion bénéfiques pour l’environnement (en anglais seulement)

Organisation des mesures d’urgence du Manitoba

Programme de prévention des incendies échappés du Manitoba

Le plan vert du Manitoba (en anglais seulement)

Relevés hydrologiques du Canada

Données climatiques historiques - Environnement et Changement climatique Canada

Guetter la sécheresse (Agriculture et Agroalimentaire Canada)

Outil de surveillance des sécheresses aux États-Unis (en anglais seulement)

Centre national d’atténuation de la sécheresse (É.-U.) (en anglais seulement)


Pour nous joindre

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Par la poste :
Direction des sciences de l’eau et de la gestion des bassins hydrographiques
C. P. 14, 200, croissant Saulteaux
Winnipeg (Manitoba)  R3J 3W3

Courriel :
Drought@gov.mb.ca