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Les articles du blog:

Le 23 juillet 2021

Photos du Centre manitobain de développement - Fournies par Mary Horodyski, chercheuse et archiviste

« Ces photos montrent les pavillons abritant les résidents du Centre manitobain de développement. Il s’agit d’un établissement sous administration provinciale, fondé en 1890, pour les personnes ayant un handicap, notamment intellectuel. Les photos ne portent pas de date, mais pourraient avoir été prises dans les années 50 ou au début des années 60, lorsque l’établissement portait le nom de Manitoba School for Mental Defectives.

J’ai choisi ces photos en raison de ce qu’elles montrent, mais aussi de ce qu’elles ne montrent pas. Au premier abord, on y voit des chambres propres et bien rangées; les draps et les couvertures sont parfaitement en place. Dans l’une des chambres, on peut voir que le ménage est supervisé par deux femmes en uniforme à l’air dur et pincé. Mais si l’on s’attarde davantage sur les photos, on en vient à se poser de nombreuses questions aux réponses parfois gênantes. »

service institutionnel avec plusieurs lits vides et deux infirmières à l'air sévère
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Archives of Manitoba, Portage La Prairie – Buildings – Provincial – Manitoba School for Mental Defectives [Manitoba Developmental Centre] 19, [19--?]

« On remarque qu’à part le personnel, il n’y a personne dans les pavillons, aucun résident. L’histoire des personnes ayant un handicap intellectuel est souvent décrite comme celle de personnes qui ont été « cachées ». Ces photos démontrent un autre degré de cette ségrégation : ces personnes ne figurent même pas sur les photos de ce qui a été, pour nombre d’entre elles, leur foyer pendant des années. Ensuite, en comptant les lits, il est possible d’évaluer la distance les séparant et de se représenter les conditions de vie, de jour comme de nuit. Dans de nombreux pavillons, 30 à 100 personnes ou plus cohabitaient pendant des années, voire des décennies. On remarque également le manque complet de personnalisation : tous les lits sont identiques, sans aucun objet personnel. Pourquoi y a-t-il des lits de bébé si les jeunes enfants étaient hébergés dans d’autres établissements, comme Saint-Amant? D’autres sources nous apprennent que les lits de bébé étaient occupés par des adolescents et des adultes ayant un handicap physique. Enfin, en regardant de plus près la porte au fond de la salle, on s’aperçoit qu’elle a des barreaux, car les résidents étaient enfermés la nuit. Tragiquement, de telles portes fermées ont contribué à la mort de plusieurs résidents en 1977, lorsqu’un incendie s’est déclaré dans un des pavillons et que les résidents n’ont pas pu s’en échapper. »

rangées de lits et de berceaux vides
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Archives of Manitoba, Portage La Prairie – Buildings – Provincial – Manitoba School for Mental Defectives [Manitoba Developmental Centre] 16, [19--?]
lits vides
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Archives of Manitoba, Portage La Prairie – Buildings – Provincial – Manitoba School for Mental Defectives [Manitoba Developmental Centre] 18, [19--?]

« Il est difficile de trouver des preuves documentaires de la vie des personnes handicapées et, lorsqu’elles existent, l’accès aux archives est souvent soumis aux lois sur la protection de la vie privée. Quand les dossiers sont disponibles, nous nous devons d’examiner attentivement les preuves existantes, de lire les archives « à contre-courant », comme diraient les historiens, et de les aborder autant que possible du point de vue des personnes handicapées. »1



Références:
  1. ^ Pour en apprendre davantage au sujet du Centre manitobain de développement, consultez le mémoire de maîtrise en arts de Mary Horodyski à l’adresse https://mspace.lib.umanitoba.ca/handle/1993/32118 (en anglais), ainsi que son article « A Very Serious Matter: The Manitoba Government’s Institution for People with Intellectual Disability », paru dans le numéro 1 de Prairie History à l’hiver 2020 (en anglais).


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Le 9 juillet 2021

Atlas d’assurance incendie – Soumis par Jim Blanchard, historien

« J’ai utilisé abondamment les atlas d’assurance‑incendie dans toutes mes histoires de Winnipeg. Un atlas qui s’est révélé particulièrement utile est celui qui contient des cartes montrant le chemin Roslyn et l’avenue River.

« Mon livre intitulé Winnipeg 1912 contient une foule de renseignements sur les dirigeants de la communauté qui vivaient dans ce quartier. Les cartes me permettent de retrouver l’endroit exact où ils vivaient, qui étaient leurs voisins, si leur maison était faite en briques ou en bois, les propriétés qu’ils possédaient et les dépendances qui se trouvaient sur celles‑ci. Ces renseignements sont très importants pour décrire ce groupe de Winnipégois, dont beaucoup avaient de l’influence dans la ville. »

Texte original reçu en anglais.

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Le 11 juin 2021

Documents créés par Peter Fidler alors qu’il travaillait pour la Compagnie de la Baie d’Hudson – Soumis par Paul Hackett, géographe historien

« Il m’est impossible de choisir un seul document parmi un si grand nombre. J’aimerais toutefois attirer l’attention sur les documents laissés par le traiteur, Peter Fidler, qui datent du temps où il travaillait pour la Compagnie de la Baie d’Hudson.

 « Ces journaux, lettres, cartes et autres documents donnent un aperçu incroyable de la nature de l’Ouest canadien à l’époque. « Sur le plan personnel, ces documents ont été extrêmement importants pour moi, car ils ont servi de pierre d’assise (et de source d’inspiration) pour ma carrière, alors que je m’intéressais de plus en plus à la propagation et aux répercussions des maladies épidémiques dans les collectivités autochtones à l’époque de la traite des fourrures. »

Texte original reçu en anglais.

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Le 28 mai 2021

Journal d’Annie M. Laycock – Soumis par Jody Baltessen, ancienne archiviste des manuscrits et, plus tard, chef des Documents textuels et services au public aux Archives du Manitoba

« Quand j’ai joint les Archives en 1990, j’avais entre autres tâches celle de gérer les documents des femmes et de leurs organismes. Grâce au travail des nombreux archivistes qui m’ont précédée, la collection des documents des Archives créés par les femmes et au sujet des femmes était étendue, et j’ai eu le privilège de travailler avec un bon nombre des organismes, des femmes et de familles dont les documents forment cette collection. Et d’acquérir aussi de nouveaux documents.



« S’il est difficile de faire un choix parmi les nombreux documents sur lesquels j’ai travaillé aux Archives, il y en a un en particulier que je n’ai jamais oublié pendant toutes ces années. Il s’agit d’un petit journal semblable à beaucoup d’autres – contenant des entrées pour la période du 1er janvier 1901 à la mi‑août de la même année – qui s’est retrouvé de façon détournée aux Archives.



« Les journaux, les paquets de lettres, les albums de photos et les albums de coupures soigneusement compilées doivent parfois leur préservation à l’action d’un intermédiaire. Dans ce cas‑ci, c’est un bénévole d’un musée de la Colombie‑Britannique qui a reçu le journal d’un marchand de livres dans les années 1960. Le marchand l’a trouvé dans une boîte de livres qu’il préparait pour la vente. Comme le journal n’avait pas de valeur monétaire, il l’a donné à son amie, qui l’a gardé en lieu sûr pendant près de quarante ans. Soucieuse de sa préservation future, elle a demandé conseil au conservateur d’un musée où elle travaillait comme bénévole. Ce dernier a examiné le journal et a envoyé un courriel aux Archives du Manitoba en raison de son contenu. Le journal d’Annie M. Laycock, âgée de 19 ans, est finalement retourné à Winnipeg.



« Annie commence son journal ainsi : ‘J’ai quitté Minnedosa pour Winnipeg, afin de fréquenter l’école normale pour obtenir un brevet de deuxième classe.’ Pendant son séjour à Winnipeg, l’école normale provinciale, où les futurs enseignants recevaient leur formation, se trouvait à la Mulvey School, juste à l’ouest du Wesley College (méthodiste), du Manitoba College (presbytérien), du St. John’s College (anglican) et du centre‑ville de Winnipeg. Toutes ces écoles, y compris un collège de médecine et un institut pharmaceutique, de même que des installations récréatives comme des patinoires et des théâtres, sont mentionnées dans le journal d’Annie quand elle parle de ses engagements sociaux et culturels. Peut‑être que c’est relativement à ces expériences qu’elle a pensé inclure ce petit poème, intitulé « Manitoba College Latin », à la dernière page de son journal :

Boysibus kissibus sweetie girlorum

Girlibus likibus, wantee some morum

Kisses so laudibus, wake old manorum

Boysee get kickibus through the front doorum

Journal
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Archives of Manitoba, Annie M. Laycock diary, 1901, P6001/13.

« Bien qu’il soit bref, le journal d’Annie contient des renseignements considérables sur les activités quotidiennes ou hebdomadaires de l’école normale et la façon dont une jeune femme dans une position de privilège relatif pouvait se divertir à Winnipeg vers 1901 – alphabétisation, patinage aux patinoires Wesley ou McIntyre et rencontres musicales. Il donne aussi un aperçu de la vie familiale des familles qui prenaient des étudiants ou étudiantes en pension, et des conséquences funestes de maladies comme la typhoïde et la diphtérie, qui étaient alors répandues dans la ville. Dans ses entrées de journal, Annie révèle la vie sociale active de ses contemporains, qui formaient un groupe bien instruit de jeunes hommes et de jeunes femmes qui venaient dans la ville pour recevoir une formation, puis retournaient chez eux enrichis de ce savoir. Quant à Annie, son journal indique qu’elle avait l’intention d’accepter un poste d’enseignante à la Runnymede School, près d’Oak Lake, au Manitoba, à un salaire de 425 $ par année. C’est là que nous la quittons.



« Bien qu’il contienne peu de détails personnels, le journal d’Annie donne suffisamment de renseignements à son sujet pour amener le lecteur à se demander qui elle était et ce qu’elle est devenue. Me guidant sur les indices du journal, j’ai découvert que son père était un pasteur méthodiste. Les registres paroissiaux montrent qu’il a pris sa retraite à Vancouver, où il est décédé en 1921. Son article nécrologique révèle qu’Annie était alors mariée et vivait à London, en Ontario. Son mari, le docteur Benjamin Keillor, était médecin légiste au bureau du Soldier’s Resettlement and Pension Board, à London. En 1928, le nom des Keillor a disparu des annuaires de la ville de London, puis est apparu brièvement à Ottawa, où avait déménagé le Soldier’s Resettlement and Pension Board. Les Keillor ont déménagé plus tard à Vancouver, où Annie est décédée en 1972. Il semble qu’elle n’ait laissé aucun autre document. »



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Le 14 mai 2021

Plan au sol de York Factory de James Isham – Soumis par Ala Rekrut, conservatrice, Archives du Manitoba

« Ce plan a été tracé vers 1743 et représente le deuxième fort du site, qui a disparu avec l’érosion des berges. Les caractéristiques sont numérotées, mais les explications correspondantes ne sont pas disponibles. J’ai vu pour la première fois cette ressource alors que j’étais stagiaire en conservation et que je l’ai préparée pour une exposition. Le dessin d’Isham ressemble à celui d’un enfant au milieu des cartes d’apparence sobre des cartographes professionnels. J’ai étudié la fabrication du papier et la composition de la peinture et il est clair qu’Isham a fait de son mieux avec les connaissances et les ressources limitées dont il disposait.



« Le dessin couvre six morceaux de papier plutôt brut de deux couleurs, qui auraient normalement servi non pas à écrire, mais à emballer des marchandises. Ces papiers récupérés ont été aplatis et collés ensemble pour former une grande surface de dessin. Les peintures semblent de fabrication artisanale, et des composants des peintures rouges et vertes ont été absorbés par le papier doux, créant ainsi des halos foncés autour de ces surfaces peintes.

« Isham s’efforce de compléter ses descriptions écrites de Fort York et de ses environs à l’aide d’une représentation visuelle. Sans formation en art, ses dessins sont de style naïf. Isham propose toutefois une solution novatrice inspirée du style populaire cubiste pour résoudre le problème de la représentation en deux dimensions d’un monde tridimensionnel. Il représente le plan du terrain et des immeubles vus de dessus – comme si on les regardait d’en haut – tout en montrant des éléments importants dessinés en élévation – comme si on les observait à partir de la rivière ou de l’extérieur ou de l’intérieur de fort.

« Les détails suivants sont particulièrement intéressants : no 17 (en haut à droite) un groupe importants de commerçants s’acheminant vers le nord sur la rivière Hayes et transportant des paquets noirs dans leurs canots; et un canot vide qui remonte la rivière; no 1 (en haut à gauche) vue partielle d’un navire de la Compagnie de la Baie d’Hudson au large des côtes de la baie d’Hudson; et (en haut à gauche) un chasseur qui tire une oie. »

Partie supérieure droite de la carte
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Partie supérieure droite de la carte
Partie supérieure gauche de la carte
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Partie supérieure gauche de la carte


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Le 30 avril 2021

Lettre de Louis Riel à sa femme, Marguerite Riel, écrite en prison, à Regina, le 5 octobre 1885 – Soumise par Brian Hubner, archiviste aux Archives et collections spéciales de l’Université du Manitoba


« Figure emblématique des Métis et des Autochtones, Louis Riel est peut être le Manitobain ultime et la figure la plus tragique de l’histoire canadienne. Parmi ses nombreux autres écrits, il s’agit d’une lettre qu’il a envoyée à sa famille au cours des semaines qui ont précédé son exécution le 16 novembre 1885. La lettre montre clairement : "... une préoccupation touchante pour tous les membres de sa famille."1 Il s’informe de la santé de sa femme et lui demande d’envoyer ses salutations à ses frères et à ses sœurs, à ses beaux frères et à ses belles sœurs, à son père et à sa mère ainsi qu’à d’autres personnes. Plus touchant encore, il lui demande d’embrasser leurs deux enfants pour lui. Sa lettre témoigne de sa foi religieuse profonde quand il veut que Marguerite demande aux enfants de prier Dieu de lui donner de la force. Riel, qui était doué d’une imagination vive et poétique, pensait que la Vierge Marie le protégerait contre la pendaison et lui permettrait en définitive d’échapper à son destin.



« En 1995, les Archives du Manitoba ont acheté cette lettre à des enchères. Les Archives ont fait preuve de prévoyance en préservant cette partie importante du patrimoine de tous les Manitobains, et des Canadiens, qui enrichit notre compréhension de cette tranche importante de notre histoire. »


References:
  1. ^ George F.G. Stanley, ed., The Collected Writings of Louis Riel, Vol. 3, (Edmonton: University of Alberta Press, 1985), p. xlvi.


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