1.8.1 Compétences du personnel

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Introduction

La présente section vise à garantir la transparence et l’équité du processus d’embauche pour tous les postes. Elle s’applique aux offices de services à l’enfant et à la famille et aux agences d’adoption autorisés.

Normes                                                 
Principes directeurs
Législation

Cette section est organisée selon quatre catégories :

Travailleur social de terrain 1 (TST1) – Il s’agit du niveau d’entrée des travailleurs sociaux de première ligne préposés à la protection de l’enfance. L’office n’embauchera des candidats de niveau TST1 que s’il n’y a personne possédant les compétences d’un travailleur social de terrain 2 (TST2). Les personnes embauchées comme TST1 doivent s’engager par écrit à réaliser un plan d’éducation et de formation qui les mènera à l’obtention du titre de TST2.

Travailleur social de terrain 2 (TST2) – Il s’agit des travailleurs sociaux de terrain qui possèdent les qualités requises en matière d’éducation et d’expérience.

Superviseur – Il s’agit du niveau d’entrée des superviseurs. Ces personnes doivent fournir de l’orientation et du soutien aux unités de travailleurs de première ligne. Ce titre ne s’applique pas aux personnes supervisant des services connexes, comme ceux des finances ou des ressources humaines.

Gestionnaire – Il s’agit du titre d’une personne embauchée pour fournir du soutien et de l’orientation aux superviseurs des unités mentionnés ci-dessus. Ce titre ne s’applique pas aux personnes gérant des services connexes, comme ceux des finances ou des ressources humaines.

Normes

Travailleur social de terrain 1

Embauche de personnes ayant les qualités de travailleur social de terrain 1
Les offices n’embaucheront pas à un poste de première ligne en protection de l’enfance une personne qui ne possède pas les qualités requises de TST2, à moins qu’elle possède toutes les caractéristiques suivantes :

  • elle est titulaire d’un diplôme d’études secondaires ou a réussi le test d’équivalence d’études secondaires;
  • elle a une vie personnelle stable, comme le démontrent son leadership et ses compétences en prise de décisions et en résolution de problèmeselle bénéficie, de manière notable, de l’approbation et du respect des membres de la communauté où elle travaillera;
  • elle possède des antécédents culturels qui correspondent à ceux de la communauté où elle travaillera ou une connaissance solide des traditions culturelles de cette communauté;
  • elle a montré un niveau acceptable de compétences en counseling et en relations humaines dans le cadre d’une expérience de travail antérieure.

L’appartenance à la communauté visée, ou le fait de parler ou de comprendre une langue autochtone, sont des exemples de qualités considérées comme des atouts, mais ce ne sont pas des qualités obligatoires.

Supervision des personnes ayant les qualités de TST1 – Tout office est tenu de fournir une supervision supplémentaire aux préposés à la protection de l’enfance TST1 sur une base hebdomadaire pour les aider à remplir leurs fonctions. Les superviseurs doivent consigner dans les dossiers du personnel le temps et la fréquence de la supervision fournie, l’état d’avancement des plans d’éducation et de formation du travailleur et les résultats des évaluations de rendement.

Mentorat des personnes ayant les qualités de TST1 – Dans le mois qui suit l’embauche d’un préposé de première ligne à la protection de l’enfance au niveau TST1, tout office est tenu de procéder par écrit au jumelage officiel du préposé à un mentor. Le mentor doit être un travailleur chevronné ayant le titre de TST2 et deux ans d’expérience directe en protection de l’enfance. Il incombera à l’office d’apporter toute modification nécessaire à la charge de travail du mentor. Les modalités du jumelage doivent comprendre au minimum les éléments suivants :

  • l’énoncé de la durée du mentorat, qui doit être d’au moins six mois;
  • une description du rôle du mentor et l’énoncé du fait que le jumelage ne remplace pas la supervision et ne devrait pas amoindrir le rôle du superviseur;
  • la nature et la fréquence des contacts entre le mentor et le travailleur et un engagement à maintenir un contact quotidien si cela est nécessaire et faisable;
  • les types de mentorat fournis, comme l’observation au travail et l’accompagnement, la prestation de conseils sur certains dossiers, le soutien affectif et l’orientation vers les ressources de l’office et de la communauté.

Plan d’éducation et de formation – Toutes les personnes embauchées au niveau TST1 à un poste de première ligne en protection de l’enfance doivent s’engager par écrit à réaliser un plan d’éducation et de formation qui respecte les conditions suivantes :

  • Dans les trois mois qui suivent le début de l’emploi, la personne doit présenter une confirmation d’inscription à l’un des programmes d’études postsecondaires énumérés dans les normes applicables aux travailleurs sociaux de terrain 2, lequel programme est approuvé par l’office, afin de satisfaire aux exigences de la période d’essai. L’office peut accorder à l’employé trois mois supplémentaires pour présenter la confirmation d’inscription si la situation le justifie. Les personnes qui ne se conforment pas à cette exigence seront congédiées avant la fin de leur période d’essai.
  • Dans l’année qui suit son embauche, la personne doit avoir terminé au moins un cours de son programme d’études postsecondaires approuvé et fournir une confirmation écrite de la réussite du cours. Les personnes qui ne se conforment pas à cette exigence pourront être congédiées ou leur période d’essai pourra être prolongée.

Reclassement au niveau TST2 – Après avoir présenté une confirmation écrite de la réussite d’au moins 50 % du programme d’études postsecondaires approuvé et acquis toute l’expérience requise telle qu’elle est décrite dans les normes applicables aux travailleurs sociaux  de terrain 2, tout TST1 est en mesure de faire une demande de reclassement au niveau TST2 auprès de la régie de services à l’enfant et à la famille responsable de son office. Si sa demande est acceptée, la personne pourra obtenir définitivement le titre de TST2 pour le poste qu’elle occupe au sein de son office. Une personne qui change d’office ne conservera pas son titre de TST2, à moins d’obtenir l’approbation de la régie responsable du nouvel office avant qu’elle n’entre en fonction. Aucune régie n’est liée par la décision d’une autre régie quant à une nomination de TST2.
Les TST1 qui ont déjà commencé un programme de baccalauréat en service social au moment de leur embauche peuvent demander le titre de TST2 après avoir confirmé la réussite de 50 % du programme et acquis un an d’expérience dans un poste de première ligne de préposé à la protection de l’enfance.

Exemption des exigences concernant le plan d’éducation et de formation
Tout préposé de première ligne à la protection de l’enfance embauché comme TST1 peut présenter auprès de la régie de services à l’enfant et à la famille appropriée une demande d’exemption des exigences concernant le plan d’éducation et de formation (telles qu’elles sont énumérées dans les normes applicables aux travailleurs sociaux de terrain 2) dans la situation suivante :

  • Aucun des programmes d’études postsecondaires mentionnés dans les normes applicables aux TST2 n’est offert ou n’est accessible à l’employé en raison de l’éloignement de la communauté et;
  • L’employé TST1 a signé avec son office un contrat écrit de perfectionnement professionnel et de formation qui a été approuvé par la régie responsable et le directeur des services à l’enfant et à la famille.

Dans tous les cas, c’est l’intérêt supérieur des enfants qui motive en premier lieu toute exemption accordée par la régie et le directeur des services à l’enfant et à la famille.

 

Travailleur social de terrain 2

Titre de travailleur social de terrain 2
Les offices ne nommeront pas TST2 une personne embauchée comme préposée de première ligne à la protection de l’enfance, à moins qu’elle possède l’une des caractéristiques suivantes :

  • titulaire d’un baccalauréat en service social d’une université reconnue;
  • titulaire d’une maîtrise en service social d’une université reconnue;
  • titulaire d’une prémaîtrise en service social d’une université reconnue;
  • titulaire d’un diplôme d’une université reconnue dans un domaine connexe et deux ans d’expérience en service social;
  • titulaire d’un diplôme d’études postsecondaires dans un domaine connexe et trois ans d’expérience directe en protection de l’enfance;
  • titulaire d’un certificat d’études postsecondaires dans un domaine connexe et cinq ans d’expérience directe en protection de l’enfance;
  • titulaire d’un diplôme d’études secondaires et dix ans d’expérience directe en protection de l’enfance.

Une année d’expérience directe en protection de l’enfance équivaut à un an comme préposé de première ligne à la protection de l’enfance ou à deux ans dans tout autre emploi du domaine des services sociaux.

Superviseur

Qualités essentielles

Une personne embauchée au niveau d’entrée de superviseur doit pouvoir :

  • fournir des conseils, de l’orientation et du soutien aux employés;
  • reconnaître les situations susceptibles de donner lieu à un conflit d’intérêts;
  • gérer les conflits de façon saine;
  • faire preuve de compréhension à l’égard de personnes de différentes cultures et communiquer et interagir de manière efficace avec elles;
  • adresser des messages clairs, écouter activement les autres et répondre de façon appropriée;
  • comprendre les normes, politiques et procédures fondamentales et celles propres à l’office et à la régie d’embauche;
  • comprendre les dispositions législatives pertinentes;
  • bien écrire, car elle devra rédiger notamment des lettres, des notes de synthèse et des notes relatives à la gestion de cas;
  • établir les priorités et organiser son emploi du temps en conséquence;
  • analyser des questions et des situations complexes pour y trouver des solutions possibles tout en évaluant les effets de ces dernières;
  • collaborer avec les autres en créant un climat favorable au respect des personnes et des équipes.

Éducation

  • Baccalauréat en service social d’une université reconnue, ou diplôme d’une université reconnue dans un domaine connexe et deux ans d’expérience directe en protection de l’enfance; ou
  • Diplôme d’études postsecondaires dans un domaine connexe et trois ans d’expérience directe en protection de l’enfance; ou
  • Certificat d’études postsecondaires dans un domaine connexe et cinq ans d’expérience directe en protection de l’enfance; ou
  • Diplôme d’études secondaires et dix d’expérience directe en protection de l’enfance.

 

Une année d’expérience directe en protection de l’enfance équivaut à un an comme préposé de première ligne à la protection de l’enfance ou à deux ans dans tout autre emploi du domaine des services sociaux.

Gestionnaire

Qualités essentielles

Une personne embauchée à titre de gestionnaire doit faire preuve de toutes les compétences attendues d’un superviseur en plus de pouvoir :

  • communiquer des informations de façon efficace au sein de l’organisme ainsi qu’à des parties externes;
  • participer à des activités de planification stratégique pour l’organisme;
  • être un dirigeant de groupe positif, comprendre les dispositions législatives, les règlements, les politiques et les procédures qui régissent le travail de l’office et les expliquer;
  • comprendre le contexte socioculturel, historique, politique et économique dans lequel œuvre l’organisme;
  • se tenir au courant des tendances actuelles qui auront une incidence sur l’organisme;
  • offrir aux employés des occasions de perfectionnement;
  • résoudre des problèmes en cernant les tendances et les questions clés;  
  • faire preuve de dévouement à l’égard de l’organisme.

Expérience et éducation

  • La personne embauchée doit avoir acquis quatre ans d’expérience en supervision et posséder :
    • une maîtrise en service social d’une université reconnue et deux ans d’expérience en service social; ou
    • un baccalauréat en service social d’une université reconnue et trois ans d’expérience en service social; ou
    • un diplôme d’une université reconnue dans un domaine connexe et quatre ans d’expérience en service social.

Période d’essai – Tous les nouveaux employés d’un office font l’objet d’une période d’essai de six mois pendant laquelle on évalue leur aptitude à occuper le poste de manière permanente dans l’office. Tout employé qui ne satisfait pas aux attentes en matière de rendement ou qui ne répond pas à une quelconque obligation relative à l’emploi fera l’objet d’une évaluation et des mesures seront prises, comme la prolongation de la période d’essai ou le congédiement.

Principes directeurs

Politique des offices en matière de ressources humaines
Pratiques d’embauche des offices

Politique des offices en matière de ressources humaines

Les politiques provinciales concernant les pratiques en matière de ressources humaines des organismes externes (non gouvernementaux) sont exposées dans une publication du ministère des Services à la famille et du Logement intitulée Rôles, fonctions et responsabilités des conseils d’administration – Guide de formation. Ce guide a été préparé à l’intention des membres du conseil d’administration et du personnel d’organismes de services sociaux financés par la Province.

Les bureaux régionaux du ministère des Services à la famille suivent les directives sur la gestion des ressources humaines (Principles and Policies for Managing Human Resources, en anglais seulement) élaborées par la Commission de la fonction publique.

Les offices de services à l’enfant et à la famille sont également tenus d’observer les normes culturellement appropriées élaborées par leurs régies responsables respectives en vertu de l’article 19 de la Loi sur les régies de services à l’enfant et à la famille.

Pratiques d’embauche des offices

Les offices de services à l’enfant et à la famille et les agences d’adoption autorisées doivent embaucher ou retenir des travailleurs qualifiés et expérimentés (travailleurs sociaux de terrain) en mesure d’assurer une prestation de services conformes à la Loi sur les services à l’enfant et à la famille et à la Loi sur l’adoption. Les offices peuvent également adopter au besoin un programme de promotion sociale ou donner la priorité au développement de ressources humaines autochtones. Toutes les personnes qui postulent à un emploi de travailleur de terrain auprès d’un office, y compris le personnel contractuel, doivent obtenir des relevés des mauvais traitements, des antécédents judiciaires et des contacts antérieurs. Tous les candidats feront l’objet d’une vérification de leurs attestations d’études.

On entend par préposé de première ligne à la protection de l’enfance tout travailleur social de terrain qui est notamment responsable de la protection d’enfants. Les critères d’embauche des régies et des offices de services à l’enfant et à la famille pour le personnel de terrain préposé à la protection de l’enfance doivent tenir compte des points suivants :

  • attestations d’études;
  • possession des compétences attendues;
  • pertinence de l’expérience de travail;
  • équivalences;
  • pertinence culturelle.

Législation

Loi sur les régies de services à l’enfant et à la famille
Loi sur les services à l’enfant et à la famille
Loi sur l’adoption

Autres dispositions législatives pertinentes

Loi sur les régies de services à l’enfant et à la famille

Les attributions du ministre en vertu de l’article 24 de la Loi sur les régies de services à l’enfant et à la famille comprennent l’établissement de politiques et de normes applicables à la prestation de services à l’enfant et à la famille. La Loi sur l’adoption établit que les services d’adoption sont notamment des services à l’enfant et à la famille.

L’article 19 de cette loi dresse la liste des fonctions des régies de services à l’enfant et à la famille. L’alinéa b) attribue aux régies le mandat d’établir des objectifs et des priorités pour la prestation de services à l’enfant et à la famille qui sont compatibles avec les objectifs et les priorités de la Province. En vertu de l’alinéa d), les régies doivent faire en sorte d’établir des normes adaptées à la culture qui sont compatibles avec les normes, les objectifs et les priorités de la Province. L’alinéa f) stipule que les régies sont tenues d’établir des critères d’embauche et de s’assurer que les offices les respectent.

Loi sur les services à l’enfant et à la famille

L’alinéa 86k.1) de la Loi sur les services à l’enfant et à la famille prévoit la création d’un règlement sur les compétences que doivent posséder les personnes qui fournissent des services aux offices ou pour ceux-ci. L’article 3 du Réglement sur les services à l'enfant et à la famille prévoit l’obtention de relevés des mauvais traitements, des antécédents judiciaires et des contacts antérieurs. L’article 4 de ce règlement porte sur le personnel contractuel des offices.

Loi sur l’adoption

L’alinéa 127(2)c) de la Loi sur l’adoption prévoit la création d’un règlement sur les conditions que doivent remplir les personnes qui fournissent des services aux agences ou pour celles-ci. L’article 45 du Règlement sur l’adoption s’applique aux personnes qui fournissent des services d’adoption pour une adoption. L’article 46 s’applique aux contractuels qui fournissent des services d’adoption à un office des services à l’enfant et à la famille.

Autres dispositions législatives pertinentes

En plus des dispositions énoncées précédemment, les lois fédérales et provinciales suivantes régissent les pratiques en matière de ressources humaines.

  • La Charte canadienne des droits et libertés accorde les droits à l’égalité et à la mobilité, et la liberté de vivre sans faire l’objet d’une discrimination déraisonnable.
  • Le Code des droits de la personne du Manitoba interdit toute discrimination déraisonnable en matière d’emploi. Le Code exige que les employeurs prennent les mesures raisonnables nécessaires pour répondre à des besoins spéciaux fondés sur des caractéristiques énoncées dans le Code. Il permet également l’adoption de programmes d’équité en matière d’emploi et d’autres programmes spéciaux.
  • Le Code des normes d’emploi établit les conditions de travail minimales pour toute personne employée au Manitoba.
  • La Loi sur les relations du travail du Manitoba favorise des pratiques d’emploi équitables.
  • Le Code canadien du travail régit les entreprises fédérales qui relèvent de la compétence législative du Parlement. Les questions de compétence et de droit relevant du Code sont complexes et demandent une directive juridique pour tout cas particulier.
  • La Loi sur la fonction publique et la Loi sur la pension de la fonction publique s’appliquent uniquement aux ministères et aux organismes provinciaux et à leurs employés.
  • La Loi sur les accidents du travail prévoit l’indemnisation des travailleurs admissibles qui sont blessés en milieu de travail.
  • La Loi sur la sécurité et l’hygiène du travail établit les responsabilités des employeurs en matière de sécurité et de santé au travail.